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Assassinats : L’Etat promet une réponse ferme !

Scènes de crimes à Ajaccio et à Aregno
Scènes de crimes à Ajaccio et à Aregno

Au lendemain de l’assassinat de Me Antoine Sollacaro et de Jean-Dominique Allegrini-Simonetti, l’Etat, violemment mis en cause, promet de réagir avec fermeté et de mettre en place une stratégie globale de lutte contre la criminalité. Il entend élaborer une directive de politique pénale spécifique pour la Corse. Des mesures d’annonce, pour l’instant, sans contenu qui suscitent le scepticisme des insulaires, habitués aux déclarations martiales sans lendemain !

Bien qu’il s’en défende, il aura fallu l’assassinat d’un avocat emblématique et l’émoi général qu’il a provoqué  bien au-delà de l’île pour que le gouvernement émerge enfin du profond mutisme où il ensevelissait la Corse depuis son arrivée au pouvoir. L’assassinat de Me Antoine Sollacaro a provoqué un séisme qui a touché l’île au cœur et dont l’amplitude a atteint Paris qui s’est, enfin, rendu compte qu’on tuait aussi en Corse ! Il apparaît comme un écho tragique aux interpellations publiques des élus insulaires, qui, depuis plusieurs semaines, demandaient au gouvernement d’intervenir contre la criminalité insulaire.

 

Une fermeté de circonstance

Nécessité faisant loi, le Premier ministre, le ministre de l’Intérieur et le ministre de la Justice, les élus de tous bords, y sont chacun allés de leurs déclarations de fermeté de circonstance, mais aucun membre du gouvernement n’a jugé utile de se déplacer dans l’île. Alors que Manuel Valls a déjà fait trois déplacements à Marseille depuis le début de son mandat, il a annoncé, mercredi matin, sa visite en Corse « dans quelques semaines ». Quant au président de la République, François Hollande, il faudra se contenter de petites phrases prononcées en Conseil des ministres et rapportées par la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem : « La violence en Corse n'est aucunement acceptable dans notre République. Elle n'est pas nouvelle mais a changé de nature et d'intensité, étant aujourd'hui essentiellement liée à des réseaux, des clans, des règlements de compte ».

 

Une stratégie globale

Comme on pouvait, donc, s’y attendre en de pareilles circonstances, le gouvernement a fait une déclaration de fermeté de principe. « Cette situation est insupportable. Le gouvernement est déterminé à agir avec la plus grande fermeté et la plus grande détermination contre ce fléau qui mine la Corse qui est le crime organisé depuis de longues années. C’est une lutte que le gouvernement veut mener de façon globale contre toutes les formes de criminalité. Le grand banditisme en Corse est, maintenant, bien organisé, notamment dans sa dimension économique et financière. Donc, c’est sous tous ses aspects qu’il sera combattu », a déclaré Jean-Marc Ayrault, à l’issue du Conseil des ministres, ce mercredi. « Il y a beaucoup de choses à changer, à améliorer, à réformer. C’est ce que nous allons faire. Il en va de la confiance des Français dans l’Etat républicain », a-t-il ajouté.

 

Une directive spécifique

Il a donc demandé au ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, et à la Garde des Sceaux, Christiane Taubira, de faire des propositions sur deux points : d’abord, sur le renforcement de la coordination opérationnelle entre les services de police et la justice, mais également sur la stratégie globale de lutte contre les activités criminelles. « Une directive de politique pénale sera élaborée spécifique au territoire de la Corse, conforme à la directive de politique pénale qui a été adoptée récemment par le Conseil des ministres », a indiqué Jean Marc Ayrault. La directive spécifique déjà adoptée concerne la lutte contre la violence à Marseille, elle couvre un champ très large de délinquance et s’est accompagnée d’un renforcement de la présence policière. Le gouvernement étudierait, aussi, la possibilité de classer l’île « en zone de sécurité prioritaire », ce qui entrainerait une augmentation des effectifs policiers sur le terrain.

 

Des ministres mobilisés

Une réunion sur le grand banditisme sera organisée, lundi prochain, avec les deux ministres concernés auxquels se joindront le ministre de l’Economie et des finances, Pierre Moscovici, et le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, concernant tous les aspects fiscaux de délinquance financière afin de définir un plan d’action. Le Premier ministre a également demandé à tous les autres membres du gouvernement, « de veiller, en liaison avec les élus de Corse, au respect des engagements de l’Etat, en particulier en termes d’investissements et à la cohérence globale de l’action des politiques publiques ».

 

Une action majeure

Christiane Taubira assure que cette réaction de l’Etat n’est pas liée aux circonstances et qu’elle travaille depuis plus deux mois sur la Corse, citant comme exemple d’initiative, la réunion des Parquets généraux qui s’est tenue vendredi dernier à Ajaccio. « Le gouvernement ne faiblit pas. Il n'a pas de sentiment d'impuissance en Corse, mais la Corse est marquée par une prévalence du crime et la porosité entre le grand banditisme et des actes de terrorisme », affirme-t-elle, annonçant une « action majeure pour très bientôt ».

Même réponse de Manuel Valls : « L’Etat n’est pas impuissant. Il agit. C’est vrai que nous faisons face en Corse à une situation d’une extrême gravité. Les faits, qui se sont déroulés, l’attestent. C’est un avocat, un symbole de l’Etat de droit qui a été touché ».

 

S’attaquer à la mafia

Le ministre de l’intérieur s’engage : « L’autorité de l’Etat se mesure en Corse à sa capacité de démanteler le système affairiste et à empêcher les gens de se tuer. Donc, il faut encore plus agir sur le terrain, coordonner le travail entre la police et la justice, pénétrer et déstabiliser les réseaux affairistes parce qu’au travers des traditionnelles revendications nationalistes se mêlent, en Corse, la poursuite d’intérêts économiques peu avouables et des liens avec le très grand banditisme. Donc, il faut s’attaquer, sans renoncer, sans faire aveu d’impuissance, à cette mafia, à ce qui gangrène la société corse, à ces affairismes, à ces hommes qui tuent, c’est inacceptable ! ». Il souligne qu’il y a déjà beaucoup d’affaires qui sont découvertes et que des procès ont lieu et veut adresser un message d’espoir à la Corse : « L’Etat et le gouvernement sont mobilisés. Notre mobilisation est totale pour éradiquer la violence ».

 

La faillite de l’Etat

Mais des déclarations martiales sans lendemain et des annonces d’actions intempestives jamais suivies d’effet, à l’heure des drames, la Corse en a bu jusqu’à plus soif.

De Charles Pasqua qui voulait « terroriser les terroristes » à Nicolas Sarkozy qui, en 2003, assénait : « Il faut abattre ce système mafieux qui met la Corse en coupe réglée. Nous allons nous attaquer à l’argent du crime, base du système mafieux. Le temps de l’impunité est révolu. Il y aura des arrestations dans le semaines qui viennent », chaque ministre de l’Intérieur y est allé de son couplet sur l’autorité de l’Etat en Corse. Un Etat fustigé dans l’île pour sa « faillite », son « échec », son « incompétence », son « indifférence » envers la criminalité organisée, incapable d’enrayer la spirale mortifère, d’élucider les meurtres, d’élaborer une politique de lutte contre le grand banditisme... Des paroles, il y en a eu beaucoup, des actions, fort peu, des résultats, nenni !

 

Des Corses désabusés

Comment les Corses, désabusés par des décennies d’abandon, d’inertie, de laissez-faire, peuvent-ils croire que l’Etat, cette fois-ci, sera à la hauteur de la situation ? Vu la tiédeur que le gouvernement manifeste dans d’autres domaines de politique générale et ses reculades sur tant de ses promesses électorales, sans parler de son impressionnant silence sur la Corse depuis 5 mois, il est bien difficile d’espérer que cette volonté politique affichée dans l’urgence face au média et à l’onde de choc qu’a provoqué l’assassinat d’un avocat célèbre, soit suivie d’actes conséquents ! Et, quand on voit les excès et les dérives des juridictions et des politiques d’exception appliquées à l’île et surtout leur totale inefficacité, on ne peut que s’inquiéter de l’annonce d’une nouvelle spécificité pénale… Mais attendons de voir la teneur des mesures annoncées avant de désespérer.

                                                                                                                                          N. M.

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Commentaires : 6
  • #1

    youpi (jeudi, 18 octobre 2012 01:02)


    l'hitoire ne se répète jamais à l'identique. Les conditions d'action ont changé. La structure de la violence aussi. La société corse change aussi.Il y aura donc nécessairement des résultats différents.

  • #2

    Ab hirato (jeudi, 18 octobre 2012 10:13)

    La corse a feu et a sang...tout le monde en corse connait certains meneurs qui sont les bras armes de ce système mafieux! Et on constate qu'une grosse équipe identifiée dans plusieurs affaires(cercles de jeux,surpris a proximité d 'un assassinat etc. etc....)ces gens la courent comme ces lapins sans être inquiètes pourquoi?parce qu 'ils ont de puissants soutien dans la justice et de nombreux renseignements de certains membres de la DCRI ,ce qu 'on a souvent lu et entendu.alors si les connivences,les appuis et les renseignements cessaient beaucoup de ces personnes seraient neutralisées,et nous pourrions croire a une véritable justice.alors une politique spéciale en corse?la politique c 'est en profondeur qu 'elle doit changer l 'inertie évidente devant certaines affaires ne fait qu'accroitre notre sentiment d'injustice.et leur sentiment de supériorité,voir d'intouchables.

  • #3

    jacky (jeudi, 18 octobre 2012 13:15)

    ab hirato
    il faut arreter de croire ce que dit ce gouvernement qui vend la france aux electeurs non francais
    de plus personne ne tuerais son cousin son ami pour de l argent en corse
    le seul probleme pour l etat francais c est de ne pas pouvoir penetrer la non delation et la solidaritée des corses
    alors ils mettent le feu aux poudres comme pour la paillote francis
    croyé moi ils veulent eliminer la resistance corse pour en faire des quartiers comme a marseille ou ils laissent la drogue se vendre a flot
    regardez les methodes d excutions
    11 43 ?
    fini dans le milieu
    et pour jeando ?
    il attend ses assassins moteur coupé ?
    vous ne vous etes jamais fait controlé au bord des routes pour des papiers ?
    monsieur coupé le moteur ?
    alors c est sur que les assassins ils les connaissent

  • #4

    rad (jeudi, 18 octobre 2012 18:37)

    Simplement c'est triste, le gouvernement ne fera rien comme d'habitude.
    Qui sera le prochain?

  • #5

    Tonia (vendredi, 19 octobre 2012 13:13)

    Jacky, tu essaies de nous "ouvrir" les yeux, je ne comprend pas très
    bien le sens de tes propos, tâche d'être plus clair, merci !...
    La mafia ? tant qu'il y en aura il y aura des meurtres, c'est malheureusement inévitable,ne nous attendons pas à un miracle de ce
    côté là il n'y en aura JAMAIS! SOYONS REALISTES !!!

  • #6

    lumio (samedi, 20 octobre 2012 01:56)

    arretez de dire que c'est la faute au gouvernement!!! c'est les corses qui on le calibre dans les mains depuis leurs tendre enfance !! seulement ce qui change maintenent c'est qui na plus aucun respect !!!! des petits coqs il y en a beaucoup !!! mais ils n'ont aucun respect !! c'est a nous anciens !!!! de re donné le respect !!! la moralité !!! on a trop pourrie la jeunesse en leurs donnant des reves qui ne sont plus !! maintenent c'est l'argents , l'argents !!!! voila !!!!!! le resultat !!!!!!!!!!! et je le redit c'est notre faute et pas la faute des francais .