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Desserte maritime : La CGT en appelle au gouvernement

 

Fort mécontent du périmètre de la future Délégation de service public (DSP) maritime adoptée par l'Assemblée de Corse, le syndicat CGT marins en appelle à l'Etat et lui demande de garantir l'avenir du service public entre l'île et le continent, d'assurer la pérennité des compagnies historiques, SNCM et CMN, et de défendre l'emploi et les usagers.

Frederic Alpozzo, leader de la CGT marins, a quitté les tribunes publiques de l'Assemblée de Corse (CTC) bien avant la fin du débat sur le cahier des charges de la future Délégation de service public (DSP) maritime. Une preuve, pour certains, de son mécontentement devant la tournure que prenait le vote des amendements qui ont foulé aux pieds les principales revendications du syndicat communiste. Et ce, malgré la charge hérque et bien vaine des élus du Front de gauche qui ont été, les seuls, à voter contre. Il était évident que le syndicat emblématique du port de Marseille, tant fustigé dans l'île pour ses grèves et blocages à répétition, ne pouvait en rester là. Il vient de faire une déclaration commune à tous ses adhérents marins, sédentaires et officiers de la SNCM et de la CMN, en région Corse et PACA.

 

Une DSP réduite

Dans cette déclaration, la CGT rappelle que le 5 octobre 2012, "sur proposition du Président socialiste de lExécutif de Corse, Paul Giacobbi, une majorité dite de gauche et républicaine (Le Groupe Démocrates, socialistes et radicaux avec le Groupe Gauche Républicaine et le Groupe UMP, Rassembler pour la Corse) a adopté la DSP la plus réduite et dérèglementée qui ait jamais existé, au détriment des compagnies de service public, partenaires historiques, CMN et SNCM, et de leurs salariés".

Le syndicat liste les points litigieux qui en résultent. D'abord la suppression du service des deux car-ferries, Danielle Casanova et Napoleon Bonaparte, "fleurons de la SNCM et plus gros pourvoyeurs demplois avec près dun demi-million de passagers transportés en 2011 entre Marseille et la Corse". Ensuite, la réduction au strict minimum des capacités fret et passagers "sur le principe du moins disant".

 

Des lignes sur un plateau

Il fustige la non-extension de la DSP au port de Toulon "pour arrêter la mise en concurrence des deux ports par Corsica Ferries durant les meilleures périodes et les meilleurs trafics au détriment de largent public, de lemploi, des usagers, de laménagement du territoire, de lenvironnement et de la sécurité". Et ce, prétend-il, malgré les préconisations de la mission parlementaire rendues en mai 2010 et les lettres de deux Ministres des Transports.

Il estime que la réouverture d’une ligne par la SNCM, hors DSP, entre Toulon et la Corse pour le transport du fret, a influencé les élus de la CTC, "sous couvert du droit et de la rentabilité inventée de la ligne". Or, précise-t-il, lors du Comité d’Entreprise qui s'est tenu la veille du vote de la DSP, la direction de la SNCM a présenté un déficit de la ligne de 9,7 millions € sans subvention. Pour lui, les lignes entre Toulon, Nice et la Corse sont offertes sur un plateau à Corsica Ferries, les compagnies délgataires, CMN et SNCM, étant condamnées à être écrémes durant les meilleures périodes et sur les meilleurs trafics au détriment de l’emploi, des usagers, de la sécurité et de l’environnement.

 

Un service mal digéré

La CGT dénonce également le rallongement de l’âge des navires, "déplafonné jusquà 30 ans en DSP et sans limites hors DSP" qui va à l'encontre de la transition écologique et de la relance industrielle promises par le Président de la République. Et surtout la volonté affichée de vouloir "supprimer le droit constitutionnel de grève aux marins et dimposer un service minimum en cas de grève", alors que les emplois, les conditions de travail et de rémunération des personnels "sont menacés à la CMN, et à la SNCM où tous les accords dentreprise ont été dénoncés par la direction". Il déclare, également, que la création d'une sociétéde, imposée par la CTC, n'est qu'un moyen de "faire avaler la pilule en Corse au vu de la casse sociale prévisible, de permettre le désengagement de Veolia avec un gros chèque de lEtat" et de préparer une future compagnie régionale. Et s'interroge sur la place de la CMN et la SNCM qui génrent près de 4000 emplois directs et induits principalement en régions Corse et P.A.C.A et sur l’ensemble du territoire national.

 

Un appel à l'Etat

Qualifiant les choix de la CTC, d'"ultra-libéraux et antirépublicains", la CGT demande au Président de la République et au gouvernement de prendre ses responsabilités et de garantir la pérennité du service public de continuité territoriale, le respect du droit du travail français, le maintien et le développement de l’emploi des compagnies CMN et SNCM dans le cadre de la relance industrielle et de la transition écologique annoncées.

Elle lui demande de s’engager pleinement pour :

- L’adoption de la proposition de loi qui impose, à toutes les compagnies françaises et communautaires établies en France, d’armer leurs navires sous pavillon français de premier registre, "seul moyen dappliquer la législation française".

- La suppression immédiate du versement illégal aux compagnies maritimes des subventions versées au titre de l’aide sociale, la transparence et la poursuite des enquêtes sur les fraudes fiscales concernant l’aide sociale et la Taxe des Transports.

- La prise de participation de la Caisse des dépts et consignations, via Transdev, au capital de la SNCM en remplacement de Veolia, pour garantir les engagements sociaux et industriels pris par l’Etat.

- La mise en œuvre avant la fin de l’année de la commission d’enquête parlementaire sur les stratégies économiques et sociales de Corsica-Ferries concernant l’emploi des fonds publics dont elle a bénficié et$ la restructuration de la politique maritime du transport Corse-continent.

La CGT avertit qu'elle va agir sur tous les fronts et appelle ses adhérents à rester mobilisés pour la défense de l'emploi avec le pavillon français de 1er registre et du service de continuité territoriale.

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Commentaires : 3
  • #1

    Francescu Giordani (vendredi, 12 octobre 2012 05:17)

    Je suis impressionné par Frederic Alpozzo je ne pensais même pas qu en 2012 il restait un stalinien aussi jeune , je pense qu à un moment il faut arrêter les polémiques stériles et je ne suis pas pro Corsica Ferries mais Ava Basta . Il a raison quand il parle des emplois mais il oublie de dire que la plus grosse partie marins dockers.... sont sur Marseille donc 2 eme fois Ava Basta.Il fait partie des gens qui ont courbés l échine pour la privatisation Allora Ava Basta o veni a campa in Corsica .Ils vont rester mobilisés sur tous les fronts donc je pense qu ils vont finalement bloqués la préfecture des Bouches du Rhône ou la Mairie de Marseille à moins que ..... il est vrai que c est plus facile de bloquer des bateaux en partance pour la Corse et on risque pas ou très peu de prendre des coups de matraques Ava Basta 3eme fois .Avec leurs politiques de blocages ils ne font que renforcer les clans en place depuis des décennies , mais il est vrai cela se passe en Corse et cela ne les concerne pas .Je suis passé du singulier au pluriel mais on auras compris pourquoi . Je vais arrêter maintenant bien que je pourrais en écrire mille fois plus mais Ava Basta . Je suis pour toutes les enquêtes possible et inimaginables sur la SNCM sans oublier pourquoi la CGT a arrêter la gréve de l époque privatisation et surtout le rôle de Butler mais bon torna Ava Basta .....Francescu Giordani

  • #2

    Pierre (vendredi, 12 octobre 2012 10:46)

    Question à la CGT
    Combien vos grèves à répétition plus ou moins justifiées ont-elles fait perdre de millions d’Euros à l’économie de la Corse
    Combien de millions de touristes ont-ils été découragés de venir en Corse par l’incertitude que vous faisiez régner sur les départs et les retours
    Combien de dizaines de milliers de voyageurs avez-vous laissé sur les quais de Marseille, de Nice, de Bastia, d’Ajaccio, par vos grèves et cela pendant des dizaines d’années, sans une explication, sans un mot d’excuse, sans indemnisation
    Vous avez profité sans vergogne de votre situation de monopole
    Vous avez décrédibilisé votre syndicat, et plombé la SNCM
    BASTA

  • #3

    querci (vendredi, 12 octobre 2012 20:31)

    il faut penser a la corse,et seulement a la corse !et BASTA