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Contraception : Situation sanitaire préoccupante  
en Corse

(Photos JF)
(Photos JF)

Pour celles et ceux qui l’ignoraient, la Corse est la deuxième région de France où le taux de recours à l’IVG (interruption volontaire de grossesse) est le plus élevé derrière la région PACA. Pour preuve, en 2010, le taux d’IVG des femmes dont la tranche d’âge se situe entre 15 et 49 ans, s’élève à 19,4 pour 1000 femmes. Sur le plan national, le même taux, pour le même nombre de femmes, il est de 14,7.

 On ne pouvait donc rêver meilleure région que la Corse pour cette deuxième édition des Journées Régionales consacrée à la contraception que le Conseil Général de la Corse du Sud a joliment organisée sous le parrainage du professeur Israël Nisand, responsable du pôle gynécologie-obstétrique de CHU de Strasbourg.

Une journée particulièrement importante - et suivie par de nombreuses de personnes hier dans la salle prestige du palais des congrès d’Ajaccio - qui s’inscrit dans le cadre des préventions des grossesses non désirées. Journée qui instruit la constitution d’un réseau rassemblant l’ensemble des acteurs concernés par ce problème majeur de la santé publique.

Restons dans notre région pour souligner l’importance des IVG avec cet exemple bien précis : En Corse, 1331 IVG ont été pratiquée en 2010 pour 2999 naissances, soit 44 IVG pour 100 naissances. Sur l’ensemble du territoire, il fait compter 26 IVG pour 100 naissances.

 

L’intervention du député de la  Corse-du-Sud

Si l’on entre à présent dans le domaine des paradoxes, il faut savoir que 2 IVG sur 3 concernent une femme qui déclare utiliser un moyen de contraception avec un échec dû à un oubli ou à un accident. Il va sans dire que l’IVG est prise en charge par l’Assurance Maladie mais certains moyens de contraception ne sont pas remboursés. Autant d’éléments et de chiffres qui ont été longuement débattus toute la journée durant.

Dans son allocution d’ouverture, Laurent Marcangeli, député de la Corse-du-Sud et conseiller général délégué aux affaires sociales, représentait le président du conseil général. Il déclarait à propos des chiffres cités plus haut : « Cette situation sanitaire est très préoccupante et devant ce constat accablant, notre Département a souhaité réagir rapidement et de manière déterminée. C’est ainsi que nous nous sommes résolument engagés dans une politique ambitieuse qui doit nous conduire à infléchir cette tendance. Il convient sur ce point de saluer le travail remarquable de toute une équipe, dirigée par le Docteur Louiset, médecin chef de la PMI, en étroite collaboration avec les médecins responsables des centres de planification familiale et avec le concours précieux des psychologues, puéricultrices, éducatrices, animatrices et personnels administratifs. Cette équipe qui s’implique sans relâche tout au long de l’année en organisant de nombreuses actions, qu’il s’agisse de séances d’information dans diverses structures, de campagnes d’été auprès des jeunes ou d’opérations de sensibilisation en milieu scolaire. Cette équipe s’investit beaucoup sur le plan médical en assurant des consultations et des entretiens individuels dans les nombreux centres du département. »

 

Un réseau sur l'ensemble du territoire

Le conseiller général du 1er canton a également salué l’excellent travail fait dans le cadre de la création du Site ADO – que l’on pourra découvrir dans les prochains jours, ceci afin de sensibiliser un maximum de jeunes : « Il s’agit là d’un outil adapté à ce public, qui favorise le lien en préservant l’anonymat et permet de répondre à leurs interrogations, à leurs doutes mais aussi de leur faire passer des messages. Mais je veux insister aujourd’hui tout particulièrement sur une action qui me semble essentielle, parce que structurante, c’est la constitution, sur l’ensemble du territoire, d’un réseau Santé contraception qui permettra de rassembler l’ensemble des acteurs concernés par ce problème majeur de santé publique Cette initiative qui s’inscrit, comme ces journées d’ailleurs, dans le cadre d’une stratégie d’ensemble doit être soutenue. Elle permet un maillage efficace du territoire qui nous fournit le socle sur lequel doivent s’appuyer et se coordonner toutes nos interventions. »

Tout au long de la journée, de nombreuses interventions ont permis au débat de s’instaurer. Ainsi, le Dr Florence Louiset, médecin-chef de la Protection Maternelle et Infantile a-t-elle évoqué le projet du réseau régional de prévention des grossesses non désirées, relayée par le Claire Ricciardi, conseillère conjugale qui a parlé des « idées reçues en matière de contraception », le Dr Fabrice Franchi a rappelé les différents moyens de contraception tout comme le Dr Pierre Quilici a évoqué les méthodes définitives.

« Comment choisir sa contraception » par le Dr Brigitte Letombe, Gynéco-obstétricienne du CHUR de Lille, « contraception d’urgence » par le Dr Paule Lucchini-Duchaud ont été autant de sujets débattus.

Après la présentation des centres de planification de l’éducation familiale, la conférence/débat a porté sur les jeunes et la sexualité, débat dirigé par le Dr Israël Nisand et animé par Luc Mondoloni. 

                                                                                                                                               J. F.

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