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Haute-Corse : 17 morts sur les routes depuis Janvier

Frank Moyon, Jérôme Guerreau, Arnuyd Maertens (Photo Nicole Mari)
Frank Moyon, Jérôme Guerreau, Arnuyd Maertens (Photo Nicole Mari)

La Préfecture de Haute-Corse a livré, jeudi matin, un premier bilan de la sécurité routière depuis le début de l'année. Un bilan sombre et préoccupant avec une hausse du nombre d'accidents et de tués. En cause : les conduites à risque chez les jeunes, l'alcoolémie et l'usage de stupéfiants. Explications conjointes, pour Corse Net Infos, de Frank Moyon, chef d'escadron de la sécurité routière de la gendarmerie de Haute-Corse, et du Commandant Arnaud Maertens, adjoint à la directrice départementale de la sécurité publique.

rôme Guerreau, directeur de cabinet du préfet de Haute-Corse, et les deux représentants de la gendarmerie et de la sécurité publique ont donné quelques chiffres significatifs.

Depuis le début de l'année jusqu'à la fin septembre, 246 accidents ont été comptabilisés contre 231 l'an dernier sur la même période, soit une hausse de 6,5%.

Si le nombre de blessés diminue de 8,7% passant de 368 à 336, le nombre de décès augmente de 70%, avec 17 tués contre 10 l'an dernier. La plupart, 14, se sont produits pendant la saison estivale sur le réseau routier de Balagne et sur la RN 198 entre Casamozza et Solenzara. 13 avaient moins de 30 ans, et 4 moins de 20 ans.

50% des responsables de ces accidents mortels ont moins de 25 ans.

Les causes identifiées sont : une vitesse excessive et des dépassements mal maitrisés, un tiers est dû à la consommation d'alcool ou de stupéfiants.

"Un dépistage sur 2, effectué l'été dernier sur le taux d'alcoolémie et l'usage de stupéfiants, s'est révélé positif. Les jeunes sont des conducteurs à risque. Nous voulons leur faire passer un message clair sur leur comportement et leur dire que la vie, c'est précieux", commente Jérôme Guerreau.

Pour lutter contre cette insécurité routière grandissante, le Préfet de Haute-Corse a décidé d'intensifier les contrôles au sortir des établissements de nuit et sur les axes routiers les plus accidentogènes, en particulier en fin de semaine.

                                                                                                                                      N. M.

 

Frank Moyon : "Les jeunes sont responsables de 50% des accidents mortels"

Le chef d'escadron de la sécurité routière de la gendarmerie de Haute-Corse analyse l'hécatombe sur les routes du département et explique les réponses qui seront apportées en termes de contrôle sur le terrain.

 

- Quel bilan tirez-vous sur les 9 premiers mois de cette année ?

- En zone de gendarmerie (en zone rurale, ndrl), on déplore une augmentation du nombre de tués, mais on constate une diminution du nombre d'accidents et de blessés.

 

- Quelle est la cause de ces accidents mortels ?

- Les accidents sont imputables à 80% à des fautes de comportements. 8 accidents sur 10 sont consécutifs à un choc frontal ou latéral, c'est-à-dire quelqu'un qui ne circule pas sur sa voie de circulation. Ce sont également les fautes de comportement, les conduites addictives, alcoolémie et consommation de produits stupéfiants, qui sont responsables d'un accident mortel sur 3 à cause d'une vitesse excessive ou d'une vitesse inadaptée.

 

- Quelle est la différence ?

- Par exemple, à certains endroits, la vitesse est limitée à 90 km/h. C'est la vitesse maximale à laquelle on peut rouler, ce qui ne veut pas dire qu'il faut rouler en permanence à 90 km/h. Or, si les automobilistes ne réduisent pas leur vitesse en fonction de l'environnement dans lequel ils évoluent, leur vitesse devient inadaptée.

 

- Les jeunes sont particulièrement touchés. Est-ce un fait nouveau ?

- Oui. C'est un nouveau paramètre à prendre en compte. Les jeunes conducteurs, âgés entre 18 et 25 ans, sont responsables de 50% des accidents mortels. Cette tranche de population était moins concernée, l'an dernier, soit en tant que victimes, soit en tant que responsables. Il y aussi le phénomène des 2 roues, des motocyclettes à forte puissance qui, l'été, n'hésitent pas à remonter les files de circulation. Or, sur un 2 roues, le conducteur est très fragile et le moindre choc se paye comptant.

 

- Comment expliquez-vous ce nouveau paramètre ?

- Certains jeunes venaient d'avoir leur permis de conduire. Or, obtenir son permis ne veut pas dire qu'on maîtrise la conduite, notamment dans des conditions particulières telles que la pluie ou des routes de montagne avec de nombreux virages, des côtes, des descentes... La conduite doit s'adapter et se consolider avec l'expérience. Bien souvent aussi, ces jeunes conduisent des véhicules très puissants.

 

- La consommation d'alcool et de stupéfiants est-elle en hausse ?

- Oui, malgré les rappels et les opérations de prévention. Tous les acteurs institutionnels sont mis à contribution pour converger vers le même objectif : faire baisser le nombre de tués. Or, cette année, on a relevé autant d'infractions liées à la conduite sous l'emprise de l'alcool ou de produits stupéfiants que l'an dernier.

 

- Les accidents mortels sont plus nombreux en été. Est-ce imputable à l'afflux de touristes ?

- Pas du tout ! Les analyses démontrent que lorsque des gens extérieurs aux deux  départements sont impliqués dans les accidents, à 95%, ils en sont victimes.

 

- Quelles actions comptez-vous mettre en oeuvre pour lutter contre ces conduites à risque ?

- Nous allons continuer les actions qui portent sur les causes des accidents corporels ou mortels, c'est-à-dire les conduites addictives à la sortie des établissements festifs, des bars et des restaurants. On visera des dates particulières avec des opérations sur le Cortenais lors des soirées étudiantes. On va aussi lutter fortement contre les dépassements dangereux, les franchissements de ligne continue et les excès de vitesse. Avec cela, on balaye 90% du spectre de l'accidentologie.

 

- Ces actions seront-elles renforcées le weekend ?

- Oui. Dans notre zone, c'est surtout en fin de semaine, vendredi, samedi, dimanche, qu'on constate les accidents.

                                                                                   Propos recueillis par Nicole MARI

Commandant Arnaud Maertens : "En milieu urbain, les accidents sont dus à un non-respect des priorités "

L'adjoint à la directrice départementale de la sécurité publique commente le bilan en milieu urbain et détaille le renforcement des actions de contrôle.

 

- Quel bilan tirez-vous sur les 9 premiers mois de cette année ?

- En zone policière (en zone urbaine, ndrl), après un début d'année en retrait par rapport à l'an dernier, on note, depuis le début de l'été, une augmentation de la valeur absolue des accidents, + 4. Au total, on a dénombré plus de 200 accidents corporels de circulation. On ne déplore aucun mort par rapport à l'an dernier où il y en a eu un. En revanche, il y a une augmentation parallèle de 5% du nombre de blessés qui passe de 203 à 213.

 

- Quelle est la cause de ces accidents mortels en ville  ?

- En milieu urbain, la vitesse est forcément plus réduite, la circulation est dense avec des piétions et des cyclos. Les accidents sont dus à une problématique de choc arrière, de non-respect des priorités et des règles élémentaires du code de la route, des chocs avec les piétons et les cyclos sur les passages piétons ou hors passage. Ils surviennent essentiellement sur la RN 193, entre la sortie du tunnel de Bastia et le rond-point de Furiani. Du fait de la vitesse réduite, on ne déplore pas de morts, mais des blessés.

 

- En ville, les jeunes sont-ils également les plus exposés ?

- Non. Toutes les tranches de population le sont. Tout le monde est concerné. Le dernier accident en date, particulièrement grave, est survenu vendredi dernier sur la commune de Biguglia, sur la RN au niveau de l'hippodrome, et a touché des personnes âgées qui traversaient sur le passage piéton. Il y a eu, semblerait-il, un non respect de la priorité piétons.

 

- Quelles actions comptez-vous mettre en oeuvre pour réduire le nombre d'accidents ?

- Nous allons, nous aussi, concentrer nos actions sur les vendredi, samedi et dimanche, avec des contrôles de vitesse pendant la nuit. C'est, en fin de semaine, où il y a le plus de prise de risques de la part des jeunes qui conduisent des véhicules particulièrement puissants à des vitesses trop élevées. Nous travaillons sur des secteurs festifs, des points stratégiquement répertoriés et nous essayons de faire le maximum de contrôles d'alcoolémie.

                                                                                    Propos recueillis par Nicole MARI

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Commentaires : 1
  • #1

    jacquis (vendredi, 12 octobre 2012 10:01)

    bonjour messieus de la securité félicitation pour votre suveillance
    mais il serait souhaitable d'intensifier vos surveillances sur les lignes droites, exemple sur la 193 furiani-bastia les motards c'est la"liberté", jusqu'a 120 et parfoi 150 Kms à l'heur.
    j'ai 80 ans 40 ans de conduite jamais d'accidents, sauf aux radars
    dépassement de 5 Kms salutation