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Bastia : Antoine Redin n'est plus

Que voilà une bien triste actualité à commenter. Antoine Redin, l'entraineur qui avait permis au SC Bastia d'inscrire pour la première fois son nom au palmarès de la coupe de France, n'est plus. L'homme, qui après sa carrière sportive avait décidé de s'installer définitivement à Bastia, s'en est allé dans le courant de la nuit de dimanche à lundi non sans avoir livré encore un long combat, comme il les aimait,  pour la vie. Il aura été l'ultime. Beaucoup de joueurs qu'il eut sous sa coupe, de nombreux dirigeants, de simples particuliers avec lesquels, malgré un ton volontairement bourru, il liait rapidement sympathie, le regrettent déjà.

Quand il est arrivé au Sporting pour prendre la suite de Jean-Pierre Destrumelle on le disait dans la lignée de Pierre Cahuzac, l'autre grand entraîneur du Sporting.

Mais malgré la réputation qu'on lui fit à l'époque, on se rendit vite compte que comme son aîné, Redin cachait derrière son cœur de dur, une âme où la gentillesse, la politesse, la tolérance et l'humanisme avaient toute leur place.
Côté terrain, c'est vrai, il aimait à rudoyer ses troupes mais c'était pour, dans la foulée, faire mieux apprécier son gant de velours.
Il était également un peu comme ça dans la vie de tous les jours Antoine Redin, mais sous la remarque, à dessein bourrue, il y avait toujours un fort signe d'affection pour son interlocuteur.
Nous étions quelques-uns à avoir pris plaisir - la réciproque, c'était visible était également vrai - à travailler avec lui, l'homme d'humeur égale devant le succès - cette fameuse finale de 1981 gagnée face à Saint-Etienne - ou face à l'échec - la descente en deuxième division cinq ans plus tard.
La même humeur présida à son retrait du monde professionnel quand il prit durant un temps les rênes de l'ancien CABGL. Même à ce niveau Redin ne changea rien à ses habitudes et à sa façon de vivre devenue totalement bastiaise.
Fidèle en amitié, le Girondin, prenait grand plaisir quand il vous rencontrait - ce fut plus rare au cours de ces dernières années - à vous offrir le café et à parler des choses - celles profondes ou de tous les jours -  de la vie telle qu'il l'entendait.
Un grand Monsieur du football, un homme qui a beaucoup donné au football corse n'est plus. Antoine Redin est rentré, définitivement, aux vestiaires.
Il va nous manquer !

                                                                                                                     Charles MONTI

Deux victoires en coupe de France…

Antoine Redin était né le 4 septembre 1934 à Cenon (Gironde). Originaire d'une famille modeste dans la banlieue de Bordeaux, Antoine Redin est repéré par Jacques Favre et signe comme stagiaire au FC Nancy. Après avoir effectué vingt-huit mois de service militaire, il devient professionnel. Il part ensuite défendre les couleurs de Toulouse, où il côtoya Pierre Cahuzac, et y reste sept saisons.

En 1967, Claude Cuny le rappelle afin qu'il encadre la jeune et inexpérimentée équipe de l'ASNL. Deux ans plus tard, Antoine Redin cumule son poste de libéro chez les pros avec celui d'entraîneur de l'équipe junior. Après le départ de René Pleimelding à Troyes en 1970, Claude Cuny place Antoine Redin sur le banc de touche des pros et l'entoure de Francis Targon et de Jacques Favre.

Ses débuts sur le banc de touche sont difficiles puisque l'équipe aligne cinq matchs sans victoires. Soutenu par son président et par le public qui le connaissait bien, il réussit finalement son examen de passage.

L'ASNL termine treizième du championnat. La décennie Redin était lancée. Sous les ordres de ce coach au parler franc, "père sportif" d'un certain Michel Platini,  l'ASNL a obtenu ses meilleurs résultats à ce jour : deux fois quatrième de D1, sixième, septième, et une Coupe de France en 1978.

En avril 1980, Gérard Rousselot, le nouveau président de l'ASNL, lui annonce que le club va se séparer de lui. Il rejoint alors le Sporting Club de Bastia.

Dès sa première année avec le SC Bastia, il remporte la Coupe de France de football 1980-1981 face à l'AS Saint-Étienne de… Michel Platini. La finale se joue au Parc des Princes devant plus de 46 000 spectateurs, dont le président de la République fraichement élu, François Mitterrand. Antoine Redin restera entraineur de Bastia jusqu'à la saison 1985-1986.

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Commentaires : 1
  • #1

    spinelli (lundi, 27 août 2012 20:24)

    riposa in pace .merci