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Ajaccio : Chute de Rome, le sermon de Jérôme Ferrari

Jérôme Ferrari, présentait en avant-première, vendredi, à la librairie La Marge son nouvel ouvrage Le Sermon sur la Chute de Rome édité chez Actes Sud. 

Né à Paris en 1968, l’auteur, agrégé de philosophie a enseigné pendant 4 ans, au lycée international d'Alger. Enseignant dans un lycée d’Ajaccio,  depuis 2007,  sa carrière d'écrivain a débuté en 2001 avec un recueil de nouvelles, Variété de la mort et un roman, Aleph Zero.  Chez Actes Sud, il a aussi publié d'autres romans : Dans le secret (2007) Babel (2010), Balco Atlantico (2008) et Un dieu un animal (2009).

Auteur piquant, voire acerbe, Jérôme Ferrari s'inspire beaucoup de la Corse, terre qu’il aime non d’un amour béat, mais d’un amour qu’il qualifie plutôt de compliqué.

Dans ce dernier ouvrage, plusieurs histoires de vie, s’entremêlent, avec comme toile de fond un village Corse  perché loin de la cote, et son bar, qui vient de changer de gérants.

On y retrouve un très vieil homme qui a traversé tout le XXe siècle à la poursuite de l’Histoire sans jamais la rattraper ; une jeune femme qui ramène à la lumière des vestiges enfouis et ne veut pas laisser la vie s’éteindre ; deux amis d’enfance qui reprennent le bar de leur village, abandonnant leurs études sur le continent,  et cheminent côte à côte vers le désastre. Mais chacun d’eux répond à sa manière à la même question : qu’est-ce qu’un monde ? En chacun d’eux se manifeste la présence ou l’absence d’un monde, avec les éléments qui en assurent la cohésion provisoire autour d’un centre de gravité trop fragile, et chacun d’eux, puisqu’un monde, quelles que soient son ampleur ou sa durée, doit naître, grandir et mourir comme un homme, vient porter témoignage à sa manière des origines et de la fin. Si Rome n’est que l’un des multiples noms portés par le monde, j’aimerais pouvoir penser que ce roman est exactement ce que son titre indique : un sermon sur la chute de Rome qui fait écho à ceux que prononça Augustin dans la cathédrale disparue d’Hippone pour consoler ses fidèles d’avoir survécu à la fin du monde. 

Sur ces différentes histoires, propre à chaque personnage, Jérôme Ferrari dira que la cohésion reste dans le point commun qu’elles ont, et qui restera dans ce livre la mise en œuvre d’un monde qui émerge, qui croit et qui finalement s’écroule. 

Mais chaque personnage a le sien, qui le sépare irrémédiablement des autres.

Ce débit de boisson local, dont on a voulu faire le meilleur des mondes, verra sa chute se dessiner, devant l’incapacité des personnages à en faire un monde unique et immortel.
                                                                                                                                   M. S. 

Extrait : http://multimedia.fnac.com/multimedia/editorial/pdf/9782330012595_extrait.pdf  

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Le Sermon sur la chute de Rome, Jérôme Ferrari, Actes Sud

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Commentaires : 1
  • #1

    Carlos Laguinda (mercredi, 29 août 2012)

    Un livre fort brillant qu'il me tarde de lire.