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Un comédien du film "Les anonymes" à la prison de Borgo : Istria et Maranelli protestent

Marcel Istria et Didier Maranelli, détenus à Borgo pour "complicité" dans l'assassinat du préfet Erignac, ont adressé un communiqué à la presse ce jeudi . Raison de leur courroux, la venue dans l'établissement d'un comédien du téléfilm "Les Anonymes, ùn pienghjite micca" consacré à l'affaire Erignac.

Marcel Istria et Didier Maranelli ont qualifié de "provocation" la venue dans l'enceinte de la prison de Nathanaël Maïni, pour y présenter une pièce de théâtre dont il est le metteur en scène.

Maini est surtout l'un des acteurs de "Les anonymes, ùn pienghjite micca" (ne pleurez pas)". Téléfilm consacré à l'affaire Erignac, qui avait déjà provoqué leur colère, et qui doit être diffusé en 2013 sur Canal +.

Ce film relate l'histoire des six membres du groupe dit des "anonymes", condamnés à des peines allant de 15 ans de prison à la perpétuité pour l'assassinat du préfet Claude Erignac, le 6 février 1998 à Ajaccio.

Le groupe n'inclue pas Yvan Colonna, dont la peine à perpétuité a été confirmée le mois dernier par la Cour de cassation.

Les six hommes, Istria et Maranelli ainsi que Pierre Alessandri, Alain Ferrandi, José Versini et Martin Ottaviani, avaient déjà reproché à la réalisation et à la production de présenter le film comme une fiction, tout en utilisant leurs patronymes, sans leur autorisation.

"Ayant suffisamment fait état de notre désapprobation par voie de presse, rares sont ceux qui, en Corse, ignorent la polémique suscitée par "Les anonymes". Malgré la polémique suscitée autour de ce film en Corse, un des comédiens n'a rien trouvé de mieux que de venir parader sous nos fenêtres", écrivent Istria et Maranelli dans leur communiqué. " Metteur en scène d’une pièce de théâtre, il n’a éprouvé aucun scrupule à jouer celle-ci dans l’enceinte même du centre pénitentiaire de Borgu, sachant pertinemment que nous étions présents dans cet établissement".

"Nous tenons à mettre en garde l'ensemble des individus impliqués dans le téléfilm de ne point franchir le Rubicon en venant claironner une nouvelle fois sous les fenêtres des demeures que nous-mêmes ou nos familles occupons".

"Si artistiquement parlant il est difficile de mettre des limites à la provocation et à la dérision, humainement parlant la patience a ses limites", concluent les deux détenus.

Le tournage en Corse et à Paris du téléfilm s'est achevé au printemps sous la direction de Pierre Schoeller.

Le titre "Les anonymes, ùn pienghjite micca" est tiré de la phrase adressée par Yvan Colonna à ses proches, à la fin de son troisième procès.

Autres comédiens à l'affiche du téléfilm, Mathieu Amalric, Olivier Gourmet.

 

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Commentaires : 4
  • #1

    Claire Ricci (vendredi, 17 août 2012 11:22)

    Bravo Marcel Istria et Didier Maranelli, ce teléstronzu réalisé par Canal est honteux tant dans la forme que dans les fonds. Ils ont tout de même touchés 150000€ de la collectivité de corse pour un film dont le procès est en cours. Un bon point pour les élus.

  • #2

    Dom (vendredi, 17 août 2012 13:17)

    150000€ ?!? Giacobbi ferait bien de penser un peu à la précarité en Corse.

  • #3

    Bernard (vendredi, 17 août 2012)

    Ils ont été condamnés
    Ils ont avoué
    Alors laissons chacun à sa place
    Et réservons les tribunes pour autres choses que des menaces non voilées

    Que la presse fasse son travail
    Un information critique serait mieux venue que cette ouverture de colonne politique et basse

  • #4

    Françoise Ghilardi (jeudi, 23 août 2012 10:00)

    Je ne lis malheureusement pas le Corse. Mais si j'en crois la presse en français, Yvan Colonna n'apparaît pas dans ce téléfilm. Pourquoi alors utiliser ses paroles......en les tronquant, pour en faire le titre ? Avec quelles motivations et dans quel but ? Et de quel droit ?
    "Ne pleurez pas" et "Ne pleurez pas devant ces gens-là", ça ne dit pas du tout la même chose.
    Plutôt que de faire des fictions (qui rapportent), ne vaudrait-il pas mieux exiger une vraie justice, complètement indépendante du politique quel qu'il soit et par conséquent la suppression des tribunaux d'exception, devenus ainsi inutiles. Cela ne "rapporterait" rien, sauf la confiance retrouvée des citoyens dans leur justice, et ce serait énorme. Je rêve, sans doute....