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Pierre Moscovici inaugure en Balagne

Pierre Moscovici a joint l'utile a l'agréable mercredi en Balagne où il est en vacances. A la demande du président de la coopérative oléicole de Balagne il a inauguré l'extension de la coopérative et dans le même temps fait passer deux messages : l'un concernant les prévisions de croissance l'autre relatif au blocage des prix des carburants…

Il était 17 heures, à Corbara,  lorsque le ministre a été accueilli  par Stéphane Donnot, sous-préfet de Calvi et René Colombani, président de la coopérative oléicole de Balagne.

Décontracté, chemise blanche, col ouvert, pantalon sombre, mocassins marrons, Pierre Moscovici a salué de nombreux  militants et amis qui l’attendaient depuis un long moment.

Poignées de mains, embrassades, Pierre Moscovici a pris le temps de dialoguer avec les siens et de saluer les nombreux élus présents. Parmi eux : Paul Giacobbi, président de l’Exécutif de Corse, Emmanuelle De Gentili, conseillère exécutivr de Corse, Joseph Castelli, président du conseil général de Haute-Corse, Jacques Hélias, maire de Montbéliard, président de Pays de Montbéliard agglomération, Martial Bourquin,  sénateur-maire d’Audincourt, Pierre-Marie Mancini, maire de Costa, conseiller général de Belgodère, Paul Lions, maire de Corbara, Jean-François Poli, maire de Speloncato, Pierre Oberti, maire de Muro, Maurice Pariggi, maire d’Algajola, Mme José Martelli, maire de Pigna, M. Jean-Jo Allegrini-Simonetti, maire de L’Ile-Rousse, Jean-Louis Luciani, président de l’ODARC, Jean-Marc Venturi, président de la Chambre d’Agriculture…

Plus d’une centaine de coopérateurs

Après avoir souhaité à tous la bienvenue, René Colombani a retracé la vie de l’oliveraie en Balagne : «  Autrefois jardin de la Corse, on dit que l’on pouvait alors traverser toute la Balagne à l’ombre des oliviers. Et il y a quelques décennies encore, elle produisait à elle seule autant d’huile d’olive que tout le territoire français. Les aléas économiques, puis l’exode et l’abandon des terres qui ont malheureusement engendrés de gigantesques incendies qui ont détruits plus de 95% de notre oliveraie au xxe siècle.

Suite à ces incendies et au gel de l’oliveraie de Provence à la même époque, une relance de l’oliveraie était décidée au niveau national, relayé en Corse par la SOMIVAC. Cette action a permis la plantation de plusieurs centaines d’hectares en Corse, dont la majorité dans la vallée du Réginu en Balagne, d’une varieté dédiée à l’huile de table, la picholine. Mais, ici cette initiative se solda par un échec et cette nouvelle oliveraie tombait à l’abandon quelques années plus tard.

C’est alors que tout jeune agriculteur dans les années 1970, je fus encouragé à restaurer cette richesse abandonnée, en étant aidé et conseillé par les techniciens de la SOMIVAC, ainsi que de personne avisées comme M. Argenson. Ainsi, avec quelques passionnés, nous avons créé «  L’Alivu Balaninu », association pour le renouveau de l’oléiculture de notre région.

Cela a permis la création de la coopérative en 1983, et, de 7 oléiculteurs au départ, nous nous sommes retrouvés à plus de 60 coopérateurs quelques mois plus tard. Ce fut d’emblée une réussite, nous confortant sur le bien-fondé de notre initiative.

Aujourd’hui, la coopérative compte plus d’une centaine d’ adhérents et produit exclusivement une huile de très haute qualité (vierge extra), et bénéficie d’une appellation protégées depuis 2004 ».

600 000€ d’investissements

Et de poursuivre : «  Nous avons ainsi fait plus de 600 000€ d’investissements, aidés par les subventions accordées par la Région pour près de 40% du total et par prêt que nous a accordé le Crédit Agricole de la Corse.

Cela a donné le bâtiment que nous inaugurons aujourd’hui  et qui abrite à la fois un moulin au faîte de la technologie, respectueux du fruit traité, ainsi que de l’atelier de conditionnement autrefois confiné dans un garage.

Maintenant, grâce à ces nouvelles installations, nous pouvons affronter l’avenir car nous sommes devant un nouveau défi : celui de continuer à croître, face à la crise et face aux importations à bas coûts »

La satisfaction de faire son huile

Paul Lions, maire de Corbara a rendu hommage à René Colombani et s’est réjoui en sa qualité de maire de l’existence de cette structure sur le territoire communal : «  Une structure que je crois emblématique et représentative de ce qui est en l’espèce la réalisation d’un véritable projet alliant modernité et tradition. Ici avec cette coopérative le concret est au rendez-vous ».

M. Lions a ensuite vanté la qualité du produit et pour beaucoup une source de complément de revenus non négligeable mais pour nombre de petit apporteur la satisfaction immense d’avoir fait son huile à partir de fruits que l’on a soi-même récolté, tout ceci dépassant largement le strict aspect financier de la chose mais représentant une valeur inestimable lorsque l’on se replace dans les concepts de la réappropriation du territoire, en adéquation avec nos valeurs identitaires ».

M. Lions concluait : «  Longue vie à la coopérative oléicole de Balagne ».

M. Paul Giacobbi, président de l’Exécutif à pris à son tour la parole : « Nous sommes ici au cœur d’un problème économique de base. René l’a admirablement rappelé, la Balagne était le pays de l’olive, c’était sa richesse,  prodigieuse d’ailleurs l’architecture balanine si riche. Elle est simplement l’expression en pierre ce qu’a été la rente agricole de l’huile d’olive. Et puis, tout ça s’est effondré. Et au fond, tout ça s’est effondré pourquoi ? Pour une chose très simple, qui a été découverte il y a longtemps et que l’on connaît depuis toujours mais qui a été théorisé à la fin du XIXe siècle par deux professeurs Walras et Pareto, qui ont démontré la concurrence pure et parfaite et en particulier le fait que lorsque le produit était homogène on ne luttait plus que sur le prix. Cette théorie est admirable. Si nous en restons là, si en restons  simplement à dire qu’il faut maximiser la satisfaction de l’acheteur avec le prix le plusbas et la quantité la plus grande,   nous sommes fichus mon cher René. ».

« L’huile d’olive est un produit chanceux »

 Paul Giacobbi a ensuite expliqué qu’il avait visité un jour  à Tizi Ouzou une huilerie particulière, très moderne, très bien faite et, " lorsque j’ai demandé le montant des salaires versés aux employés, bien évidemment on ne peut pas lutter

En revanche si l’on sort de l’homogénéité du produit, si on a un produit qui a des vertus spécifiques, d’abord par sa qualité intrinsèque, or notre produit, notre huile, elle a des qualités intrinsèques, elle est exceptionnelle.  Elle est presque, je dis ça pour le maire de Muro, mathématique et musicale.

Deuxièmement, si on l’a fait connaître, c’est-à-dire si on l’identifie, si on la marque comme  un produit ordinaire de Balagne , ça ne marchera pas. En revanche, si on lui trouve des noms, une présentation une appellation, la payer deux, trois fois plus cher ne posera pas problème.

L’huile d’olive est un produit chanceux par ailleurs , c’est le seul  produit gras qui a l’avantage d’être  reconnu par la faculté de médecine comme bénéfique  c’est quand même extraordinaire.

Si grâce à ton action et celle des coopérateurs  on est arrivé d’une situation d’effondrement à une situation de reconquête, on est pas au bout du chemin, mais en tout cas  on a avancé de manière décisive. Le fait que l’on produise et que l’on commercialise permet effectivement, dans le domaine de l’huile de faire ce que des gens comme Jean-Marc Ventura on fait dans le domaine du vin par exemple.

Aujourd’hui l’huile d’olive insulaire est installée dans le paysage, elle est présente dans les supermarchés de façon dominante, elle est appréciée ailleurs. Il y a même des restaurants qui ne présentent que ça. Progressivement les choses avancent. Quand au salon de l’agriculture, tous les ans, grâce à René nous avons le moulin qui est superbe.

Il ne me reste plus qu’à vous dire que j’ai moi-même planté  120 oliviers à Venaco. Donc un jour je serais coopérateur et en tout cas, ce sera avec une grande joie ».

Une société d’hommes plutôt que de capitaux

Pierre Moscovici est venu à son tour à la tribune.

«  Pour être tout à fait franc, je n’avais pas exactement  prévu d’être parmi vous aujourd’hui car je suis bêtement  dans ce qui n’est plus convenu d’appeler des vacances mais un repos vigilant. Il est  vrai que quand on est ministre de l’économie et des finances, je l’apprends à mes dépens, on ne dort jamais que sur une oreille tant le monde d’aujourd’hui est un volcan, l’Europe un mystère,  et la France a besoin  aussi que l’on soit attentif à son sort.

Mon ami René Colombani m’a fait l’amitié de m’inviter à cette inauguration et j’ai voulu me joindre à vous à la fois pour saluer la rénovation de l’outil de production de cette coopérative dynamique et aussi parce qu’il m’est bien difficile de refuser quoi que ce soit à mes amis d’une île si accueillante. Certains d’entre vous savent peut-être que je viens en vacances ici tous les ans. Je ne serais pas tout à fait honnête avec vous si je vous disais que c’est le moment le plus désagréable de l’année pour moi.Je n’étais pas encore revenu à Corbara. C’était donc l’occasion.

Un mot rapide pour féliciter les adhérents de cette coopérative agricole pour ce qu’ils s’apprêtent à réaliser. Une coopérative, c’est toujours une structure économique un peu spéciale, un peu à part, une société d’hommes plutôt que de capitaux, avec des valeurs sociales, des finalités propres, une gouvernance particulière.

Vous avez peut-être relevé que le gouvernement de Jean-Marc Eyrault, considère l’économie sociale et solidaire suffisamment importante pour lui dédier un ministre, Benoît Hamon, qui travaille avec moi et avec les autres membres du gouvernement de l’équipe gouvernementale à relancer la machineéconomique en France. Je suis sûr qu’il serait heureux d’être à mes côtés aujourd’hui - mais je suis en vacances et je le vois assez comme ça le reste du temps- et qu’il se joindrait à moi pour se réjouir de l’événement qui nous rassemble ici.

Les adhérents à cette coopérative, leurs salariés, contribuent collectivement à animer et à valoriser le territoire dans lequel ils s’ancrent. Ils contribuent, aussi, à conserver un bassin d’emplois significatif en zone rurale, ils participent au maintien d’une vie professionnelle et collective hors des grandes agglomérations. Je suis élu d’un territoire qui présente des caractéristiques assez différentes de celui-ci, un territoire industriel, où le secteur automobile occupe une place économique prépondérante. Mais, à Sochaux comme ici, nous accueillons toujours avec enthousiasme toute initiative qui permet de fixer sur les territoires des activités porteuses de valeur  de valeur ajoutée et d’emplois, des activités qui font de la proximité du producteur et du consommateur un facteur clé de leur engagement, qui contribuent aussi concrètement, au quotidien, à la solidarité économique, qui préservent les métiers et les savoir-faire. Notre pays en a besoin aujourd’hui ».

M. Pierre Moscovisci concluait : «  Je vous souhaite chaleureusement tout le succès possible, et qui sait, nous nous retrouverons peut-être l’année prochaine, lors de mes futures vacances ici. Merci à tous ».

A l’issue des discours, le ruban tricolore était coupé par une petite fille, avant la visitedes installations  et un buffet offert par la coopérative.

                                  Texte et photos Jean-Paul LOTTIER

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Le ministre des Finances, Pierre Moscovici, a déclaré mercredi que le gouvernement s'en tenait à ses prévisions de croissance pour cette année, malgré des statistiques montrant que la France risque d'entrer en récession.

Pierre Moscovici, qui s'exprimait lors de la visite de la coopérative d'huile d'olive de Corbara, a indiqué que la prévision d'une croissance de 0,3% du produit intérieur brut cette année était "extrêmement raisonnable".
Par ailleurs, pour le ministre de l'Economie et des finances, en vacance en Balagne, le blocage des prix des carburants ne se fera pas tout de suite. "Si la hausse est structurelle, nous agirons" a déclaré Pierre Moscovici.

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Commentaires : 2
  • #1

    Tonia (jeudi, 09 août 2012 07:25)

    Bonjour,
    Il est vrai que l'huile d'olive est un produit "chanceux", mais aussi
    un produit coûteux en Corse,le litre se vend à 16€ voir plus, ce qui n'est pas à la portée de toutes les "bourses", c'est un comble!...Donc nous sommes "contraints" d'acheter moins cher de l'huile d'olive bio qui n'a rien à envié à l'huile d'olive qui se vend à prix d'or! Mrs les producteurs, sur vos prix faites un effort!
    Cordialement

  • #2

    Karl (mardi, 23 octobre 2012 18:31)

    Un peu de soleil ne fait pas de mal ..
    C'est drôle de voir Pierre Moscovici et Marie-Charline Pacquot à une inauguration officielle.. smell like holidays !