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Santé : La CTC dénonce un délit de favoritisme

Josette Risterucci (à droite) dénonce
Josette Risterucci (à droite) dénonce

Le renouvellement de l'appel d'offres concernant les évacuations sanitaires par transport aérien écarterait, de fait, la société corse qui, jusque là, assurait le service. Le Conseil exécutif de l’Assemblée de Corse dénonce un délit de favoritisme et envisage une action en justice. Explications de Josette Risterucci, conseillère territoriale et représentante de la CTC auprès des instances de l’Agence régionale de santé (ARS).

- De quel appel d’offres est-il question ?

- C’est un appel d’offres pour assurer les transports sanitaires urgents, ce qu’on appelle les évacuations sanitaires, de bord à bord entre la Corse et le Continent. Il est normal que ces transports soient soumis à un appel d’offres. Bien sûr, peuvent soumissionner tous ceux qui remplissent les conditions. C’est la loi. Nous avions mis en garde l’ARS et lui avions demandé une égalité d’accès pour cet appel d’offres avec des clauses permettant à chacun de soumissionner. L’ARS s’était engagée auprès du Président de l’exécutif pour faire en sorte que ce cahier des charges soit ouvert à tous. Ce qui n’est pas le cas.

 

- Qu’est-ce qui vous permet de l’affirmer ?

- Quand on rédige un appel d’offres qui écarte, de fait, la société qui travaille, notamment en Haute Corse, qui a investi, emploie des salariés spécialisés, des pilotes, nous rend service depuis des années et avec laquelle il n’y a jamais eu aucun problème... Ce qui est sorti des tiroirs de l’ARS a été modifié et empêcherait cette société corse ou toute autre qui remplirait les conditions de soumissionner. Par contre, soumissionnera une société espagnole.

 

- Qui a rédigé cet appel d’offres ?

- Il a été rédigé par les établissements de santé et, je pense, finalisé par l’ARS. Je n’ai pas plus de détails techniques là-dessus. Nous l’avons appris, hier soir. Aujourd’hui, avec le Président de l’exécutif, nous posons le problème et nous allons, effectivement, interpeller Jean-Jacques Coiplet (le directeur de l’ARS).

 

- Quel serait l’intérêt de l’ARS d’agir ainsi ?

- Je ne connais pas l’intérêt. Je me pose simplement la question de savoir pourquoi on rédige un appel d’offres qui est déjà plus cher que ce qui est fait actuellement. Je ne comprends pas. On peut se poser toutes les questions. On demande, d’un côté, aux hôpitaux de faire des économies. Cette compagnie était moins cher pour Bastia. Je comprends très bien que l’on exige toutes les conditions de sécurité quand on transporte des patients et du personnel, que l’on demande des avions qui ne dépassent pas un certain âge. Mais cela se négocie avant pour que tout le monde puisse soumissionner. On ne met pas ce critère, comme ça, du jour au lendemain dans un cahier des charges !

 

- Soupçonnez-vous un délit de favoritisme ?

- Quand on rédige un cahier des charges sur mesure, comment appelle-t-on ça ? Du favoritisme !

 

- Allez-vous engager un recours ?

- Maintenant que l’appel d’offres a été lancé, il n’y a plus, effectivement, que des recours juridiques. Mais ce n’est pas nous qui allons les engager, éventuellement la société qui ne sera pas soumissionnée. On ne peut pas, d’un côté, à la CTC, voter, comme nous venons de le faire, les orientations du PADDUC, parler de développement économique et d’emplois et se retrouver avec des collectivités qui font le contraire. Ça suffit ! On ne va pas s’arrêter là !

                                                                                       Propos recueillis par Nicole MARI

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