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Incendiaires du Nebbiu : Le cri d'alarme du colonel Charles Baladassari

 

 

 

 

Le Colonel Charles Baldassari, directeur du SDIS, Service départemental d’incendie et de secours de Haute-Corse, lance un appel virulent à la mobilisation citoyenne contre la pression incendiaire qui menace la région du Nebbiu. Le Chef des sapeurs-pompiers explique, à Corse Net Infos, que si rien n’est fait pour arrêter les incendiaires, une catastrophe, similaire à celle qui ravage l’Espagne, n’est pas à exclure.

- Pouvez-vous faire un bilan de ce mois de juillet sur le front des incendies ?

- Nous déplorons, principalement, le gros feu de Feliceto. Le 15 juillet dernier, une mise à feu a eu lieu à 20 heures, lorsque les avions se sont posés par un vent très fort Ouest-Sud Ouest. Le feu n’a ravagé que 45 hectares, mais vous voyez ce qui se passe, malheureusement, à la frontière espagnole où 15 000 hectares sont partis en fumée. Ce soir-là, grâce à la première intervention des moyens aériens et surtout à l’activité des sapeurs pompiers au sol et à l’efficacité du commandement, nous avons pu juguler l’incendie et le cloisonner sur les hauteurs de Feliceto. Nous sommes restés sur les lieux jusqu’à 3 heures du matin. Si nous n’avions pas arrêté le feu sur la ligne de crête au dessus de Feliceto, il serait passé de l’autre côté et aurait sûrement brûlé des milliers d’hectares dans la vallée du Reginu, qui aurait été totalement ouverte aux flammes. Cette nuit-là, nous avons réussi, mais le succès tient à rien, à pas grand chose !

 

- Quels sont les secteurs à risque, cet été ?

- Un secteur nous interpelle fortement en termes de pression incendiaire. C’est le Nebbiu et, plus particulièrement, le barrage de Padule. Ce qui se passe dans cette région est scandaleux !

 

- C’est-à-dire ?

- Jour et nuit, il y a des mises à feu volontaires. C’est quand même scandaleux de voir que, avec tout ce qui se fait au niveau de la prévention, de la structuration du territoire, de l’instruction civique et des actes citoyens que l’on appelle très fortement, il y ait encore des individus qui mettent le feu, jour et nuit, dans notre île, par vent fort. Ces feux, nous arrivons, pour l’instant, heureusement, à les éteindre très rapidement. Mais ils peuvent ravager des milliers d’hectares.

 

- Que pouvez-vous faire contre ces incendiaires ?

- Nous en appelons, d’abord, à la population locale pour qu’elle se mobilise dans ces territoires-là, ensuite aux élus des municipalités concernées. Nous avons fait des réunions avec le sous-préfet de Calvi. Il faut à tous prix que ces gens arrêtent de mettre le feu parce qu’on est proche d’un gros sinistre et d’une grosse catastrophe.

 

- Craignez-vous le pire ?

- A chaque fois, ce sont quelques milliers de m2 qui brûlent. Le jour où le feu va nous échapper, parce qu’il nous échappera forcément une nuit ou un jour, il ne faudra pas venir pleurer chez les sapeurs-pompiers pour dire que c’est un désastre parce que beaucoup de personnes auraient du prendre leurs responsabilités bien avant !

 

- Ce n’est pas le cas ?

- Ce n’est pas forcément le cas parce qu’il n’y a aucune réaction.

 

- Demandez-vous à la population de réagir ?

- Je demande que le système global, qui est sous l’autorité du Préfet, réagisse à tous les niveaux, aussi bien les forces de police et de gendarmerie que les maires et la surveillance des citoyens pour empêcher que des gens continuent de mettre le feu et pratiquent ce genre de dégradation de l’environnement qui va avoir des répercutions sur l’habitat et, je n’espère pas, sur la vie des personnes. En disant cela, je ne fais pas de catastrophisme. Je rencontre le Préfet aujourd’hui pour lui demander de réagir.

 

- Vous dites que les mises à feux dans le Nebbiu sont volontaires ?

- Ce sont des mises à feu réelles et tellement bien pensées ! Ce sont des constructions de mises à feu avec la volonté délibérée de détruire. Je n’en connais pas les motifs, mais il y a, dans cette région-là, une volonté manifeste d’incendier le territoire. Or, quand on incendie le territoire, tout peut dégénérer. Il faut que chacun se ressaisisse pour éviter de connaître un désastre équivalent à ce qui se passe, aujourd’hui, en Espagne.

                                                                                   Propos recueillis par Nicole MARI

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Commentaires : 3
  • #1

    Carl'Anto (jeudi, 26 juillet 2012 01:31)

    Il faut les pendre par les pieds et les mettre au-dessus des flammes…

  • #2

    luca (jeudi, 26 juillet 2012 10:48)

    n'est-il pas opportun de se poser la question de la relation incendies-speculation immobiliere?

  • #3

    vittime (dimanche, 24 mars 2013 21:52)

    et ne pas se poser la question, pourquoi toujours la presence de ce L 200 vert imm. 1552 GW 2B