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Bruno Vellutini : « Porto Latino, c’est du bonheur pur ! »

Pour sa 14ème édition, le festival Porto Latino offre, du 30 juillet au 6 août, une belle affiche de stars avec Manu Chao en ouverture, l’insaisissable Catherine Ringer des Rita Mitsouko, le mythique groupe Earth, Wind & Fire, Magic System et le Hobo Charlie Winston… Des découvertes en 1ère partie et un collectif de DJs complètent la scène. Dans le cadre magique de la citadelle de Saint-Florent, ce rendez-vous annuel des musiques du monde se veut éclectique, joyeux, très festif et éco-responsable. Explications, pour Corse Net Infos, de Bruno Vellutini, son directeur.

- Qu’y-a-t-il de nouveau, cette année, à Porto Latino ?

- La nouveauté est forcément artistique puisque qu’on ne reprogramme pas les mêmes artistes d’une année sur l’autre. Nous privilégions la continuité tout en apportant des expressions artistiques nouvelles et en sensibilisant les gens à des styles de musique différents. La programmation est assez éclectique car nous ne nous renfermons pas dans un style musical particulier. L’éclectisme est aussi une façon de combattre le sectarisme, qu’il soit musical ou autre, qui est une chose que nous ne supportons pas. La continuité est aussi dans la démarche de ce festival qui propose, avant tout, chaque année, de venir s’amuser, partager des moments de bonheur musical et faire la fête. Au cœur de l’été, on a tous besoin de se détendre, de se lâcher un peu dans un lieu assez extraordinaire, un théâtre dans la mer.

 

- Quelle est la spécificité de la programmation 2012 ?

- La programmation a un fil rouge. Elle est très festive et de qualité. Elle propose des moments amusants, étonnants, comme le passage du Hobo Charlie Winston sur la scène de Porto Latino et Catherine Ringer, que nous attendions depuis longtemps. Avec, le groupe africain, Magic System, très festif, ceux, qui aiment danser, vont pouvoir s’éclater. Le groupe mythique Earth Wind And Fire promet un moment extraordinaire à tous ceux qui, comme nous, aiment le groove, la soul music et la soul funky. Ce sera encore mieux que, l’an dernier, avec Kool And The Gang.

 

- Pourquoi avoir décalé le concert de Manu Chao qui fait l’ouverture, le 30 juillet ?

- C’est le hasard du calendrier de Manu Chao qui était disponible le 30 ou le 31 juillet. Nous avons choisi la date du 31 juillet qui convenait à tout le monde. Le festival était programmé, au départ, les 3, 4, 5 et 6 août, mais finalement, ce n’est pas plus mal. La configuration particulière du concert de Manu Chao et l’affluence prévue vont nous obliger à installer différemment le site pour libérer de l’espace. Ce qui nous laissera 2 à 3 jours pour remettre le site en conformité festival tel que nous le connaissons.

 

- Combien attendez-vous de personnes pour Manu Chao ?

- On ne sait pas. Il faut poser la question à  vos lecteurs ! Nous espérons 4000 personnes.

 

- Comment avez-vous réussi à obtenir Catherine Ringer des Rita Mitsouko ?

- Catherine Ringer, ça fait un moment qu’on lui court après ! On souhaitait déjà la programmer à l’époque des Rita Mitsouko. Et puis, au hasard des calendriers, des éléments, parfois, se conjuguent pour être pile raccord sur des dates. C’est une artiste que nous aimons depuis toujours. Elle est en tournée avec un nouvel album et arrive auréolée par un titre aux Victoires de la musique. C’est finalement une bonne année pour la programmer.

 

- Ce festival n’était-il pas, comme son nom l’indique, à ses débuts, plutôt latino ?

- Il était, au départ, salsa et forcément latino puisque la salsa, c’est latino. Il est toujours latino avec, cette année, une représentante du Brésil, Flavia Coelho, et un représentant de l’Amérique du Sud, Manu Chao. D’autres expressions artistiques peuvent aussi être considérées comme latines. En revanche, il est vrai que ce festival n’est plus salsa.

 

- Pourquoi ?

- Parce qu’on a fait de la salsa pendant très longtemps, on a programmé tout ce qui pouvait se faire en salsa. Cette année, au vu des programmations et des tournées des groupes, nous n’avons rien trouvé qui nous plaisait vraiment et qui aurait été susceptible d’amener quelque chose de nouveau sur la scène de Porto-Latino. Pour autant, il n’est pas dit que nous ne programmerons plus de salsa. Peut-être l’an prochain !

 

- Parlez-nous des premières parties…

- Le festival programme, bien entendu, des têtes d’affiche, mais sa vocation première est de faire connaître au public corse des expressions artistiques nouvelles. Nous programmons des premières parties de très grande qualité avec des artistes peu connus, mais en devenir, et qui, généralement, explosent. Les deux dernières découvertes de Porto Latino, c’est quand même : Ben L’Oncle Soul en 2010 et Selah Sue, l’an dernier. Les premières parties sont importantes, c’est dommage de les rater. Aussi je demande au public de ne pas venir à 22h30, mais à 21h30 au début du spectacle parce qu’il y a des choses étonnantes qui se passent. Beaucoup ont raté Selah Sue, l’an dernier. Aujourd’hui, ils le regrettent, croyez-moi !

 

- N’y-a-t-il une autre nouveauté, cette année, avec les sets DJ ?

- Depuis plusieurs années, l’animation est assurée par un DJ résident qui s’appelle Lionel Corsini, alias DJ Oil. Cette année, nous avons décidé de créer un collectif qui sera le Collectif Porto Latino 2012. Deux Djettes corses, Marcelle et Fred, sont associées avec des DJ continentaux de renom : Emile Omar, programmateur de Radio Nova, Edouard Rostand, un des principaux protagonistes de Calvi on the Rocks, également Pfel et Greem, deux DJ du Collectif C2C qui marche fort. Ces rencontres musicales entre la Corse et le continent, entre les garçons et les filles, se feront, tous les soirs, en before, en changement de set et en after.

 

- Côté pratique, y aura-t-il, toujours, les navettes gratuites ?

- Oui. Ce principe de navettes gratuites s’inscrit dans une démarche d’éco-responsabilité et dans l’idée d’organiser une fête responsable. Il obéit à deux raisons : d’abord, donner l’accès du festival à tout le monde, même à ceux qui n’ont pas de permis de conduire, pas de voiture, pas de moyen de locomotion. Ensuite, permettre à ceux, qui ont envie, d’aller au bout de la fête, de profiter du comptoir et de pouvoir rentrer chez eux en toute sécurité.

 

- Pourquoi cette démarche environnementale dans un festival de musique ?

- L’environnement commence juste là, un cm après moi. Nous voulons que ce festival soit le moins impactant négativement sur l’environnement avec, par exemple, le tri sélectif dans des éco-zones, l’utilisation de gobelets recyclables sur tous les comptoirs, les navettes gratuites pour des transports en toute sécurité, les tarifs réduits pour ceux qui ont peu de revenus… Nous essayons de faire circuler l’idée que tout le monde doit respecter son environnement. En premier lieu, en respectant ses semblables. Ensuite, en faisant passer des notions de partage, d’entraide et de solidarité. La responsabilité est dans l’esprit de ce festival.

 

- Votre public est-il plus insulaire que touristique ?

- Il est essentiellement corse, à près de 80 %. Nous en sommes très contents parce que ce festival a été créé et continue d’être fait, avant tout, pour les Corses. En retour, il génère une économie tournée uniquement vers le local. A l’inverse d’autres évènements, nous ne faisons travailler que des sociétés insulaires. Nous faisons venir du continent uniquement ce que nous ne trouvons pas en Corse. Il est très important pour nous que l’économie, générée par ce festival, soit redistribuée en Corse et en soutien dans l’économie locale.

 

- L’été, la Corse regorge de festivals. Pourquoi faut-il venir à Porto Latino ?

- C’est un festival très festif. Tout est fait pour la mise en avant de la scène, du son, de la lumière et du confort festif du public. Où que l’on se trouve sur le site du festival, on voit et on entend parfaitement ce qui se passe sur scène. Il y a des aménagements, des pistes de danse, des espaces larges et très fluides où les gens peuvent s’amuser, danser en toute quiétude. C’est du bonheur pur ! On met un peu d’eau, on distille et le bonheur se répand !
                                                                                       Propos recueillis par Nicole MARI

Porto Latino pratique

- Tout sur www.porto-latino.com

 

- Les tarifs : 
- 30 juillet : La Troba Kung-Fù / Manu Chao = 33 € 
- 3 août : The Excitements / Earth Wind & Fire Experience feat Al McKay = 38 € 
- 4 août : Flavia Coelho / Magic System = 38 € 
- 5 août :  Sandra Nkaké / Catherine Ringer = 38 € 
- 6 août : Nina Attal / Charlie Winston = 43 € 
- Pass 3 soirs = 85 € / Pass 5 soirs = 146 €

 

- Les navettes gratuites partiront de Bastia, du fond de la place Saint Nicolas (côté office du Tourisme) à 19 heures. Le retour se fait au départ de Saint Florent, en face du Spar Sainte Anne, à 2 heures, sauf le dernier soir, le 6 août, à 3 heures.

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