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Francardo : Prumitei renaîtra-t-il de ses cendres ?

La reconversion du centre des arts du feu de Prumitei a fait débat, lors de la dernière session de l’assemblée de Corse (CTC), début juillet. Racheté par la CTC, il avait, pour objectif initial, la valorisation du travail de la terre, du verre et du bronze. L’exécutif territorial voulait le requalifier en centre culturel à dominante formation artistique, mais les nationalistes modérés ont amendé le projet afin qu’il retrouve sa vocation artisanale. Explications, pour Corse Net Infos, d’Agnès Simonpietri, élue territoriale du groupe Femu a Corsica.

- Quel a été l’objet du débat concernant Prumitei, lors de la dernière session ?

- Prumitei était un projet magnifique d’un centre des arts du feu, qui a abouti partiellement et s’est, malheureusement, arrêté après avoir connu quelques soucis. La CTC a décidé de racheter les bâtiments qui avaient été mis aux enchères. Mais, elle ne peut pas, légalement, acquérir et prendre en charge un centre de cette importance, quelque soit sa vocation, sans définir, au préalable, un projet d’utilisation. A la demande des élus de Femu a Corsica, un premier groupe de travail, dont je faisais partie, s’est mis en place, en 2011, pour tenter de définir un projet.

 

- Pourquoi y a-t-il eu polémique ?

- Il y a un mois, nous avons été saisi d’une modification très importante du projet initial. Le groupe de travail a été suspendu de ses activités alors qu’il avait déjà des propositions partiellement prêtes. A la session du 5 et 6 juillet derniers, l’exécutif nous présente un rapport avec un projet qui n’a rien à voir avec la vocation initiale du centre. Garder cette vocation première, basée sur l’artisanat et le développement d’activités artisanales de production, de commercialisation, de valorisation des savoir-faire autour de la terre, était la proposition du groupe de travail qui avait, d’ailleurs, travaillé sous la responsabilité de l’ODARC, mais l’exécutif n’en avait pas tenu compte.

 

- Quel était le projet retenu par l’exécutif ?

- Le projet proposait un changement de vocation de ce centre et envisageait sa requalification en centre culturel : musique, danse, etc. Il ne nous convenait pas. D’abord, au niveau de la méthode, parce que le groupe de travail a travaillé et avait des propositions à faire. Ensuite, au niveau de sa requalification en centre culturel qui très restrictive. Même, si le vide culturel est une réalité dans le centre de la Corse et s’il existe effectivement une demande pour l’accès à la culture de la part des plus jeunes, des écoles, etc, ce projet ne correspond pas, à notre sens, à ce que pourrait devenir, dans la lignée de sa vocation originelle, le centre de Francardo. Notre groupe politique, Femu a Corsica, a, donc, demandé à la CTC d’amender le rapport qui nous était présenté.

 

- En quoi consiste votre amendement ?

- Nous avons déposé un amendement de façon à oublier cette requalification ou, du moins, à l’élargir pour retrouver la vocation multiforme du centre. A côté de la musique, la danse, etc, il faut, aussi, garder toute la partie artisanale : artisanat d’art, arts appliqués, arts plastiques… de façon à créer un centre qui associe, à la fois, la production et la culture. Nous proposons une vision beaucoup plus large autour de la formation, de l’enseignement, de la conservation et de la mise en valeur des savoir-faire.

 

- Cet amendement a finalement été adopté…

- Cet amendement a été voté à l’unanimité parce qu’il allait dans le sens de l’histoire de ce site, une histoire très ancienne puisque les locaux abritaient, à l’origine, une briqueterie, et dans le sens du travail fourni par le groupe qui avait été mandaté par l’assemblée.

 

- Y aura-t-il des artisans installés sur le site ?

- Toutes les modalités restent encore à définir par le groupe de travail. Qui va porter les projets ? Comment ? Y a-t-il des acteurs locaux encore prêts à s’investir ? Beaucoup d’éléments sont encore à déterminer. Le centre est en devenir.

 

- Y a-t-il un calendrier prévu ?

- Nous avons demandé que le groupe de travail reprenne son travail. C’est, de nouveau, lui qui proposera et la CTC validera. Le calendrier et la mise en œuvre sont, par contre, décidés par le Conseil exécutif. Mais, nous serons vigilants sur la manière dont cela sera fait.

 

- L’achat des locaux a-t-il été réalisé ? A quel prix ?

- Oui. L’achat est effectif. Son principe a été validé, l’année dernière, par l’assemblée. Il a coûté 870 000 € à la CTC.

 

- Le centre aura besoin de subventions pour fonctionner. Vu l’état des finances de la CTC et l’énormité des besoins structurants, est-il raisonnable de dépenser autant d’argent pour un centre culturel ?

- La création de ce centre s’inscrit dans la ligne de revitalisation de l’intérieur dont on parle à longueur de temps. Pour une fois que nous avons une occasion de rentrer dans du concret, cela aurait été dommage de passer à côté. C’est pour cela que Femu a Corsica a appuyé cette proposition en l’amendant.

 

- Le pari ambitieux de Prumitei I a été un grave échec. Croyez-vous à l’avenir de Prumitei II ?

- C’est un centre qui a un potentiel absolument incroyable. Nous y croyons beaucoup, comme tous ceux, qui ont lancé le premier projet Prumitei, y croyaient. Nous pensons qu’il faut s’inscrire dans la durée. Peut-être que le premier Prumitei a été fait un peu rapidement et que l’exigence économique a entraîné des difficultés, mais c’est un centre qui a vraiment un grand avenir. Maintenant, nous attendons de voir comment nos propositions vont se traduire concrètement.

                                                                                    Propos recueillis par Nicole MARI

Prumitei I, un pari perdu !

Le centre des arts du feu de Prumitei est né, le 14 mars 2006, de l’ambitieux pari de réhabiliter un site industriel, une ancienne briqueterie située au cœur du milieu rural, pour y installer une production artisanale et attirer les touristes curieux de s’initier à des métiers d'arts et de découvrir des produits nouveaux. L’objectif était de regrouper en un même lieu, les artisans œuvrant dans les domaines de la forge, du métal, du verre et de la céramique, en faisant cohabiter des espaces de production, de découverte, de commercialisation, d’histoire et de détente.

Un dérapage financier

Présenté comme une réussite exceptionnelle d’implantation en milieu rural, le centre de Francardo dérape rapidement et affiche un déficit de 2,2 millions d'euros, malgré plus de 1,2 million € de subventions publiques versées par l’Etat, l’Union Européenne et la CTC.

Deux ans seulement après son ouverture, il est mis en liquidation judiciaire. La CTC, qui l’avait financé à  hauteur de 500 000 €, se retrouve contrainte de racheter les locaux aux enchères pour un montant de 870 000 €.

Des locaux équipés

Le centre comprend l’usine rénovée avec une salle polyvalente, un théâtre de verdure et un parking appartenant à la communauté de communes d’Aghja Nova, ainsi que 3 ateliers, une boutique, un restaurant et des bureaux, le tout entièrement équipé. Sa localisation sur la commune de Francardo permettrait de desservir un territoire important comportant notamment le centre Corse (Corte, Casanova, Vivario...), le Bozio (Sermano, Alando, Santa Lucia di Mercurio...), le Niolu (Albertacce, Calacuccia...) et les communes de la Vallée du Golo (Aiti, Morosaglia, Moltifao...), soit, potentiellement, un bassin de population de plus de 10 000 habitants.

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Commentaires : 1
  • #1

    perry serge (samedi, 08 mars 2014 20:12)

    cela n engage que moi, mais la ctc est riche surtout en mauvaise gestiond abord 500 000euros ensuite 870 000euros alors qu au niolo ce montent des petites entreprises artisanales et agricoles ne touchant aucune subventions ce dépètre dans de nombreux problèmes grace a nos chers élus :conseil général ,maires ,ne ce bougent pas et aujourd hui beaucoup de promesses qui comme d habitude ne seront pas tenue. vous parlez des jeunes les dossiers ils les envoie et c est niet . un exemple pour l artisan menuisier de lozzi d aprés le maire du village l adec devrait prété 10 000euros oui c est bien mais faut renboursé tout de suite 4 000 euros c est ce moquer des jeunes courageux qui veulent travailler et vous voulez la mort du niolo é bonna sera