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Alain Mosconi, STC : « Nous sommes pour la présence de la SNCM sur Toulon »

L’extension du périmètre de la Délégation de service public (DSP) à Toulon fait réagir les syndicats de la SNCM, la compagnie délégataire, initiatrice du projet. Le Sindicatu di i Travagliadori Corsi, section STC Marins, y est favorable, avec quelques bémols. Son secrétaire général, Alain Mosconi, réaffirme, à Corse Net Infos, que la priorité reste la création d’une compagnie maritime corse pour maîtriser les transports et l’ouverture vers d’autres ports méditerranéens, notamment ceux de Catalogne.

- Etes-vous favorable à l’extension du périmètre de la DSP maritime au port de Toulon ?

- L’idée, en elle-même, peut sembler vertueuse, seulement elle comporte plusieurs risques d’ordre juridique. Nous sommes fermement pour la présence de la SNCM sur Toulon. Déjà, par principe, nous ne pouvons pas consentir qu’il puisse n’y avoir que la Corsica Ferries. Ensuite, parce que les Corses et la Corse veulent la présence de la SNCM à Toulon. Pour autant, on ne peut pas faire tout et n’importe quoi. Il nous faut construire un édifice fort et s’extraire de la logique dans laquelle on voudrait nous enfermer : plus de Toulon ! Moins de Toulon ! Il faut concevoir le transport de manière globale.

 

- Qu’entendez-vous par là ?

- Cela veut dire : la relation de la Corse à la Sardaigne, à la Catalunya et à son environnement. Toulon, dans cette histoire, à ce moment-là, devient accessoire.

 

- Quelle est la position des salariés de la SNCM, dont certains ont fait grève contre la présence de leur compagnie à Toulon ?

- Les salariés STC ont toujours été favorables à la présence de la SNCM à Toulon. D’autres ont fait des grèves, ces deux dernières années, pour empêcher les navires de la SNCM d’aller à Toulon, nous n’y avons pas participé. Ce qui choque, c’est que certains, à Marseille, ne considèrent la présence de la SNCM que dans un cadre de service public alors que les compagnies privées ont fait la démonstration qu’on peut y aller en dehors d’une DSP. Il nous faut, maintenant, convaincre de la nécessité pour nous d’être à Toulon et comprendre le désir de la CTC de préserver la concurrence. Et, donc, de construire quelque chose qui permet à plusieurs structures d’évoluer sur Toulon.

 

- Que pensez-vous de l’idée de dissocier le trafic fret et le trafic passagers sur ce port ?

- Ce serait possible, mais également attaquable à  Bruxelles. Il y a donc peu de marges de manœuvre. En cristallisant sur Marseille et Toulon, on en perd l’essentiel.

 

- Quelle est, pour vous, la solution ?

- Il faut repenser globalement les services publics de la Corse avec des points d’ancrage sur le continent français, Marseille et Toulon, mais également des points d’ancrage sur le continent européen : la Catalunya et la Sardaigne. Il faut surtout posséder nos navires, dans un cadre juridique spécifique, une entité publique régionale afin de répondre à cette attente des Corses dont la majorité veut la compagnie régionale, veut aller en Catalunya et en Sardaigne dans un cadre de service public.

 

- Comment interprétez-vous la grande prudence de l’exécutif de la CTC vis-à-vis de la création d’une compagnie maritime corse ?

- Il a raison. Nous-même, nous avons dit qu’une compagnie corse ne pourra pas se créer ex-nihilo et qu’elle serait soumise à concurrence. C’est risqué, mais la politique, c’est le risque. Après, il y a l’immobilisme qui pousse vers le catastrophisme parce que les choses se font sans nous. Le risque, lorsqu’on est à la barre d’un navire, c’est de prendre un écueil, mais, bien souvent, on arrive à bon port. Donc, nous partons du principe qu’il faut tenir le navire pour éviter l’écueil. Or, aujourd’hui, à défaut d’être sur le Radeau de la méduse, nous sommes sur quelque chose qui va à vau-l’eau, sans trop savoir quel est le bon cap.

 

- Pensez-vous que l’exécutif arrivera à trancher entre l’impératif social et un intérêt exclusivement corse ?

- La politique, c’est le courage. Alors si pour l’exécutif, le courage, c’est d’attendre que l’édifice s’effondre... ! On peut considérer que c’est une forme de courage. Pour nous, le courage, c’est de dire, dès aujourd’hui, ce que nous attendons des transports et de mettre, dès demain matin, le système en place que sont en droit d’attendre la Corse et les Corses.

 

- C’est-à-dire une compagnie régionale ?

- Il ne peut y avoir d’autre solution pour nous que par le biais d’une entité publique corse ouverte sur l’ensemble du bassin méditerranéen occidental.

 

- La feuille de route maritime que dessine la CTC n’est donc, pour vous, pas valable ?

- Pour nous, elle a déjà quelque temps de retard. Parler de l’avenir de la Corse n’est pas parler de choses obsolètes. Pour nous, l’avenir de la Corse est devant et se construit sur des objectifs importants et clairs. Arriver à la Catalunya serait innovant ! Combien de fois, dans un cadre de service public, la Corse a-t-elle pu échanger avec la Catalunya ? Jamais ! Avec la Sardaigne ? Jamais ! Le préconiser est courageux. Le mettre en place est innovant. C’est l’avenir ! Il faut nous tourner vers ce genre de projets car la Corse a le droit de vivre avec son temps.

                                                                                   Propos recueillis par Nicole MARI

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Commentaires : 1
  • #1

    Joker-Docker (mardi, 10 juillet 2012 00:30)

    Ne courrons pas à la catastrophe pour aller d'emblée en "Catalunya" ou en "Sardinia", on pourrait aller sur Sète par exemple (Un port commercial complètement métropolitain oublié par les pouvoirs publics sur la destination Corse à contrario du Maghreb) mais géographiquement très très bien placé pour le Sud Ouest se dirigeant vers la méditérranée,Bordeaux/Montpellier//Toulouse/Côte Atlantique et aussi coincidence vers l'Espagne donc la "Catalunya" toute proche à deux pas, donc en coupant la poire en deux on multiplie les économies, exemple à partir d'Ajaccio, guère plus long que sur Marseille. La Cie Corse est inéluctable à terme c'est sûr, c'est même dirais-je naturel, mà pè piacè, amichi, un rifemu micca è stesse cacade cumè sempre...Pè a magghja bruciata ci simu passati è vera ò nò ?.../...