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Jusqu'à 20 ans de réclusion requis au procès du FLNC-UC à Paris

Des peines de prison ferme, quatorze, allant de un à vingt ans ont été requises jeudi dans le procès des militants du FLNC-UC, jugés devant la cour d'assises spéciale de Paris pour quinze attentats attribués à une "cellule jeunes"  de l'Union des combattants.

On impute au groupe un tir de roquette le 15 septembre 2007 contre la caserne de CRS d'Aspretto, le mitraillage du tribunal d'Ajaccio le 20 février 2008 au cours duquel un projectile s'était fiché dans le portefeuille d'un CRS, ainsi qu'un attentat à la grenade contre la préfecture de région le 20 décembre 2007.

"Le FLNC-UC est la principale organisation indépendantiste clandestine corse et la cellule de jeunes montée en septembre 2007 à Ajaccio, entre copains de quartier, d'enfance, de lycée, alors âgés d'une vingtaine d'années, en fut le bras armé", selon l'avocat général, Olivier Bray qui a prononcé un sévère réquisitoire de plus de cinq heures, distinguant dans la cellule le niveau "qui casse et brûle", le niveau qui "fournit" les armes pour l'action, et le dernier échelon de "la "vigie qui surveille" et "reste à la maison".

Ce dernier rôle est dévolu, selon l'accusation, à Paul Istria, un militant nationaliste de 54 ans décrit comme l'homme qui "tire les ficelles" au sein de ce groupe.

C'est contre lui que la peine la plus lourde, vingt ans dont une sûreté des deux tiers, a été requise. L'accusé, au casier vierge, conteste avoir dirigé la cellule.

Du côté des organisateurs des attentats, le parquet général a également distingué Christophe Giannesini, patron du bar La Tana, dans le vieil d'Ajaccio, qui aurait aidé Istria à créer dans un autre quartier de la ville une importante cache d'armes. Contre lui et deux autres accusés, 10 ans de prison avec sûreté des deux tiers ont été requis.

Autre bras armé de Paul Istria et chef opérationnel du groupe, selon l'accusation : Joseph Nasica, contre lequel 16 ans ont été réclamés. Même peine requise envers Jean-Marie Pittiloni, auteur revendiqué du mitraillage du tribunal, qui nie cependant l'intention homicide.

Deux peines de 8 ans - toutes assorties d'une sûreté des deux tiers - ainsi que deux peines de 4 ans et deux peines de 3 ans ferme ont été requises contre les accusés soupçonnés d'avoir participé, à des degrés divers, à une ou plusieurs actions terroristes.

Contre des dépositaires, acquéreurs d'armes et de munitions, chauffeurs de véhicules ayant servi à ce groupe connu sous le sobriquet de "Canal gamins", quatre peines de sursis et deux peines de un an ferme ont été requises.

L'interpellation, le 7 juillet 2008, d'Istria et de Giannesini en Corse-du-Sud avait marqué le démantèlement de la cellule. La veille, ils avaient participé à une réunion de plusieurs mouvements nationalistes, à Corte, dans le but de refonder le nationalisme corse.

Le verdict, dans ce procès qui a débuté début juin devant la cour composée uniquement de magistrats professionnels, est attendu mardi.

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