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Gilles Simeoni : «Le maire peut stopper le projet d’Agliani»

Le leader de l’opposition municipale bastiaise et candidat aux législatives dans la 1ère circonscription de Haute-Corse se fait le porte-voix des habitants d’Agliani, qui refusent la modification du PLU concernant le déplacement de la zone UZAC d’Erbajolo vers le chemin d’Agliani dans le but d’y reloger les populations de gens du voyage, gitans et manouches. Gilles Simeoni explique, à Corse Net Infos, la problématique de ce déplacement qui ne satisfait aucune des parties intéressées et demande, donc, à la municipalité d’y renoncer.

 Vous avez posé, lors du Conseil municipal, une question orale concernant la polémique du relogement des manouches à Agliani. Qu’en est-il exactement ?

- Il faut resituer les choses dans leur contexte. Il y a 20 ans, la municipalité a fait l’acquisition d’une grande partie des terrains appartenant aux résidents d’Agliani à un prix dérisoire : 90 F le m2. Elle avait expliqué aux vendeurs que le reliquat des terrains qu’ils avaient conservé, et sur lequel en général ils ont construit leur maison, allait gagner une plus value importante parce que, sur les terrains achetés, elle allait installer une technopole avec des entreprises à forte valeur ajoutée et des services de proximité, etc. Les habitants ont donc vendu dans ces conditions. Rien n’a été construit. C’était déjà une première façon de les abuser. Aujourd’hui, ils apprennent, par hasard, à la lecture d’un entrefilet minuscule dans le journal, que la municipalité de Bastia compte installer une communauté importante de gens du voyage sur les terrains à proximité immédiate de leurs habitations. Cette décision a été prise dans la précipitation, sans les consulter.

 

- Critiquez-vous la méthode employée ?

- La méthode adoptée par la majorité municipale est catastrophique puisqu’elle n’a associé à la concertation, ni les résidents d’Agliani, ni la communauté des gens du voyage. Les gens sont inquiets. Ils ont signé massivement une pétition qui a, déjà, recueilli mille signatures. Ils ont consigné plus de 500 observations sur le registre de l’enquête publique, ce qui montre bien leur malaise profond. Ce n’est pas en laissant cette inquiétude sans réponse qu’on apaisera le conflit !

 

- Qu’en pense la communauté des gens du voyage ?

- Les gens du voyage ont le droit de vivre dans des logements décents. C’est une évidence. Cette communauté est composée de gitans et de manouches. Les gitans, d’origine espagnole, sont des gens sédentarisés depuis 40 ans, qui vivaient, dans des conditions difficiles et parfois même indignes, dans, ce qu’on appelait, la cité de transit. La majorité municipale et ses prédécesseurs ont laissé créer et perdurer cette situation pendant 40 ans. C’est un premier scandale social. Les gitans ont été expulsés en 15 jours et relogés arbitrairement dans différentes HLM de la ville où ils sont éparpillés. Cela pose des difficultés.

 

- Pourquoi ?

- D’abord, en les expulsant, on a supprimé  leur entreprise. Sur le terrain qu’ils occupaient, ils faisaient de la vente déclarée de véhicules d’occasion. N’ayant plus ce terrain, ils ont du cesser leurs activités et, donc, se retrouvent en difficulté. Ensuite, leur vie communautaire pose problème dans les HLM. Ce sont des gens qui vivent dehors, qui ont une culture familiale très forte et qui jouent de la guitare tard dans la nuit. Il y a des conflits de voisinage.

 

- Et les manouches ?

- C’est une population d’origine est-européenne qui, pour la plupart, n’est pas sédentarisée. C’est cette population de gens du voyage que l’on veut installer sur le terrain à côté des résidents d’Agliani et qui, elle non plus, n’a pas été consultée. Face à cette situation potentiellement conflictuelle, il ne faut pas essayer de passer en force comme le fait la majorité municipale. Il faut prendre acte qu’il y a eu un déficit d’information et de concertation et envisager d’autres possibilités en associant les gens.

 

- L’enquête publique en cours va se faire l’écho de ces opinions massivement défavorables. Peut-on préjuger qu’elle va en tenir compte dans son avis ?

- On ne peut pas préjuger d’une enquête publique. Le commissaire enquêteur n’est pas tenu par les opinions défavorables. Il apprécie simplement le projet par rapport à sa légalité dans un examen extrêmement sommaire. La décision est fondamentalement politique. De qui dépend aujourd’hui ce projet de modification du PLU de Bastia ? Il a été voulu par le maire, et par lui seul. Le maire doit se rendre compte que ce projet a été présenté dans des conditions déplorables, qu’il ne peut pas passer en l’état. Il faut arrêter de pratiquer la politique du fait accompli. Qui diligente cette opération ? Ce n’est pas la commune de Bastia, elle-même, c’est la CAB où le maire et son équipe municipale sont majoritaires et où nous, l’opposition, ne sommes pas représentés. On est déjà en train de vendre les terrains qui, peut-être, pourraient servir au relogement des communautés de gens du voyage. Donc, si on attend trop pour discuter et réfléchir à d’autres solutions, on ne trouvera plus de terrain !

 

- Le maire dit qu’il se conformera à la décision du commissaire enquêteur. Que pensez-vous de sa réponse ?

- Le maire de Bastia n’a pas eu la volonté  de répondre sur un plan politique aux questions claires que je lui posais. Il a envoyé au front, Emmanuelle de Gentili, adjointe en charge de l’urbanisme, qui s’est contentée d’une réponse technique. Si le maire le veut, il a la possibilité de stopper ce projet et d’en redéfinir un nouveau. Et, c’est ce qu’il faut faire !

 

- Pour vous, il ne le veut pas ?

- Il ne le veut absolument pas. Mais, en l’état actuel, il serait bien inspirer d’entendre le mécontentement, à la fois, de la communauté des gens du voyage et des résidents d’Agliani.

 

- Il vous accuse de faire de la propagande électorale. Que répondez-vous ?

- C’est un problème qui a été posé à son initiative, il y a trois mois. Et cela fait trois mois que nous l’interpelons, aux côtés des résidents d’Agliani notamment, sur le fait que ce projet est mal concocté. S’il ne s’était pas enfermé dans le mépris et dans l’indifférence, ce problème aurait été traité depuis longtemps, en tous cas bien avant la période électorale.

                                                                                      Propos recueillis par Nicole MARI

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Commentaires : 3
  • #1

    Un comble (mercredi, 30 mai 2012 21:26)

    Les ventes de véhicules déclarées ...ces braves gens TOUCHENT le RSA et tout passe au black ...
    PULITICHELLA QUAND TU NOUS TIENS

  • #2

    Ils veulent trop ?? (mardi, 05 juin 2012 10:55)

    un terrain avec caravanes pour leurs trafics (et bruler les cables electriques a longueur de journée)et des logements sociaux a lupino et montesoro ??nuisances pour tout le monde..si ceux sont des gens du voyage : ils n'ont qu'a voyager!ici ces tjours les memes ???
    PULITICHELLA QD TU NS TIENS exact!

  • #3

    sambucucciu (mercredi, 13 juin 2012 14:30)

    Ava Gilles si face u porta voce di a teoria
    " not in my background"
    Ghjucanu di a guitara, anu una pulitica famigliale forte, campanu fora !
    Ma ghje u populu corsu sunniatu !
    Pas de references aux odeurs ?