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Paul Léonetti : « Qu’ont fait les quatre députés pour la Corse ? »

Candidat de Corsica Libera dans la 1ère circonscription de Corse du Sud, Paul Léonetti, accompagnée de sa suppléante Vanina Buresi, va faire son baptême de feu électoral face au député-maire sortant Simon Renucci et au conseiller général UMP Laurent Marcangeli. Ce commerçant ajaccien, dont la candidature couronne 30 ans d’engagement nationaliste, explique, à Corse Net Infos, que les députés insulaires n’ont jamais rien fait pour la Corse, ne l’ont même pas défendue et que le changement est toujours venu des nationalistes.

- Pourquoi avez-vous décidé d’être candidat ?

- Je n’ai pas décidé d’être candidat. C’est Corsica Libera qui m’a demandé de me présenter et je ne me suis pas dérobé, je suis militant.

 

- Etait-il important d’être présent dans cette élection ?

- Ce débat, à propos de notre présence aux législatives, a existé pendant longtemps dans le mouvement. Il est clair que nous ne pouvons pas faire l’impasse sur les évènements électoraux, même si nous ne sommes pas les premiers bénéficiaires de ce genre d’opération. Mais ils sont une occasion de rappeler pourquoi nous sommes nationalistes, pourquoi nous pensons que la souveraineté nationale est indispensable pour un bon développement… Tout ce que nous disons depuis tellement longtemps. Alors nous ne pouvons pas refuser cette audience.

 

- Quel est, pour vous, en tant que nationaliste, le véritable enjeu de cette élection ?

- Le véritable enjeu de la présence nationaliste aux législatives est de rappeler notre discours, nos motivations et, surtout, de dire aux Corses : vous envoyez, depuis longtemps, quatre députés à l’Assemblée nationale, qu’ont-ils fait pour vous ? Pour la Corse ? Quel débat a eu lieu, au niveau national, concernant la Corse et son traitement particulier ? Que s’est-il passé à l’occasion de la suppression des Arrêtés Miot ? Où étaient les députés de la Corse à ce moment-là ? Ils dormaient ! Ils avaient changé d’hôtel ! Ils n’étaient pas au courant ! Il faut un député nationaliste qui représente les Corses à l’Assemblée Nationale pour défendre la Corse et proposer une nouvelle distribution politique dans cette vieille République très jacobine depuis bientôt 250 ans.

 

- Quelle est, selon vous, la première priorité d’un député corse dans la conjoncture actuelle ?

- Le député élu pour la Corse est là pour rappeler que cette Corse est traitée pour ce qu’elle vaut au niveau national, c’est-à-dire 0,4 % de la population totale. Avec ce genre de représentation, on est forcément en queue de peloton. Ce qui est important, c’est d’expliquer, à l’ensemble du pays, la nécessité d’introduire de la proportionnelle pour faire exister les territoires et donner de la place à la véritable démocratie, celle qui intéresse la majeure partie de la population, pas seulement ceux que la République a désigné pour la représenter dans une bi-polarisation politique qui sévit depuis les années 50.

 

- Si vous étiez élu, quelle serait votre priorité pour la 1ère circonscription de Corse-du-Sud dans laquelle vous vous présentez ?

- J’userai de mes prérogatives de député pour immédiatement revenir sur le découpage électoral infâme que l’on subit depuis des années. Comment 16 000 habitants d’Ajaccio votent-ils à Porto-Vecchio ? Ma première mission serait de retrouver l’intégralité du territoire. C’est un débat qu’il faut poser.

 

- Vous vous présentez contre des poids lourds politiques, dont le député-maire sortant et le conseiller général de droite. Comment allez-vous vous positionner ?

- Je ne me positionne pas vis-à-vis d’eux. Ces gens représentent, chacun, une vision politique nationale française. Je serais surpris que la droite rassemblée le reste et qu’elle n’éclate pas. L’actuel député est député par défaut. Il a bénéficié de l’éclatement du parti bonapartiste et du désert politique de la 1ère circonscription. Je suis un outsider dans ce jeu-là. Je crois que les vrais gagnants sont ceux qui porteront un message politique vrai, responsable et moins langue de bois. Et si nous sommes récompensés à ce niveau-là, ce sera déjà pas mal.

 

- Dans cette circonscription, l’ampleur du vote Le Pen vous a-t-elle surpris ?

- Si on considère que le vote Front National est proportionnel à l’angoisse, à la détresse et au doute des gens, cela ne me surprend pas en Corse. Malheureusement, dans notre île, il y a du doute et du désespoir. L’avenir n’est pas serein. Les gens ne se sentent pas maîtres de leur destin. Nous voulons leur faire comprendre que pour être maître de son destin, il faut le prendre en main d’ici, et pas attendre d’ailleurs une solution ou une miracle. Le vote de Marine Le Pen montre, principalement, la faillite et la fonte de l’électorat de Sarkozy.

 

- Beaucoup de nationalistes auraient voté Marine Le Pen. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

- Non. C’est encore une fois le mauvais procès que l’on fait aux nationalistes. On les traite de xénophobes, de réactionnaires. Les nationalistes sont tout, sauf cela. Ils ont porté le débat politique. Tous les changements, qui ont eu lieu dans ce pays, l’ont été à leur instigation. Le vote nationaliste n’appartient ni à la droite, ni à la gauche et encore moins au Front National.

 

- En tant que candidat, allez-vous prendre en compte ce vote ?

- Certainement pas. Je porte le même discours depuis longtemps. Nous avons notre commentaire politique, notre position et nos propositions, nous n’en démordons pas. Nous n’allons pas essayer de coller aux thèses du front National.

 

- Mais qu’allez-vous dire à ces électeurs dont le vote exprime, selon vous, le doute et le désespoir ?

- Justement. Que nous avons une bonne raison de nous présenter aux élections. Ce que nous répétons depuis longtemps n’est peut-être pas assez entendu. Nous avons des solutions pour ce pays. Qu’ils nous écoutent !

 

- Quel score espérez-vous faire dans cette élection ?

- Aucun pronostic. Comme n’importe quel candidat qui se présente à cette élection, je ferais tout mon possible pour obtenir le meilleur score. La dernière fois qu’un nationaliste s’est présenté à cette élection, c’était mon ami Jean-Marie Poli, il avait fait un score très honorable de 10,5 %. A ce moment-là, il luttait seul. Aujourd’hui, nous sommes deux candidats nationalistes. On verra bien.

                                                                                       Propos recueillis par Nicole MARI

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