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Michel Stefani : " Donner le pouvoir financier au peuple"

Élu territorial et candidat du Front de Gauche dans la 1ère circonscription de Haute-Corse, Michel Stefani apporte son soutien à Jean-Luc Mélenchon dans sa course à la Présidentielle. Il exprime toute sa satisfaction devant cette dynamique populaire et explique, à Corse Net Infos, que sa priorité est de battre la droite et de rendre le pouvoir financier au peuple.

- Jean-Luc Mélenchon rassemble les foules à chaque meeting. Êtes-vous surpris de son impact  ?

- Il répond à une attente des électeurs qui ont trouvé dans sa candidature et dans le Front de Gauche une réponse en termes de programme et de démarche. Une démarche nouvelle, qui bouscule les lignes et montre que le peuple doit saisir la possibilité de se faire entendre et de construire le changement. C'est le coeur de notre programme intitulé "L'humain d'abord ", que nous avons mis en débat dans tout le pays à travers des assemblées citoyennes et que nous souhaitons amener le plus loin possible.

 

- Quelle est la raison de cet engouement ? La personnalité de Mélenchon ou la dureté de la crise économique ?

- Il y a, comme cela, des rendez-vous qu'il ne faut pas rater et qui dépendent de beaucoup de choses. Des éléments s'imbriquent les uns dans les autres et font qu'une dynamique voit le jour. Il y a la personnalité incontestable de Jean Luc Mélenchon et le choix fait par les communistes en juin dernier de le désigner candidat du Front de gauche. Il y a cette réunion d'organisations, le PCF, la gauche unitaire..., et de personnalités qui permet, aujourd'hui, d'aller plus loin dans l'élargissement du Front de gauche. Il y a, sans doute aussi, la réflexion par rapport à la crise. Les gens souhaitent que l'on s'attaque au pouvoir financier pour le donner au peuple.

 

- Assiste-t-on au renouveau de la gauche de la gauche ?  

- Non. On n'est pas à gauche de la gauche, on est à gauche. Nous travaillons pour battre la droite. C'est une nécessité absolue. Il faut sortir du quinquennat Sarkozy qui est celui des riches et des très riches. Il devait réguler le capitalisme, il n'a rien régulé du tout. Il nous explique que s'il n'est pas là, on va se retrouver au même niveau que la Grèce ou l'Espagne, que personne n'est capable de résister comme lui au pouvoir des banques et du capitalisme financier. La première chose, qu'il a faite, a été de capituler devant Mme Merkel qui a fixé les règles et le fonctionnement de la Banque centrale européenne. Il mène une politique terrifiante au prétexte de la sécurité, qui n'a plus rien à voir avec l'esprit des Lumières, avec le fond de l'esprit républicain. C'est très préoccupant.

 

- Lors de son meeting en Corse, Jean Luc Mélenchon a attiré un millier de personnes. Fera-t-il, selon vous, un bon score dans l'île ?

- À travers les initiatives publiques que nous prenons, nous sentons émerger quelque chose de nouveau, cette fameuse dynamique qui correspond à un état d'esprit partagé. Nous rassemblons, bien sûr, celles et ceux qui ont fait le choix du Front de Gauche, mais au-delà, dans une frange de l'électorat qui, peut-être, s'était écartée de la politique et trouve dans cette candidature et la démarche du Front de Gauche suffisamment d'intérêt pour y revenir. Beaucoup de jeunes et de nouveaux électeurs s'intéressent aux propositions que nous développons.

 

- Le PS craint que la poussée de Mélenchon ne mette François Hollande en difficulté.

- C'est une absurdité. En réalité, plus Mélenchon monte, plus la gauche a de chance de gagner.

 

- Le PS dit que son programme n'est pas négociable avec le Front de gauche. Cette position peut-elle remettre en cause une union au 2nd tour ?

- Évidemment, cela peut poser des problèmes et laisse peu d'espace à la discussion. Pour autant, nous ne nous y résolvons pas, nous voulons véritablement que la gauche gagne. Des centaines de milliers de personnes réunies dans les meetings, qui s'intéressent à la démarche, à une candidature, aux propositions portées par le Front de gauche, cela a une signification. Le PS ne peut pas l'ignorer, rester indifférent à ce qui se passe, sauf s'il veut perdre les élections.

 

- Si François Hollande est élu, les analystes estiment que sa marge de manœuvre sera réduite ?

- Ceux, qui analysent, ne risquent rien. Leur salaire, leur logement, leur voiture, leurs vacances et leur santé sont garantis. Inversement ceux, qui n'ont rien, commencent à se poser des questions. Ne peut-on pas s'attaquer à tout cet argent qui s'accumule, disparaît dans des bulles, qui est sur des marchés, dans des paradis fiscaux sans que, soi-disant, on ne puisse rien y faire ? Rarement, on a accumulé autant d'argent, y compris dans notre pays, dans une période de crise où la pauvreté, le chômage et tous les indicateurs sociaux montrent l'impact de cette crise. Par ailleurs, on distribue des milliards de dividendes, les dirigeants des entreprises du CAC 40 continuent d'avoir des salaires inimaginables pour un ouvrier qui est au SMIC. Ceux qui ne veulent pas entendre ce message se trompent et cherchent des échappatoires. C'est ce que fait aujourd'hui Nicolas Sarkozy.

                                                                                      Propos recueillis par Nicole MARI

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