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Nicolas Sarkozy à Ajaccio : " Une détention d'armes qui est insupportable "

Président de la République d'abord. Candidat à l'élection présidentielle ensuite. Le président de la République Nicolas Sarkozy a d'abord rendu hommage, vendredi, à Ajaccio  aux forces de sécurité et aux magistrats pour leur action en Corse après une réunion de travail sur le thème de la sécurité  à la préfecture  en présence de Clauide Guéant, ministre de l'Intérieur, et Michel Mercier, ministre de la Justice. Le candidat à l'élection présidentielle a visité, ensuite, une conserverie près d'Ajaccio puis a tenu une réunion publique au palais des congrès.

Le président de la Republique, qui auparavant avait déposé une gerbe  à la mémoire de Claude Erignac, a fait le point devant les journalistes sur la réunion qui venait de se tenir à a préfecture.
- La reconnaissance du gouvernement
" J'ai dit aux forces de police et de gendarmerie quels étaient les sentiments de reconnaissance du gouvernement devant la qualité de travail sur la délinquance, dont les chiffres témoignent de la baisse, qualité de travail dans la lutte contre le grand banditisme et les homicides. Le nombre d'attentats, d'assassinats toujours trop élevé et de règlements de compte particulièrement violents, a considérablement baissé. J'ai donc demandé aux services de police et de gendarmerie une action extrèmement dynamique en la matière, ils ont bien travaillé, ils ont des éléments et rien ne sera laissé de coté: les coupables seront retrouvés, déférés à la justice et punis. Je dis aux représentants de l'état à travers le préfet, vraiment la reconnaissance de la République."

Une détention d'armes insupportable

" Il y a un sujet que je veux qu'on traite, la présence d'armes dans trop de familles en Corse. Ça ce n'est pas tolérable! Je ne dis même pas d'armes illégales, je dis d'armes légales. Il y a sur cette île une détention d'armes qui est insupportable. La violence ne fait pas partie d'une culture, même pour l'amoureux de Mérimée que je suis, qui connait vraiment dans le détail les Mateo Falcone et Colomba. Ça pourrait être des sujets pour la littérature, des histoires du XVIIème siècle, mais ça ne peut pas être une actualité du XXIème siècle. Et nous allons conduire une action systématique pour réduire la détention d'armes au domicile d'autant de corses.

Avec le procureur de la République du tribunal d'Ajaccio et les magistrats du parquet comme du siège ça sera à partir d'aujourd'hui tolérence zéro. C'est un sujet extrèmement préoccupant, je connais l'attachement des Corse pour la chasse surtout l'hiver, mais il y a des armes qu'on ne peut pas tolérer."

Un assassin est un assassin
" Pour moi un assassin est un assassin, ayant suivi depuis dix ans dans le détails tous les dossiers, si vous mettez d'un coté la revendication strictement politique et de l'autre la revendication strictement financière, c'est que vous n'avez pas la réalité exacte de ce qu'est le grand banditisme en corse. Le mélange des genres et de l'interpénétration parfaite. Ne croyez pas de d'un coté il y a les malfrats, n'ayant soif que d'argent et de l'autre les assassins n'ayant soif que de convictions. Ce n'est pas exactement comme ça que ça se passe. J'aime la Corse, mais en matière de superficie la Corse est trop petite pour qu'il y ait des cloisons étanches entre les diverses motivations et les divers réseaux. C'est la raison pour laquelle la Corse a aujourd'hui moins d'attentats, qu'il y a quelques années."

Un travail systématique

"C'est un travail systématique que nous allons engager. D'après ce que nous pensons, il y a même des assassinats où les assassins se sont trompés de cible.

Je ne rentre pas dans les dossiers, il y a une procédure,  je dis d'une manière générale que la violence est si aveugle si stupide, si brutale, qu'elle peut se tromper et je dis aussi que ça fait courir des risques à des enfants, à des victimes parfaitement innocentes, parce que quand on fait exploser des engins avec des billes d'acier à l'intérieur, on ne sait pas à quelle heure on le fait exploser, et les premières victimes ce sont des Corses. Je ne vois pas ce qu'il vient faire dans cette histoire. On peut se poser alors la question si la personne assassinée était bien la personne visée. C'est à ce point là. C'est accablant.
Eviter un nouveau cycle de violence

" Je faisais le point avec tous les représentants de l'état, ils  ont les moyens nécessaires.Les résultats du GIR sont assez spectaculaires, puisque ces 4 dernières années il a saisi pour 16 ME d'actifs, je ne sais si vous savez ce que ça représente,  sur un territoire comme la Corse. Nous allons maintenir cet effort et j'appelle tous ceux qui représentent la société corse à faire comprendre que la détention d'armes les violences ne sont pas possibles; nous nous attacherons donc à regarder chaque transaction,  chaque vente de terrain,  chaque vente de maison, d'appartement, de commerce, pour créer une insécurité pour ceux qui seraient tentés. Quand on s'apperçoit qu'un terrain non constructible est vendu au prix d'un terrain contructible on est en droit de se poser un certain nombre de questions. Pareil pour les commerce,  travail considérable qui doit être engagé.
Il y a des perspectives comme dans le football Corse.... mais il faut aussi protéger tout ce qui se développe en corse qui sont des tentations mafieuses...On doit protéger les acteurs  qui n'y sont pour rien, de criminels qui seraient tentés de mettre la main sur un secteur qui peut se développer. Le développement de la Corse auquel on assiste depuis quelques années doit être débarrassé de tout ça."
                                                                                   Recueillis par Marilyne SANTI

Plus de 900 millions d'euros d'investissements et un nouveau statut?

"Deux de mes fils ont du sang corse, ma Corse c’est Sagone, c’est Vico.  J’aime la Corse, j’aime les Corses". Un peu plus tard le candidat Nicolas Sarkozy, dans un palais des congrès archicomble,a su trouver les mots pour faire adhérer les 2000 personnes présentes à sa cause après les interventions respectives de Marcel Francisci et des deux députés UMP de Corse - Sauveur Gandolfi-Scheit et Camille de Rocca Sera (1) - a consacré le début de son intervention aux jeunes corses auxquels il veut donner les moyens de pouvoir "choisir de vivre et de  travailler en Corse s’ils le désirent".

'L’Etat sera un partenaire et il sera encore plus engagé dans le quotidien"

Pour le candidat à la présidence "Les Corses qui aiment la singularité, mais qui détestent l’assistanat, qui sont prêts à tout donner, mais qui doivent se sentir respectés".

L’université, l’agriculture, le développement économique, le rapprochement des détenus, sujets qui paraissent simples mais que le candidat dit avoir traité tout en ayant du affronter des préjugés parfois séculaires. Mais la Corse a les moyens de l’excellence et ne supporte pas la médiocrité. Elle ne peut pas être menée par des individus, si peu convaincus de la force de leurs idées qu’ils voudraient l’imposer par les armes par les attentats ou par les cagoules. "Quand on met une cagoule on est lâche".
Nicolas Sarkosy affirme que "l’Etat sera un partenaire et qu’il sera encore plus engagé dans le quotidien". En transigeant pas avec ceux qui sont responsables de violences criminelles :" les derniers évènements sont une honte pour ceux qui les ont perpétrés". Il prendra les mêmes engagements "comme s’il s’agissait de trouver l’assassin d’un préfet de la République. Les responsables seront pourchassés, arrêtés, châties par la République."
La sécurité depuis 2002 a été renforcée, les attentats ont été divisés par quatre grâce aux services de police et de gendarmerie, les armes seront contrôlées. La détention illégale doit être automatiquement sanctionnée. "La non violence est un courage plus grand que la violence."

Nicolas Sarkozy a, ensuite, promis, s'il était réélu, de consacrer à la Corse près d'un milliard d'euros de nouveaux investissements, dont 400 millions en faveur du Plan exceptionnel d'investissements (PEI) destiné à rattraper le retard de l'île en infrastructures.

"400 opérations ont déjà été financées dans le cadre du PEI. Je sais bien que le rattrapage économique de la Corse n'est pas terminé. C'est pourquoi je veillerai à la négociation d'une nouvelle convention du PEI signée dès cette année pour engager 400 millions d'euros de nouveaux d'investissement sur le prochain quinquennat en Corse", a affirmé le président-candidat de l'UMP lors d'un meeting à Ajaccio. "Je demande que vous fixiez les futures programmations".
Un programme exceptionnel pour la formation

Pour les les cinq années qui viennent, Nicolas Sarkozy a promis  la mise en place d’un plan de formation pour la Corse. Il dit avoir voulu 150 emplois d’enseignants et de chercheurs pour l’université de Corse et que les places en CFA seront doublées sur l’île d’ici 2015. Il annonce le maintien du pôle des métiers du développement durable dans le bâtiment, dont le centre de formation, qui s’ouvrira dans moins de deux ans permettra de former les jeunes corses aux énergies renouvelables et de l’éco construction. Nouveaux emplois qui bénéficieront "d'abord aux entreprises et salariés corses, 10% de la dernière tranche", soit 40 millions d'euros, financeront un "programme exceptionnel de formation", a précisé M. Sarkozy.
Dans le tourisme, un CDI de saisonnier, employé en Corse, est considérée par le candidat comme une proposition intelligente qu’il accepte.
La Corse doit pouvoir accéder à une énergie sûre et propre
Il a également promis de sécuriser l'approvisionnement de la Corse en énergie, à hauteur de "500 millions d'euros", en particulier en gaz naturel, à partir de 2018, pour faire tourner les deux centrales thermiques de l'île, une à Lucciana, dont la modernisation est en cours, l'autre à Ajaccio, actuellement en projet.
Le gouvernement soutient le raccordement de la Corse au futur gazoduc franco-algérien (le Galsi) mais celui-ci dépend de partenaires italiens et algériens qui "tardent à concrétiser leurs engagements", a dit M. Sarkozy.

Gaz naturel : Une barge sur la côte Est
"J'ai donc décidé de lancer un autre projet pour alimenter la Corse en gaz naturel liquéfié à partir d'une barge qui sera installée au large de sa côte Est qui permettra d’alimenter les deux centrales, mais aussi les réseaux de distribution de Bastia et d’Ajaccio grâce à la construction d’un gazoduc terrestre", a-t-il ajouté.

Sur le plan de la santé le président-candidat a rappelé que le coefficient géographique a été revalorisé à 8%, qu'un établissement a été crée à Calvi, que modernisation des services est en cours à Ajaccio, que des réseaux de soins  sur la ont été décidés plaine orientale. Pour la première fois un vrai schéma régional de l’offre de soin a été mis sur palce : "je ne veux plus que l’on prenne l’avion pour aller se faire soigner" a souligné Nicolas Sarkozy.
Par ailleurs, M. Sarkozy s'est dit favorable à l'enseignement de la langue et de l'histoire corse dans les écoles de l'île. Il a promis la création d'une agrégation de corse. Toutefois, il a réaffirmé qu'il s'opposerait "au remplacement du français par le corse dans les textes officiels et aux guichets des services publics".
Statut réexaminé?

Une Corse dont le statut pourrait être réexaminé mais à condition, ainsi que l'avait déja déjà suggéré Paul Giacobbi, que l'initiative vienne des élus corses eux-mêmes. "Je propose que l'on examine d'abord ensemble ce qui peut être entrepris dans le cadre constitutionnel actuel", a-t-il dit. "Si les élus corses me démontraient que le développement de la Corse était entravé pour des raisons constitutionnelles, alors nous en discuterions. Je ne veux pas fermer la porte. Je ne veux pas l'ouvrir non plus. (...) Cette question est ouverte. Je ne prendrai pas l'initiative", a-t-il dit.
                                                                                                                                 M. S.

"Un homme de courage" qui " nous aime "…

Sauveur Gandolfi-Scheit a notamment rappelé certaines mesures prises par le président : maintien de la chambre régionale des comptes de plein exercice à Bastia, projet de plateforme marine Stella Mare, réponses aux questions de santé à travers le traitement de la mine d’amiante, installation d’outils médicaux de pointe en différents points de l’île, solutions claires pour la sécurisation de notre approvisionnement énergétique ( centrale thermique de Lucciana) et a qualifié Nicolas Sarkosy « d’homme de courage ».

De son côté, Camille de Rocca Sera, dira  de Nicolas Sarkozy qu’il est "l’homme qui nous aime plus que tout autre élu que la Corse a rencontré.

D’ailleurs lorsqu’on a deux enfants en Corse, on est Corse. Il a compris qu’il fallait nous donner la parole, que Paris ne devait pas décider…donc nous respecter.

Il incarne les valeurs que Bonaparte portait, et celle que De Gaulle a porté, c’est-à-dire celle de la République."


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