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Paul Giacobbi : " Une SEM maritime n'est pas exclue"

Pour le président de l'exécutif, le système de la DSP maritime actuelle doit être complètement remis à plat. Il estime que la CTC n'a pas à payer la facture de la gestion calamiteuse de la SNCM et n'est pas responsable de ses personnels. Il n'exclut pas le recours à une SEM en cas de besoin.

- Quel est le point le plus délicat aujourd'hui sur la DSP maritime ?
- En réalité, il n'y a pas de point délicat pour une raison simple : nous allons refondre la DSP sur la base de décisions juridictionnelles. Si on regarde l'ensemble des décisions et des avis, on voit bien que nous faisons uniquement ce que nous avons le droit de faire. Je dirais même que nous allons au maximum de ce que nous avons le droit de faire. Nous ne pouvons pas faire autrement sous peine de voir nos décisions annulées dans le mois qui suit.
- Refondre la DSP signifie-t-il de remettre à plat tout le système et donc le poids respectif des compagnies ?
- Oui. Nous n'avons pas à rentrer dans le jeu des compagnies qui sont toutes égales à nos yeux :  la SNCM, la CMN, la Corsica Ferries, la Moby Lines et peut-être, demain, d'autres. Nous n'avons pas le droit de faire des différences entre les unes et les autres.
Dans les ports où l'activité privée se déploie de manière importante comme à Toulon, on nous enjoint par voie judiciaire de ne pas y aller parce que nous n'avons pas le droit de faire une DSP. Nous sommes bien obligés d'en tirer les conséquences.
Dans les ports où l'activité privée ne suffirait pas, la DSP joue un rôle qui n'est pas contesté. C'est le cas de Marseille et, par conséquent, nous y sommes et nous y développons le service public. Dans les périodes d'été où il y a tout ce qu'il faut pour transporter les gens en Corse, nous n'avons pas à payer pour en transporter encore plus dans des bateaux à moitié vide. C'est ce que nous disent la juridiction et le bon sens.
- Vous dites que, dans deux ans, il y aura moins de bateaux vides sur la Corse...
- Oui. Sans doute. Nous n'avons ni le droit, ni les moyens de les subventionner.
 - La CGT marins affirme que l'avenir de la SNCM et de 800 salariés dépend du choix politique que vous ferez. Que répondez-vous ?
- Pas du tout ! Je leur réponds le droit, les faits et le bon sens. Si la compagnie SNCM a des problèmes, c'est qu'elle a été effroyablement mal gérée au cours des quatre dernières années notamment. La meilleure preuve, c'est qu'une compagnie ayant les mêmes conditions, les mêmes obligations vis-à-vis de ses personnels, le même pavillon, les mêmes règles collectives, la même DSP a gagné sa vie et a investi, c'est la CMN. C'est donc qu'elle a été bien gérée.
- La SNCM soutient que la suppression de l'aide sociale conditionne 800 emplois...
- Des gens ont incroyablement mal gérée la SNCM, ils sont dans la panade, et c'est à eux d'assumer leurs responsabilités vis-à-vis de leurs personnels. J'espère bien qu'ils vont les assumer et on va faire en sorte qu'ils les assument. Ils viennent nous dire : nous allons licencier si vous ne payez pas l'ardoise de mauvaise gestion. Ça n'existe pas !
 - Vous dites que la SNCM a été mal gérée ?
- Ce n'est pas moi qui le dit. C'est un fait établi et démontré au cours des quatre dernières années.
 - Si la SNCM est dans cet état, est-il raisonnable de re-signer une DSP avec elle ?
- Nous ne faisons pas une DSP avec une compagnie particulière. Nous la présentons au public en fonction de nos besoins et, ensuite, des compagnies sont candidates ou pas..
 - Pensez-vous que la SNCM va se porter candidate ?
- Evidemment qu'elle va se porter candidate ! Pourquoi voulez-vous qu'elle ne le soit pas ! On raconte beaucoup de choses. On m'a expliqué qu'Air France ne serait pas candidate dans l'aérien, etc. Non seulement Air France a été candidate, mais elle a signé à nos conditions et pas aux siennes.
- Lors de cette session de la CTC, allez-vous discuter du contenu de la nouvelle DSP?
- Non, pas du contenu. On n'en est pas encore là. On en est aux orientations de la future DSP et à prévoir une convention transitoire.
 - Quel sera le calendrier ?
- Le calendrier a été fixé par la cour administrative d'appel. La DSP actuelle est annulée. Il y a de gens qui nous demandent de la remettre. Nous n'avons pas le droit ! On peut toujours la remettre, mais elle sera annulée, par un référé, en huit jours. Il faut que l'on convienne d'une convention transitoire qui démarrera à partir du 1er septembre.
 - Envisagez-vous vraiment de créer une SEM ou n'est-ce qu'une diversion politique ?
- Je n'exclus pas cette possibilité puisque, manifestement, nous l'avons utilisée dans d'autres hypothèses et réussie. Nous l'avons réussie dans le cadre du ferroviaire et de l'aérien. Donc, on ne peut pas exclure de l'étudier dans le cadre du maritime. C'est absurde ! Avant de dire que ça coute cher, ça s'étudie, se regarde et s'analyse. Nous avons commencé à l'étudier. Nous avons produit des documents mais cela ne peut pas se faire sur les bases fantaisistes présentées par Mr Couturier. Elles consistent à nous dire : nous avons mal géré, nous avons perdu des centaines de millions d'euros, il faut que maintenant, vous preniez en charge. Ce n'est pas comme ça que ça se passe !
- Ange Santini disait que la différence entre l'aérien et le maritime, c'est qu'on loue des avions, mais qu'on ne loue pas des bateaux, c'est rare et très cher...
- Il ne faut pas prendre le problème comme cela. On possède des avions, on peut louer des bateaux aussi. La question n'est pas là. Elle est un peu plus compliquée.
- Alors, quelle est la question essentielle ?
- La question est de savoir s'il y a des sociétés privées qui sont décidées à travailler sur la Corse. S'il n'y en avait pas ou si elles demandaient de travailler en association avec nous, nous étudions la question. C'est aussi simple que ça !
- Tous les services seront-ils assurés cet été ?
- Oui, puisque cet été, nous aurons, quoiqu'il arrive, la DSP telle qu'elle est aujourd'hui. Donc, il y aura exactement les mêmes services que l'an dernier. Si une compagnie manquait à ses devoirs, cela lui couterait très cher. Par la suite, la Corse aura tous les transports nécessaires.
                                                                             Propos recueillis par Nicole MARI

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