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Sauveur Gandolfi-Scheit : « J’ai toujours défendu l’intérêt de la Corse »

Le député-maire sortant de Biguglia est candidat à sa propre succession dans la 1ère circonscription de Haute-Corse pour le scrutin législatif de juin prochain. Donné largement favori face à ses deux challengers Jean Zuccarelli et Gilles Simeoni, Sauveur Gandolfi-Scheit, qui a pour suppléant l’avocat Jean Michel Canazzi, peut se targuer d’un bilan excellent tant il a été actif sur tous les fronts pendant sa mandature. Pour Corse Net Infos, il répond à ses adversaires, réaffirme ses priorités d’action et prône un référendum local sur les sujets qui font débat.

- Vous vous présentez pour un nouveau mandat. Pourquoi ?
- Il me semble tout à fait normal de le faire. Cette mandature a été une mandature d’essai qui a réussi. J’ai transformé pratiquement tous les essais et je voudrais continuer à travailler pour la Corse, comme je le fais depuis cinq ans.
- Justement, Jean Zuccarelli vous reconnaît beaucoup de discours, mais peu d’actes. Que lui répondez-vous ?
- Il suffit qu’il aille sur mon blog depute-gandolfi.com, qu’il sache lire pour voir le travail qui a été fait et qu’il le compare à celui de son père et d’autres personnes qui n’ont rien fait du tout. J’ai travaillé toute ma vie. J’ai été médecin dans une zone ouvrière comme Lupino. Ce n’est pas comme certains qui sont candidats et qui ne travaillent pas du tout ! J’ai même fait voté une loi qui n’est pas tombée du ciel et qui a demandé un travail considérable. Je n’ai jamais trouvé une loi, ni de Zuccarelli, ni du sénateur Emile Sari, ni d’aucun député corse du siècle dernier.
- Il affirme que sur le Sporting, notamment, vous vous prévalez de résultats qui ont été obtenus par la mairie de Bastia et la CAB ?
- Je voudrais plutôt savoir les bénéfices que la mairie de Bastia et la CAB ont faits au niveau du stade ! Je n’ai jamais dit que j’avais sauvé le Sporting, ce sont eux qui le disent. Par contre, il est certain que je suis toujours aux côtés du Club lorsque il en a besoin : lors des manifestations, lors de l’histoire de Valenciennes, quand il a fallu saisir Nicolas Sarkozy sur le problème de rétrogradation de la DNCG, sur le centre de formation, etc. L’intervention auprès du président de la République, c’est la CAB qui l’a faite ? Sur le 5 mai, le maire de Bastia n’a jamais signé la pétition du collectif et son fils l’a fait au dernier moment. Si à Biguglia, j’avais eu la possibilité d’avoir un stade comme celui-là, inutile de vous dire que ce ne serait pas la même chose !
- D’un point de vue général, il vous accuse de communiquer sans avoir fait !

-  Comment pourrais-je communiquer si je n’ai pas fait ! Quand je me suis présenté en 2007, j’ai dit : si je suis élu, vous allez me voir. J’ai porté la réserve parlementaire à toutes les communes alors que, à part Bastia, Biguglia et Borgo, juste 1 ou 2 était au courant de l’existence de cette réserve. Que faisait-on de cette réserve parlementaire auparavant ? J’ai déposé 2 amendements qui ont été acceptés pour obtenir la Chambre de commerce régionale à Bastia. Je suis intervenu pour y conserver la Chambre régionale des comptes et tant d'autres dossiers majeurs pour notre île.
- Les pronostics vous placent grand favori. Pensez-vous que cette campagne sera facile ?
- Aucune campagne politique n’est facile. Même sur Biguglia où j’ai toujours fait 70 % des voix, il y a toujours une certaine inquiétude.
- Vous avez été élu, lors de la première mandature, grâce au report des voix nationalistes …
- C’est faux ! C’est l’argument d’Emile Zuccarelli pour justifier sa défaite ! C’est démenti par les chiffres. La progression de votes que j’enregistre entre les deux tours ne correspond par au simple report. Au 1er tour, il y avait 3 800 voix d’écart entre Emile Zuccarelli et moi. Au deuxième tour, il y a eu 3 000 voix d’écart. Où sont passées les voix des nationalistes ? C’est à se poser des questions. Il n’y a jamais eu un accord, ni aérien, ni terrestre, ni souterrain, ni sous-marin avec qui que ce soit, les gens, qui se sont ralliés à ma candidature, l’ont fait librement et en toute indépendance.
- Quels seront, d’après vous, les critères de choix privilégiés par les électeurs ?
- Le meilleur candidat qu’ils ont eu jusqu’à présent. Les autres, ils ne les ont jamais vus, ils ne se sont jamais battus pour la Corse. Le courage, l’endurance, l’écoute et le travail fait au quotidien en continu. Il ne s’agit pas seulement de venir une fois de temps en temps, de sourire et de prendre une photo. J’ai 2 permanences, une à Bastia, l’autre à Biguglia et j’y suis 2 jours par semaine. Les autres députés ont-ils une permanence ? Reçoivent-ils la population ? Non.
- Sur quels thèmes ferez-vous campagne ?
- Je ferais campagne sur la Corse. Sur le plan national, j’ai toujours suivi ma ligne politique avec l’UMP mais quand la Corse était touchée, j’ai toujours voté pour l’intérêt de la Corse. Par exemple, l’UMP nationale était contre la résolution sur Tchernobyl parce les causes épidémiologiques n’étaient pas prouvées, j’ai voté pour la résolution. Toutes les interventions que j’ai faites en question orale au gouvernement concernent la Corse. Par exemple, quand l’île a manqué d’essence à cause de la grève, je suis intervenu auprès du ministre des transports qui a débloqué un cargo Diesel venant de la Sardaigne et un d’essence venant d’Espagne. Je ne me bats pas sur un thème en particulier, mais au quotidien sur tous les thèmes, sur la défense des intérêts de la Corse.
- Si vous êtes réélu, que ferez-vous en priorité  que vous n’avez pas eu le temps de faire pendant cette courte mandature ?
- Il y a plusieurs dossiers que je n’aurai, hélas, pas eu le temps de porter à leur terme.  J’ai déposé une proposition de loi donnant la Légion d’Honneur aux anciens combattants de 39-45, plus de 60 députés l’ont cosignée. Ensuite, le port des tenues fluorescentes  et du casque pour les cyclistes pour éviter le drame d’Adrien Lippini. La dérogation pour maintenir le différentiel de prix sur le tabac que j'ai obtenue en 2010 jusqu’en 2015 et qui fait gagner 350 millions € à l’économie insulaire.
- Comment réagissez-vous à la prise de position de Nicolas Sarkozy sur la charte des langues minoritaires ?
- Avec plusieurs collègues de l'Assemblée nationale dont Marc Le Fur nous  avons soutenu la rafication par la France de la Charte. Je n’ai jamais varié. Mais les propos de Nicolas Sarkozy ne visent pas les langues régionales, mais les langues minoritaires comme l’arabe, etc. Il y a maldonne là-dessus, il s’expliquera sur le sujet quand il viendra en Corse.
- Etes-vous favorable à l’évolution institutionnelle de la Corse ?
- L’idéal serait, d’abord, un statut fiscal spécifique. Pour le reste, il faut être réaliste. Il faut que les députés sur le plan national soient d’accord. Je préfère privilégier le développement économique de la Corse plutôt que des questions qui, pour l’instant, font seulement beaucoup cogiter. Je ne suis pas du tout fermé à ces questions. Je pense qu’il faudrait faire un mini-référendum régional sur trois questions spécifiques : la co-officialité de la langue corse, le statut de résident et le foncier. Si la population est pour, pourquoi aller contre ?
- Le précédent référendum n’a pas été  une réussite et son résultat a été contesté.
- Le problème du référendum de 2003, c’est qu’il s’est transformé  en un référendum pour ou contre les départements alors que ce n’était pas le débat de base. La question a été mal posée, ce qui a complexifié le débat, et la réponse n’a pas été claire. Si la question est claire, la réponse sera claire. Il ne faut pas avoir peur du peuple. On reproche à Sarkosy de parler de référendum, moi, je suis favorable à cette idée, même sur le plan régional où on peut organiser un référendum quand on veut. J’en ai organisé un dans ma commune concernant le cimetière. Je crois à la concertation et au travail pour faire avancer la Corse.
                                                                               Propos recueillis par Nicole MARI

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