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Laurent Marcangeli : « J’y vais pour gagner »

Entré très jeune en politique, élu dès l’âge de 19 ans, Laurent Marcangeli est déjà, à 30 ans, conseiller municipal, conseiller général du 1er canton d'Ajaccio et membre du comité économique et social de la Corse. Le jeune avocat ajaccien, en pleine ascension, est le candidat de l’UMP aux législatives dans la 1ère circonscription de Corse du Sud où il entend bien damer le pion au député-maire PS sortant, Simon Renucci. Il explique, pour Corse Net Infos, les enjeux de cette élection tant pour le droite ajaccienne que pour la population.

- Votre désignation a été contestée par Joselyne Fazy, maire de Renno. Que lui répondez-vous ?
- Ce que j’ai déjà répondu. Les statuts de l’UMP sont ce qu’ils sont. Ils ne sont pas parfaits. Il y a un an, lorsque je me suis présenté aux élections cantonales, j’avais préféré solliciter, parce que les statuts le permettaient, l’avis des militants qui, à une écrasante majorité, m’ont soutenu. Or, dans le cas d’une élection législative, les statuts prévoient exactement ce qui s’est passé dans la 1ère circonscription de Corse du Sud. Quand on appartient à un mouvement national, on en accepte les règles. Cela étant dit, nous n’avons, Mme Fazi et moi, aucun problème personnel, nous divergeons sur une stratégie.
- C’est-à-dire ?
- Elle considère être mieux placée que moi et, moi, je considère être mieux placé qu’elle par ma position actuelle dans le paysage politique de la 1ère circonscription. Je suis conseiller municipal d’Ajaccio, élu d’un canton important, j’exerce des missions très importantes au Conseil général où je suis à la tête de la Commission de la Cohésion sociale et de la santé qui est le premier poste de dépenses du département. J’ai mené un certain nombre de campagnes électorales et, surtout, j’ai le soutien de nombreux élus : le président du Conseil général, les conseillers généraux de la circonscription qui sont, parfois, maires de villages importants : François Colonna, maire de Vico, ou Michel Pinelli, maire de Sari d’Orcino.
- Les divisions de la droite sur Ajaccio ont enclenché une machine à perdre. Ces divisions sont-elles une fatalité ?
- Nous sommes en train de reconstruire. Il faut regarder d’où on vient. On ne peut pas, en claquant des doigts, effacer le passé, ni imaginer que les défaites que nous avons subies au niveau municipal, législatif, sénatorial et territorial ne laissent pas de traces. Un renouvellement naturel est en train de s’opérer. Il faut se reprendre en main, changer de méthode, passer une nouvelle étape. C’est ce que Marcel Francisci, responsable de la fédération UMP de Corse du Sud, a fait.
- On parie sur les divisions de la droite.
- Les querelles de personnes sont bien plus vendeuses que les querelles sur les idées.
- Les querelles de personnes font perdre les élections !
- Ma circonscription a connu des divisions bien plus fratricides, bien plus dangereuses dans les scrutins législatifs passés qu’elle ne les vivra au mois de juin prochain. Nos adversaires, qui pensent pouvoir encore gagner grâce à nos divisions, en seront pour leurs frais. Pour ma part, je vais aller à la rencontre des habitants, j’ai des choses à leur dire, ma candidature diffère de celle du député sortant. Je diverge sur la manière d’occuper le rôle de député et j’ai des idées différentes sur nombre de sujets très importants. J’entends porter les valeurs de renouveau, de dynamisme et d’avenir pour la circonscription.
- Que pensez-vous de la candidature du Nouveau Centre ?
- Nous sommes au stade des investitures. D’ici à juin, beaucoup de choses peuvent se passer. Mon ami Jean-Fabrice Laudato, qui a obtenu l’investiture du Nouveau Centre, a un certain nombre d’idées à faire valoir. Ses idées, je les écoute et je verrais, le moment venu, si je peux, avant le 1er tour, les prendre en compte. Si Jean-Fabrice Laudato estime nécessaire que son courant soit représenté au 1er tour des législatives, une chose est certaine : il ne sera pas mon adversaire, ni mon ennemi. Il est déjà mon allié au conseil municipal d’Ajaccio. Nous avons des différences qui ne sont pas très importantes. Le rassemblement se fera soit au 1er, soit au 2ème tour. Il n’y aura pas de guéguerre entre nous, ni de vote contre celui de nous deux qui arrivera en tête.
- Vous avez comme adversaire le député sortant, maire d’Ajaccio, président de la CAPA, qui a un poids énorme. Ce sera dur de le battre ?
- Ce sera dur aussi pour lui, vous verrez ! Les gens se détermineront en fonction des candidats et de leurs propositions. C’est faire injure à la démocratie et à la maturité des électeurs de croire que parce que l’on est maire et que l’on préside une communauté d’agglomération, on gagne à tous les coups ! Au mois de juin, on ne votera pas pour un maire ou un président de la CAPA, mais pour un député, c’est-à-dire un parlementaire qui vote, propose ou amende des lois et représente un territoire au sein d’une institution.
- Que ferez-vous en tant que député ?
- Ce qu’a fait, pendant cinq ans, avec beaucoup de ténacité, Sauveur Gandolfi-Scheit, qui a été actif pour défendre les intérêts de son territoire. Il a porté un certain nombre de choses : la CCI sur Bastia, l’inscription de la Corse dans les livres d’histoire comme premier département français libéré, la loi sur les prisonniers, etc. J’aurais espéré que le territoire, qui est le mien, soit aussi bien défendu. Cela n’a pas été le cas, ni à l’assemblée nationale à Paris, ni à la CTC à Ajaccio. C’est le rôle d’un parlementaire élu par un territoire, par des gens qui y vivent et payent des impôts parfois élevés, par des commerçants, des artisans et des industriels qui n’ont pas été soutenus et se posent des questions. Un député sortant arrive avec un bilan. Une chose est certaine : je suis en rupture avec ce qui a été fait ces dix dernières années.
- A quel niveau ?
- Je souhaite que la 1ère circonscription de la Corse-du-Sud soit, comme c’était le cas lorsque José Rossi était notre représentant, soit représentée de manière forte, pugnace et même parfois virulente parce qu’il faut porter fièrement le territoire que l’on représente tout en étant fidèle à ses convictions politiques.
- De plus en plus de gens sont confrontés à la précarité, à la dégradation de leur niveau de vie, qu’avez-vous à leur dire ?
- La vérité. Il ne faut pas cacher l’état des lieux, la Corse connaît de grandes difficultés. Les précarités sont au centre de ma démarche parce que je les connais, peut-être mieux que d’autres, par les fonctions que j’exerce au conseil général. La précarité au niveau de la santé, du logement, de l’emploi et de notre société car même ceux, qui aujourd’hui ne sont pas touchés par la précarité, ont peur d’être rattrapé par elle. La santé sur la circonscription, c’est l’accès aux soins dans le rural comme dans l’urbain, c’est l’état de l’hôpital d’Ajaccio dont il faudra parler de manière forte pour qu’enfin cette situation indigne cesse et obtenir sa reconstruction le plus vite possible. C’est le rôle du député de faire du lobbying à Paris pour que les dossiers de sa circonscription aboutissent.
- Que préconisez-vous au niveau du logement et de l’emploi ?
- Le logement est au cœur de cette vaste réflexion de lutte contre les précarités. Il n’est pas normal que les aides de l’Etat en matière de construction de logements sociaux aient diminué ces dernières années, il faut intervenir à ce niveau-là pour les personnes touchées par la précarité de logement mais aussi pour notre économie parce que la construction de logements sociaux favorise l’emploi généré par le BTP. Il faut essayer de créer les conditions d’une croissance retrouvée et faire avec les forces qui sont les nôtres. Je crois au renouveau économique, social et culturel de la Corse, pas seulement au renouveau politique.
- En ligne d’horizon se profile l’enjeu des prochaines municipales ?
- Le combat des municipales aura lieu en 2014. Aujourd’hui, je ne suis candidat qu’à une seule élection, celle des législatives. Je n’y vais pas pour compter des voix ou pour battre Simon Renucci, j’y vais pour gagner parce que je veux être député. Je sens à Ajaccio et dans le reste de la circonscription une envie d’autre chose. Le changement est en marche. Je compte bien incarner ce renouveau, cet avenir différent du présent que nous vivons, mais mon objectif reste les législatives. Il ne faut pas escamoter le débat en le détournant. Beaucoup attendent une explication municipale avant l’heure. Je ne suis pas pressé. Il ne faut pas tout confondre : on ne parlera pas du stationnement et de la circulation à Ajaccio pendant les législatives.

- Ces problèmes sont pourtant au cœur de l’actualité et des préoccupations des Ajacciens ?
- En tant que conseiller municipal d’opposition, avec mes amis, j’ai demandé, par voie de motion, à la mairie de revenir sur une décision fortement contestée qui fait tant débat et provoque tant d’émois dans la population. C’est ma responsabilité de conseiller municipal, pas de candidat aux législatives. Si, demain, je suis élu député et que le maire souhaite conserver la réglementation actuelle, le député ne pourra rien changer aux problèmes de stationnement. Beaucoup de gens dans ma famille politique ont envie que je critique la municipalité, c’est le jeu, mais mon devoir est de rappeler que nous sommes là pour élire un député et non pas un maire ou un président de CAPA. Cela viendra. Au moment venu, avec mes amis, nous déciderons.
                                                                                    Propos recueillis Nicole MARI

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LIRE AUSSI : " UN CONTRAT DE MANDATURE ENTRE LA DROITE ET LES NATIONALISTES "

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Commentaires: 1
  • #1

    QUILICI Paule (mardi, 06 mars 2012 10:01)

    Pffffffff.....