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"Les anonymes" : Des membres du commando Erignac s'opposent

Les membres du commando Erignac condamnés et emprisonnés pour l'assassinat du préfet de Corse en 1998 sont opposés à la réalisation d'un film de fiction pour Canal+  "Les Anonymes, Un piengjhite micca "au motif qu'ils n'ont pas été consultés. 

En cours de tournage sous la direction de Pierre Schoeller (photo) pour être diffusé par la chaîne payante en 2013, le film relate l'histoire du groupe dit des "anonymes" condamnés pour l'assassinat du préfet Claude Erignac le 6 février 1998 à Ajaccio.
Outre Yvan Colonna condamné à perpétuité, six hommes ont été condamnés en 2003 à des peines allant de 15 ans de prison à la perpétuité.
Ils reprochent à la réalisation et à la production de présenter le film comme une fiction tout en utilisant leurs patronymes et sans avoir pris contact avec eux.
Deux d'entre eux ont écrit au journal Corse-Matin pour déplorer que leurs noms soient utilisés sans leur accord. L'un d'eux, Marcel Istria, condamné à 15 ans de prison et qui a toujours nié sa participation au commando, a indiqué dans une lettre à son avocat souhaiter "faire le nécessaire pour suspendre, voire interdire la sortie de ce film".
M.Istria reproche notamment aux auteurs et à la production de "mettre à profit le mal-être qui existe entre les familles".
Son avocat, Me Antoine Sollacaro, du barreau d'Ajaccio, a indiqué étudier les modalités d'une éventuelle action pour que le nom de son client n'apparaisse pas dans le film.
Un condamné à la réclusion à perpétuité, Pierre Alessandri, avait déjà déclaré dans une lettre au quotidien qu'il n'avait à aucun moment été consulté, n'ayant donc donné son accord sur rien.
"Ce film étant présenté comme une fiction je n'ai pas jugé bon d'intervenir lors de sa présentation (...) Il se trouve qu'aujourd'hui ce (...) n'en est plus une puisque nos identités ne seront pas modifiées", a écrit Pierre Alessandri.
Il a ajouté se réserver "le droit d'intervenir par les moyens appropriés pour faire valoir nos droits".
Les autres condamnés, Alain Ferrandi, Didier Maranelli, José Versini et Martin Ottaviani, ont confirmé, selon leurs avocats, ne pas avoir été contactés.

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Commentaires: 3
  • #1

    U Palatinu (samedi, 03 mars 2012 17:13)

    C'était, je pense, à prévoir, d'autant plus si touts les personnes concernées n'avaient pas été informées.

    Etonnante situation que celle de Marcel Istria, condamné à 20 ans de prison, libérable de 2014, qui non seulement a toujours tenu sa ligne de conduite invariable en niant, mais dont le rôle clair n'a jamais été identifié avec certitude, à tel point que l'on en arrive à se demander pourquoi il fût condamné. Certes, de trop nombreuses personnes incarcérées crient, à tord ou à raison, leur innoncence (le plus abject d'entre eux ayant été, selon moi, l'infâme Kaltenbrunner), mais en toute honneteté, je me demande quel intérêt il peut avoir à encore se dire innocent dans la mesure où il a été jugé et que quoiqu'il dise à présent, cela ne changera plus rien.
    Mais dans ce cas, demeure la question de savoir pourquoi il n'a pas fait appel en 2003, à l'instar de Jean Castela et de Vincent Andriuzzi, avec le succès que l'on sait. Je l'ignore totalement, et espère sincèrement qu'un jour la vérité sera connue dans cette affaire, triste pour toutes les parties prenantes.
    Pour autant, ne serais-ce que parce que j'ai naturellement confiance en la parole humaine, j'ai tendance à le croire innocent, et comprends d'autant plus sa réticence par rapport à ce film.

    Quant à l'équipe de tournage, du réalisateur aux scénaristes, je pense que la solution peut être simplement de changer les noms de leurs personnages, sans rien modifier d'autre.

  • #2

    U Palatinu (samedi, 03 mars 2012 17:29)

    (suite (j'ai validé trop vite))...

    Ainsi, de cette manière, et quand bien même la situation, toujours d'une extrême tension, pourrait ne pas être aggravée par le versement d'huile sur le feu, si vous me permettez l'expression. Sans compter que la réalisation d'un tel film peut peut être paraître prémâturée, dans la mesure où la situation est encore récente. Sans compter toutes les souffrances, des familles notamment, pour lesquelles les plaies ne sont pas encore refermées (mais le seront-elles un jour ? je pense qu'il est légitime d'en douter).
    Aussi, pense-je qu'à minima, le fait de changer les noms et prénoms des personnages du film permettrait de désamorcer bien des tensions. Permettant également de mettre tout un chacun relativement d'accord ; l'absolu n'étant ici hélas pas atteignable.

  • #3

    Cocolitoferidea (lundi, 16 avril 2012 15:08)

    Petite précision : Marcel Istria n'a jamais été condamné à 15 ans de prison, mais bien à 20 ans.
    Ce n'est pas tout à fait pareil.