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Bastia : La révolte de la Place d'Armes

Après ceux du quartier du Puntetto, Inseme per Bastia se fait le porte-parole du mécontentement et du désarroi des habitants d’un autre quartier emblématique : celui de Place d’armes. Depuis la construction du parking et la quasi-disparition des places de stationnement en surface, les commerces, qui ont perdu les clients de passage, périclitent et ferment les uns après les autres. Le cri d’alarme de commerçants désemparés.

Inseme per Bastia avait choisi, ce samedi matin, de présenter son nouveau bulletin consacré au stationnement et à la circulation, au beau milieu de la place d’Armes. Le choix n’est pas anodin car ce quartier, déjà asphyxié par les embouteillages, périclite depuis la construction du parking souterrain et la disparition de la plupart des places de stationnement en surface.
Une gestion municipale critiquée
L’occasion pour l’opposition nationaliste de tacler, encore une fois, la gestion de la municipalité  et les problèmes endémiques de circulation et de stationnement au centre-ville.
« Nous avons choisi de présenter ce nouveau bulletin du journal Inseme per Bastia ici, place d’Armes, parce que c’est un endroit emblématique de la méthode et du fond de la gestion municipale. Deux ans après la fin des travaux du parking, il y a une impossibilité totale de stationner. La mairie a supprimé tous les stationnements en épis. Les arrêts minute ne sont pas respectés. Pas une voiture ne peut s’arrêter. La mairie avait promis de garder un emplacement de stationnement pour les bus de tourisme, elle ne l’a pas fait. Le petit train n’a pas d’emplacement pour stationner. Dans toute la saison d’été, il n’y a pas un seul touriste. C’est la catastrophe totale pour les commerçants. La place, à l’arrière du parking, est une place perdue qui n’est pas aménagée et où il n’y a jamais personne. C’est un quartier complètement à l’abandon », dénonce Gilles Simeoni, le leader d’Inseme per Bastia.
Des commerces ferment
Autour de lui et du groupe d’opposition municipale se pressent, désemparés, les commerçants du quartier qui ne savent plus à qui s’adresser pour faire entendre leur désarroi. Paradoxalement, la construction du parking, qui devait régler le problème de stationnement dans le quartier de la citadelle, a plongé tous les commerces de la Place d’Armes dans une précarité aussi inquiétante qu’inattendue.
« Depuis que le parking a été construit, nous avons une perte de clientèle énorme. Il n’y a plus d’arrêt. Ce n’est pas évident pour les clients de descendre dans le parking, de rester deux ou trois heures et de payer 3, 4 ou 5 €. Tout le monde perd de l’argent. Mon chiffre d’affaires affiche une baisse nette de 30 %., Si ça continue, nous allons fermer. Cinq commerces ont déjà fermé : le magasin Bella Donna, le tabac, la grande pâtisserie Agostini, la boulangerie Marini qui avait 100 ans d’existence, le boucher est parti dimanche alors qu’il était là depuis 25 ans. La pharmacie va très mal », explique le propriétaire du restaurant Chez Evelyne, ouvert depuis une vingtaine d’années.
D’autres périclitent
Les commerces périclitent parce les automobilistes, depuis la disparition des places de stationnement en surface, ne s’arrêtent plus. Ils ont perdu la totalité de la clientèle de passage qui venait des Capucins, de Saint Joseph et du Sud.
« Depuis le début des travaux, le chiffre d’affaires de cette boulangerie a chuté de 40 %. La perte a été soudaine, immédiate. Aujourd’hui, on est au plus bas. On n’a pas la possibilité d’accrocher la clientèle de passage en véhicule, donc on vit sur la clientèle du quartier, qui n’est pas suffisante », déplore le pâtissier Carlotti. Fier de ses 150 d’existence, il se refuse à fermer : « Affectivement, on ne pourra jamais fermer parce que cette boutique est historique, elle a été la première. Mes enfants, qui sont la cinquième génération, la tiennent. Ce n’est pas concevable que, dans un quartier comme Place d’Armes, les commerces ne puissent pas vivre. C’est à la mairie de trouver une solution. Elle voit bien que tous les commerces ferment petit à petit ».
Même cri d’alarme d’Anne Agostini, la pharmacienne : « Nous ne pouvons plus travailler normalement à cause des stationnements minute qui sont très réduits et pas respectés, les gens ne peuvent plus s’arrêter, ne serait-ce que cinq minutes pour venir récupérer un paquet à la pharmacie ! Les gens, qui fréquentaient la pharmacie depuis des années, ont du se résoudre à ne plus venir. Je travaille dans cette officine depuis 25 ans, j’ai connu cette pharmacie très vivante, aujourd’hui, je ne travaille plus qu’avec les gens du quartier. Le chiffre d’affaire chuté de 20 % en trois mois. Chaque mois, je perds d’avantage. Et, si le cabinet de médecins ferme, la pharmacie n’existera plus. Plusieurs commerces ont fermé parce que la mairie nous empêche de travailler ».

Du désarroi à la colère
Face à cette situation qui les étrangle, les commerçants se sont retournés tout naturellement vers le maire et son équipe, qui les ont reçus à plusieurs reprises, sans résultats probants. Et la colère gronde.
«  Nous les avons vus, il y a trois mois, ils nous ont répondu qu’ils allaient réfléchir à la question. Nous n’avons pas eu de réponse », regrette le propriétaire du restaurant Chez Evelyne.
« La mairie a démissionné par rapport à ça. Elle fait preuve d’autisme et de mépris depuis trois ans. Il y a trois mois, le maire nous a dit qu’il était en train d’étudier quelque chose et qu’il allait nous mettre au courant. Il ne nous a pas mis au courant, il a fait des travaux sans nous avertir, si ça, ce n’est pas du mépris ! ça ne se fait pas ! C’est prendre les gens pour des moins que rien », fulmine Mr Agostini, la mari de la pharmacienne et le fils des pâtissiers voisins qui ont du mettre la clé sous la porte.
Anne Agostini enfonce le clou : «  Nous sommes allés les voir plusieurs fois. Ils ne veulent pas comprendre, on dirait qu’ils sont autistes, qu’ils ne veulent pas reconnaître les réalités du quartier. Le quartier se meurt. Est-ce que la mairie trouve normal que les commerces ferment au fur et à mesure ? Nous, qui restons, avons du mal à joindre les deux bouts. La mairie répond qu’elle a fait beaucoup pour le quartier et le musée. Je n’ai aucune répercussion du tourisme. Ce qui est quand même assez extraordinaire dans un quartier soi-disant touristique et la mairie nous fait croire qu’elle a fait ça pour attirer les clients ! Rien n’est fait pour que les clients restent dans le quartier ».
Plus de parking
Mais que demandent donc les commerçants de si difficile à mettre en œuvre ?
« Des places de parking, tout simplement. Une heure de parking gratuit pour que les gens puissent venir faire leurs courses et augmenter les stationnements minute sur toute la place d’Armes. Nous voulons juste que les commerces puissent repartir », plaide le propriétaire du restaurant Chez Evelyne.
« Il faut faire respecter les stationnements minutes existants et en créer de supplémentaires qui ne défigureront pas la place qui a une large superficie piétonne. En plus, 1/3 du parking est libre à longueur de journée. Donner une heure de stationnement gratuit ne coûterait rien à la mairie et permettrait de redynamiser, de redonner un nouveau souffle au quartier. Ailleurs, quand les parkings du marché, de la place Saint Nicolas ou de la gare ont été construits, les stationnements en surface n’ont pas été supprimés », estime Mr Agostini.
Et le pâtissier Carlotti de conclure : « Sans des stationnements réglementés pour que le petit commerce de proximité puisse vivre, la Place d’Armes sera un quartier très joli sans commerce ».
A bon entendeur…
                                                                                                                                N. M

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Commentaires: 3
  • #1

    FIAT LUX (dimanche, 04 mars 2012 09:05)

    il faut continuer le combat et se mobiliser pour les prochaines élections.

  • #2

    Hauteville (lundi, 05 mars 2012 08:57)

    Fiat Lux dit la vérité ...il s'agit bien là d'une petite action électoraliste ...et personne n'est dupe!

  • #3

    Jacques Mattei (lundi, 05 mars 2012 15:13)

    La Place d'Armes est avant tout un énorme gâchis, une occasion ratée.... un loupé peut-être aménageable mais certainement irréparable. Toutefois, et même si je ne doute pas que les commerçants soient les premières victimes directes, il y a bien plus à dire que cette seule démarche tardive (quid de la position d'Inseme au moment des débats publics ? quid des motions en Conseil municipal ? quid de l'analyse globale ?) Dans quelle ville au Monde au développement harmonieux (je vous jure ça existe)les bus de touristes stationnent-ils directement sur le site ? Dans quelle ville au Monde le développement d'un quartier se résume-t-il au seul développement du Commerce ? Alors, oui, une fois encore, la Municipalité fait le pire de ce que l'homme peut encore imaginer, mais l'opposition ne me semble pas plus mature.... C'est à se demander par où commencer l'analyse... certainement pas au niveau de la capacité politique des uns et des autres, ni même de la crédibilité des acteurs de cette pièce vaudevillesque que l'on nous ressert sempiternellement, jusqu'à l’écœurement.