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Corsica Libera : Le choix des militants

Le mouvement nationaliste Corsica Libera tenait son assemblée générale dimanche  à Corte. Une réunion qui s'annonçait tendue avec le vote de trois motions et des divergences concernant le fonctionnement du parti et le mode de désignation d’un nouvel exécutif. Au final, c’est le courant Corsica Nazione qui est sorti renforcé au détriment du Rinnovu. Le clash annoncé n’a pas eu lieu. Explications de Ghjuvan Filippu Antolini, membre du nouvel exécutif et candidat aux législatives.

C'est dans un amphithéâtre plein que s'est tenue l'assemblée générale de Corsica Libera, qui s'annonçait houleuse. Les militants étaient appelés à voter sur trois motions relatives au fonctionnement du parti. L’enjeu était le mode de désignation d’un nouvel exécutif et donc la représentativité des différentes sensibilités qui composent le mouvement et leur poids respectif.
Consensus ou vote ?
La motion préalable, déposée par François Sargentini, Pierre Paoli et Jean-Guy Talamoni proposait d'achever la refondation et de procéder au renouvellement de l'exécutif par un vote des militants, conformément aux statuts de 2009.
À sa création, pour faciliter le processus de refondation, Corsica Libera avait opté pour une désignation consensuelle de l'exécutif afin de trouver un équilibre entre les différents courants fondateurs, équilibre difficilement atteignable à travers un vote. Cet exécutif consensuel n’était que transitoire, les statuts prévoyant son élection à la proportionnelle.
L'an dernier, la poursuite de la désignation consensuelle avait suscité le mécontentement de certains militants contre un système jugé peu démocratique. De plus, le nombre trop élevé de représentants des différents courants rendait la gestion difficile.
Le choix des militants
Des divergences sont apparues entre le courant issu du Rinnovu qui désirait le statut quo pour conserver l’équilibre entre les sensibilités et le courant issu de Corsica Nazione qui plaidait pour un vote militant et une répartition proportionnelle des postes en fonction du poids respectif de chacun.
La motion préalable ayant été adoptée à 94,4% des voix, c’est la seconde option qui a prévalu. Lors du vote désignant l’exécutif, la motion Per A Nazione a obtenu une large majorité et remporté 17 élus sur 21, la motion de Michel Giraschi, appelant à la prise en compte des positions minoritaires, en a remporté 4.
Dans le nouvel exécutif, qui inclut automatiquement les élus territoriaux, figurent notamment les candidats aux législatives : Gjuvan Filippu Antolini, Petr’Anto Tomasi, Michel Chiraschi et Véronique Orsini.
Le spectre de la discorde
Dans un souci d’apaisement, pour ne pas intensifier une tension et une gène palpables, le courant issu du Rinnovu avait décidé de ne pas présenter de motion. Le clash, qu’annonçait avec persistance la rumeur depuis plusieurs semaines, entre les deux courants n’a pas eu lieu.
« Il est certain que, depuis la dernière assemblée générale, Corsica Libera n’arrivait plus à trouver un élan et nous pensions qu’il fallait passer par une assemblée générale forte et rendre la parole aux militants. Aujourd’hui, c’est chose faite. Les militants se sont emparés de tous les textes, ont largement débattu et fait leur choix. On ne peut que le respecter. Chacun a pris ses responsabilités et, aujourd’hui, Corsica Libera est sur les rails et capable d’affronter les échéances futures. Nous souhaitons que tout le monde se mette au travail car tout le monde a sa place dans Corsica Libera », commente François Sargentini, tête de liste de la motion majoritaire.
Même si cette assemblée a révélé les divergences internes au sein du mouvement, personne ne tient, apparemment, à répéter les erreurs du passé et à renouer avec la fatalité de la rupture qui a été si préjudiciable au parti indépendantiste. A deux ans d’un scrutin territorial si prometteur, au moment où l’union tant espérée avec les modérés se fait languir, s’enferrer dans une stratégie de discorde et de lutte de pouvoir serait suicidaire. Les Natios semblent l’avoir compris. Affaire à suivre.
                                                                                                                                  N. M.

Ghjuvan Filippu Antolini : « L’exécutif est fort et légitime »

- Que s’est-il passé aujourd’hui dans cette assemblée générale ?
- Nous avons réuni notre assemblée générale et compté plus de 500 militants qui sont venus débattre des motions d’orientations. Trois motions différentes ont été proposées au vote des militants qui ont pu ainsi s’exprimer et participer à la vie du mouvement, démocratiquement. Les débats ont été riches et très intéressants. 
- Les représentants de l’exécutif ont donc été élus sur les motions ?
- Tout à fait. Les motions étaient soutenues par une liste de militants, qui prétendaient être élus à l’exécutif, comme le prévoient nos statuts. Aujourd’hui, nous ne faisons qu’appliquer les statuts qui sont les nôtres depuis la création du mouvement. Les voix des militants se sont réparties sur ces trois motions. Une liste ultramajoritaire a remporté 17 élus à l’exécutif sur 21, une autre liste en a remporté 4. 
- Les militants de l’ex-Rinnovu étaient contre ce vote et préféraient rester sur une désignation consensuelle de l’exécutif ?
- Oui. Quand nous avons refondé le mouvement, nous avons désigné l’exécutif en fonction des organisations qui participaient à la fondation de ce mouvement. Aujourd’hui, ce stade est dépassé. Il n’y a plus qu’un seul mouvement : Corsica Libera. C’est clair pour tout le monde. Des différences se sont exprimées à travers des motions qui ont été ou non présentées. Les militants se sont prononcés et ont très favorablement répondu à la motion Per A Nazione.
- Certains militants accusent cette assemblée d’avoir été précipitée, mal préparée ?
- Cette assemblée a été décidée dans les instances du mouvement à travers une ghjunta et un exécutif. Elle a été repoussée uniquement à cause de la neige. Si elle avait été mal préparée, il n’y aurait pas eu plus de 500 militants présents !
- Vous deviez, lors de cette assemblée, débattre de la stratégie politique, ce qui n’a pas été fait ?
- Le vote a pris beaucoup de temps. Nous n’avons pas pu débattre d’autres orientations politiques. Nous ferons une autre réunion pour cela. Nous avons franchi cette étape administrative et nous sommes maintenant en ordre de bataille pour affronter les échéances politiques à venir, y compris les échéances législatives. Nous avons un exécutif fort et légitime, qui a toute la légitimité du mouvement grâce aux 500 militants présents et aux 94 % obtenus par la liste majoritaire, pour continuer le combat et défendre nos idées.
                                                                                Propos recueillis par Nicole MARI

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Commentaires: 2
  • #1

    MDR (dimanche, 04 mars 2012 20:26)

    Bonjour.

    318 votants sur 500....une mascarade.

  • #2

    Mdrbis (mercredi, 25 avril 2012 21:55)

    Comme d'habitude avec Corsica Libera !!!!