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Corse : Déliquance générale en hausse

La délinquance générale est en augmentation en 2011 avec 7 239 faits délictueux, contre 6714 en 2010. (+527 faits, +7,8%). C'est ce qu'en substance ont annoncé jeudi Patrick Strzoda, préfet de Corse et Thomas Pison, procureur de la République d'Ajaccio avec maintes explications à la clef. Les voici par le détail.

 

Ce sont les atteintes aux biens qui sont à l’origine de cette augmentation (294 faits supplémentaires, + 57%) et qui vont du vol simple au camriolage de résidences principales et secondaires en passant par le vol à la roulotte, liés aux véhicules.  Viennent ensuite les escroqueries et infractions économiques et financières, qui augmentent de 140 faits.

Ce type de délinquance est très développé en Corse, en raison du recours élevé aux achats sur internet, mais aussi en raison de l’augmentation des procédures pour travail illégal.  On trouve en dernier lieu les atteintes volontaires à l’intégrité physique, qui augmentent de 25 faits. Cette augmentation concerne essentiellement les violences intrafamiliales, et notamment en zone rurale.
En 2011, le taux d’élucidation a été de 42 % ce qui traduit une amélioration des résultats d’enquête.
Pour lutter contre cette délinquance générale, les plans d’action des services ont été de renforcer les moyens d’enquête et d’investigation, la présence des forces de sécurité sur le terrain et de les déployer dans les zones où la délinquance augmente.
En 2012, les mesures de lutte contre la délinquance s’axeront autour du
développement de la vidéo-protection dans les communes de Porto Vecchio et de Propriano, d’une nouvelle plateforme technique dédiée à la police technique et scientifique à Aspretto, d’une professionnalisation de la capacité de recherches et de rapprochements de la brigade départementale de renseignements et d'investigations judiciaires. Le redéploiement de gendarmes mobiles au profit de la sécurisation de la commune de Porto-Vecchio, le recrutement de réservistes supplémentaires pour accroître la visibilité de l'action de la gendarmerie, l’intervention d’une à plusieurs fois par mois dans l'extrême sud du département d'équipes cynophiles spécialisées en détection des drogues et des armes, la mobilisation de personnes au titre du service civique pour conduire des opérations de prévention (distribution de flyers) sur les sites touristiques ou de forte fréquentation : constitueront les principales armes contre la délinquance.

"Les particularités corses"

Violence contre les élus

Ce dossier revêt une sensibilité particulière en Corse. L'urbanisme (permis de construire ou modification d'un PLU), l'attribution de marchés publics ou le recrutement d'agents publics sont autant de sujets potentiels de discorde qui peuvent dégénérer. En 2011 le paroxysme de cette violence a été l'assassinat de Dominiue Domarchi, maire de Sant’Andréa di Cotone et le meurtre de Marie-Jeanne Bozzi, ancien maire de Grosseto-Prugna. A cela se rajoutent les incivilités, menaces et des atteintes aux biens publics, voire privés des élus locaux. Le nombre d'actes délictueux a tendance à diminuer depuis trois ans (12 en 2011 alors que la moyenne des 10 dernières années est de 18 faits).
Les services de l’Etat s’engagent à prévenir les faits soutenir les élus et solutionner les enquêtes. D’où une proximité entre les services de sécurité et les élus favorisant une bonne connaissance des contentieux et permettant des actions  préventives et, le cas échéant, de procédures judiciaires.
Attentats

83 en 2010, 62 en 2011 en Corse. On estime que 50% de ces attentats relèvent du droit commun : manœuvres d’intimidation souvent liées à des conflits d’ordre privé ou tentatives de racket. Deux cellules ont été démantelées en 2011 grâce aux enquêtes menées par des groupes spécialisés de la Gendarmerie et de la PJ.
Homicides

Alors que la délinquance générale est maîtrisée, la Corse se singularise par un nombre élevé d’homicides : 30 à 35 homicides et tentatives/an depuis 10 ans et en 2011,  22 homicides  et 16 tentatives. On distingue, les crimes liés à des coups de sang, (50 % des homicides) et les crimes liés à des dérives affairistes, où les règlements de compte qui permettent de contrôler des territoires ou certaines activités (promotion immobilière, trafic de stupéfiants…).
Priorité de l’Etat ?
La lutte contre les dérives affairistes et le grand banditisme. La détermination des services et la collaboration entre les autorités administratives et judiciaires en est la preuve. Police et gendarmerie ont des unités spécifiquement formées et dédiées à la lutte contre le grand banditisme, l’économie souterraine, le blanchiment de fonds.
Les résultats sont positifs puisque depuis 2002, 1300 interpellations ont été effectuées par la police et la gendarmerie. Ces 4 dernières années, le GIR (Groupe d’Intervention Régional) a mis en cause 300 personnes et a permis la saisie de 16 M€ de biens et d’avoirs illégalement acquis. Depuis sa création en janvier 2009, le groupe de travail spécialisé mis en place au sein de la DCPJ (Direction Centrale de la Police Judiciaire) a procédé à 500 interpellations et a élucidé 53 % des affaires de règlements comptes qui lui étaient confiées. La gendarmerie a, quant à elle, depuis le criminels de début de l’année 2008, constaté 903 infractions majeures.
Drogue

La Corse n’est pas touchée par les grands trafics de drogue, elle est à l’écart des réseaux internationaux, et n’est pas concernée par les phénomènes de banlieues. Elle n’est pas non plus dans une logique de professionnalisation de réseaux. En revanche, il y a augmentation d’une consommation locale qui repose sur des réseaux de proximité. Les forces de l’ordre sont très présentes, et les sanctions pénales sont lourdes. L’action des services est clairement orientée vers le démantèlement des trafics et l’interpellation des trafiquants : beaucoup de groupes spécialisés dans la lutte contre les stupéfiants existent et travaillent en étroite coordination dans le cadre d’un plan départemental anti stups contrôlant aéroports et ports, routes et établissements festifs…Chaque année, le nombre d’infractions augmentent, 500 en 2007, 900 en 2011 ainsi que celui des de trafiquants-revendeurs interpellés : 26 en 2010, 49 en 2011 en Corse-du-Sud. 53 kg de produits ont été saisis dont 2 de cocaïne.
Armes

Le problème inquiétant en Corse car il y a beaucoup d’armes en circulation. En Corse-du-Sud et en 4 ans, + 80% d’autorisations et + 100%  de déclarations d’armes de chasse.

La préfecture dénombre 1870 armes de 1ère et 4e catégorie et 12 952 armes de 5e et 7e catégorie détenues légalement. Soit une arme environ pour 10 habitants, à quoi il faut rajouter certains types de fusils à 1 coup non soumis à déclaration ou autorisation et toutes les armes qui circulent irrégulièrement. Limiter la détention et la circulation des armes reste  une priorité, ce qui implique la saisie d’armes détenues sans autorisation (265 en 2011, + 20% par rapport à 2010). L’état va engager une politique de retrait des armes détenues légalement à l'encontre des personnes violentes ou menaçantes.
Immigration et intégration

Réussir l’intégration des étrangers en situation régulière, c’est faciliter l’accès à l’emploi, au logement, aux droits sociaux…. Mais aussi  réguler les flux migratoires à nos capacités d’accueil. Il y a actuellement 16 500 étrangers en situation régulière en Corse du Sud, soit 12 % de la population. La lutte contre l’immigration irrégulière est très active, en 2011, 161 personnes ont été éloignées du territoire français par le préfet de la Corse du Sud (soit une augmentation de 24 % par rapport à 2010. 

Sécurité routière

Le bilan est mitigé, on enregistre une hausse du nombre de tués, 15 contre 6 en 2010, mais une baisse des accidents (- 4%) et du nombre de blessés (- 14%).

L'insécurité routière n'est pas une fatalité, sur les 15 morts de cette année, 9 étaient dus à l'alcool, aux stupéfiants, ou les deux à la fois, 3 étaient dus à des comportements dangereux (franchissement de ligne continue, dépassement sans visibilité), 2 étaient dus à une vitesse inappropriée. Dans au moins 2 cas, le non port de la ceinture de sécurité a sans doute coûté la vie aux occupants de la voiture, qui ont été éjectés.

                                                                                                                Marilyne SANTI

Etaient présents : Jean-François LELIEVRE, coordonnateur des services de sécurité intérieure en Corse, Colonel Christian RODRIGUEZ, commandant la région de gendarmerie de Corse, Eric ARELLA, directeur régional de la police judiciaire, Colonel Eric GOSSET, commandant le groupement de gendarmerie départementale de Corse du Sud, Pierre-Marc PANAZIO, directeur départemental de la Sécurité publique, Colonel Gilles ROUGEAUX, commandant la section de recherche de la gendarmerie d’Ajaccio, Frédérique CAMILLERI, directeur de cabinet du préfet de Corse, Claude Danièle HERNANDEZ, directrice départementale de la PAF de Corse du Sud, Nadège MARC, chef de la délégation des CRS en Corse, Michel ROMETTI, directeur régional des Douanes.

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Commentaires: 1
  • #1

    Luis Matthes (dimanche, 22 janvier 2017 20:55)


    Hello, its nice article regarding media print, we all be familiar with media is a great source of information.