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Me Angeline Tomasi : "Le modus operandi est identique"

Avocate de la famille Albertini, partie civile dans le procès du meurtre d'Ange Albertini, Me Angeline Tomasi revient sur la longueur du délai de l'instruction, sur l'absence d'expertise ADN dénoncée par la défense et réfute la thèse des deux braqueurs.

- À quoi imputez-vous un délai d'instruction aussi long ?
- Ce délai est totalement anormal. Il y a eu, pendant trois années, un temps mort qui ne s'explique pas. Est-ce la surcharge de l'institution judiciaire qui faisait qu'à l'époque, en Corse, ce dossier n'était pas une priorité ? Je n'ai pas d'élément de réponse. La seule chose que je peux dire, c'est que j'ai souvent sollicité l'Instruction et le Parquet pour que ce dossier avance, mais il devait y avoir d'autres priorités.
-  La défense n'a-t-elle pas fait traîner les choses en longueur en multipliant les recours ?
- Non, je ne dirais pas qu'elle a multiplié les recours. Elle a fait quelques demandes d'actes, ce qui est tout à fait normal. Elle a fait effectivement quelques recours. Elle est allée en Cour de cassation contre l'arrêt de la Chambre d'instruction.
- Ne craignez-vous pas que ce délai profite à l'accusé ?
- Ce délai est évidemment favorable à la défense dans la mesure où il est facile de dire : je ne me souviens plus. Mais qu'y faire ! J'observe quand même que l'institution judiciaire a estimé devoir renvoyer ce dossier devant la Cour d'assises, c'est donc qu'elle a estimé qu'il y avait suffisamment de charges.
- Que pensez-vous de la remise en cause de l'enquête par la défense et, notamment, du manque d'expertise ADN ?
- Je considère que ce n'est pas aujourd'hui qu'il fallait demander ce prélèvement ADN et que la défense avait dix années pour le demander. J'observe qu'elle ne l'a jamais fait. Avait-elle intérêt à ne pas le demander ?
- Cette absence d'expertise ne porte-t-elle pas préjudice à la partie civile ?
- Cela peut éventuellement porter préjudice à la partie civile. Cela peut aussi être considéré, non pas comme une lacune de l'instruction, mais comme une méthode qui, à l'époque, n'était pas systématique. Je rappelle qu'en 1999, quand l'arme est saisie, on n'utilise pas l'ADN de la même façon que maintenant.
- À l'écoute des témoignages semble se profiler la thèse de deux braqueurs qui auraient commis ces hold-up. Qu'en pensez-vous ?
-  Je ne suis pas du tout d'accord sur le fait que l'on dise qu'il puisse y avoir plusieurs équipes de braqueurs différentes. Le modus operandi est identique et un modus operandi identique ne fait pas ressortir plusieurs individus.
- Croyez-vous que Pierre-Philippe Donsimoni soit l'assassin d'Ange Albertini ?
- Ah, je ne dis pas cela ! Je plaiderai sur les similitudes du modus operandi. Ma plaidoirie révélera le fond de ma pensée.
- Le Président semble aussi très prudent quand à la culpabilité du prévenu ?
- Bien sûr ! Le Président ne peut pas laisser paraître son opinion à l'audience.
                                                                                Propos recueillis par Nicole MARI

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