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Bastia : Les grands chantiers du patrimoine

Le renouvellement du label de Ville d’art et d’histoire (http://www.corsenetinfos.fr/2011/12/11/bastia-le-label-ville-d-art-et-d-histoire-renouvel%C3%A9/) oblige Bastia à élaborer de nouveaux objectifs sur dix ans. Au programme : la conception de circuits touristiques avec la mise en place d’une signalétique trilingue et d’un balisage au sol, le classement de la Vierge d’argent et du Baptême du Christ et la restauration du Palais Caraffa.

Le 22 novembre dernier, la commission de coordination du ministère de la Culture a jugé  l’action patrimoniale de la ville tout à fait « satisfaisante » et a accordé le renouvellement du label Ville d’art et d’histoire sous condition de l’élaboration d’une nouvelle convention avec de nouveaux objectifs. « Tous les dix ans, le ministère refait un bilan de l’action des villes choisies. Certaines villes se voient retirer le label parce que leur action n’est pas suffisante pour satisfaire aux exigences de la convention signée avec le ministère », commente Caroline Michel, animatrice de l’architecture et du patrimoine. 
Des circuits touristiques
Cette nouvelle convention se situe toujours sous le signe de la médiation. Des objectifs d’orientation sont définis dans le cadre d’un nouveau partenariat avec l’assemblée de Corse. Ils portent sur le développement de la signalétique patrimoniale et des publications pour guider les gens dans la ville et sur la mise en place de circuits touristiques dans les rues.
« Bastia est une ville à découvrir. Nous allons guider les gens, les mêler dans un parcours initiatique agréable pour passer de l’ombre à la lumière, découvrir des circuits baroques, traverser des rues que l’on n’utilise plus aujourd’hui mais qui étaient des rues commerçantes ou principales, gommer cette barrière de la rue du Colle qui sépare la ville haute de la ville basse et essayer de retrouver cette ambiance de ville historique que l’on a perdue avec les grands axes de circulation », détaille Caroline Michel.
Signalétique et QR code
La grande nouveauté pour 2012 sera donc la signalétique. 80 panneaux de signalétiques trilingues (français, corse et anglais) seront implantés pour signaler les édifices patrimoniaux.
Sur ces éléments patrimoniaux seront placés, à l’instar des grandes capitales du monde, New York ou Paris, des QR code, l’équivalent des tags sur les IPhone. Le principe est d’acheter, pour 1,50 euro, une application à l’Office du tourisme et de flasher, de prendre en photo ce code avec un Smartphone, IPhone, etc. S’affichera alors sur le Smartphone, l’ensemble des informations concernant tous les monuments de la ville : l’histoire de la ville, des parcours matérialisés, une version du panneau patrimonial développé, c’est-à-dire un texte plus long contenant plus de renseignements et des photos, notamment d’éléments intérieurs d’un immeuble non accessible.
Au sol, un pastillage de repères permettra de baliser différents parcours, baroque ou 19ème siècle, grâce à des couleurs différentes (dorées, argentées) discrètement posées sur le trottoir. Le parcours touristique se maillera autour de la Place Saint-Nicolas, des oratoires Saint Jean-Baptiste, du marché et du Vieux Port.
La Vierge d’argent bientôt classée
Après cette réunion du 22 novembre, une commission régionale a examiné 80 dossiers susceptibles de bénéficier d’une protection au titre des monuments historiques. Bastia a présenté deux dossiers qui ont été acceptés et transmis en commission supérieure à Paris avec un avis favorable pour un classement.
Le premier concerne la Vierge d’argent de la cathédrale Sainte Marie.
« Nul doute que nous obtiendrons le classement, car c’est un objet exceptionnel », assure Michel-Edouard Nigaglioni, Directeur du Patrimoine. Cette statue, qui date de 1852, a été réalisée grâce aux dons des Bastiais par Gaetano Macchi, un orfèvre de Sienne installé à Bastia. Protectrice de la ville, c’est une image emblématique.
Le second concerne le baptême du Christ, groupe sculpté grandeur nature en marbre blanc, situé  au dessus des fonds baptismaux de l’église Saint-Jean. Commandée en 1849 au grand sculpteur Ferdinando Pelliccia, directeur de l’Académie royale de sculpture de Carrare, l’œuvre arrive à Bastia en 1857.
Ces deux dossiers seront versés sur la base nationale Palissy, base de données consultable sur Internet, qui est un moyen de diffuser les trésors nationaux français. 
Le palais Caraffa
Parmi les futurs grands chantiers patrimoniaux, le Palais Caraffa, situé au cœur du quartier Gaudin – Letteron –Saint Charles, est le premier acte de restauration de cette zone, encore en friche, et le lien entre la Basse et la Haute Ville.
Ce palais, acquis en 2003, est l’exemple unique en Corse d’une maison de notables bastiais, qui y ont vécu du 17ème au 20ème siècle en y laissant des meubles, des portraits peints, des collections de plaques photographiques, de vêtements et d’archives impressionnantes.
Les travaux débutent sur le clos couvert, c’est-à-dire les façades et les toitures. Le but, ensuite, est de reconstituer certaines pièces avec le mobilier et les galeries de portraits originels en gardant leur fonction première, comme la bibliothèque, d’autres pièces serviront à des présentations de type muséographique. La rénovation devrait prendre entre dix et douze ans. Elle nécessite des investissements très lourds, financés en partie par la CTC et en partie par la Ville. Certains éléments pourraient être cofinancés par l’Etat directement. 
Des trésors révélés
En attendant, l’inventaire du Palais continue, ses trésors sont révélés aux Bastiais par le biais de publications et d’expositions. Ce fut le cas de la superbe collection de 4 000 plaques de verre photographiques, réalisée par Tito Caraffa, photographe amateur de grand talent. « Ces témoignages passionnants du début du siècle donnent une image en contrepied total avec l’image que l’on se fait de la Corse. On pense toujours à la Corse rurale, on oublie qu’il y avait une société urbaine », note Michel-Edouard Nigaglioni.
Le rez-de-chaussée du Palais Caraffa abritera la direction du Patrimoine et le Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine. Cette structure gratuite, voulue par le ministère de la Culture dans les Villes d’Art et d’Histoire, développera des animations et présentera les clefs de la ville en donnant une lecture de son architecture, de son évolution urbaine et de son développement. 
Des missions traditionnelles
A côté de ces gros projets, la ville maintient des travaux traditionnels de rénovation : l’électricité des églises, la mise en lumière des œuvres, la restauration des stucs et des portants, le remplacement de la croix du maître-autel de Sainte Marie, la restauration de stalles, d’œuvres, de la chapelle latérale de Saint Etienne de Cardo, les façades et le parvis de Monserato. Cette année, le budget a atteint 150 000 euros en fonctionnement et 798 000 euros en investissement. Les opérations de rénovation lourde sont portées au budget général.
Un classement à l’UNESCO ?
N’ayant plus de financement européen, la ville continue ses opérations avec l’aide de la CTC, consciente de leur impact sur l’ensemble de son économie, sur son image de marque et sur le bien-être de ses habitants.
« Cela répond aussi à une demande des Bastiais qui sont tous des passionnés et qui connaissent bien l’histoire de leur ville. Un exemple : pendant le long chantier du musée, nous avons organisé des entrouvertures. Les Bastiais venaient, prenaient un ticket et mettaient un casque pour visiter le musée parce qu’ils attendaient avec impatience la fin du chantier et étaient fiers de cet endroit emblématique », raconte Jean-Baptiste Raffalli. Le conseiller municipal, délégué au Patrimoine, amoureux de sa ville, nourrit le vœu que, dans un futur proche, les éléments du centre ancien, le Vieux Port et la Citadelle, soient classés au Patrimoine mondial de l’UNESCO.
                                                                                                                              N. M.

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Commentaires: 1
  • #1

    FERRAGGIOLI Gisèle (mercredi, 18 juillet 2012 19:29)

    Pensez à nous les seignors dans 12 ans nous ne serons peut être plus de ce monde et nous aimerions bien voir ce magnifique projet se réaliser tranche par tranche.
    BRAVO je suis fascinée par cette future réalisation.