Flèche bas Flèche haut

Liens utiles

Musique : Paul Mancini met le cap sur les Etats-Unis !

Paul Mancini s’est envolé pour les Etats-Unis, pour un mois, lieu déjà visité quatre ans plus tôt, saxe à la main jouant dans des lieux imprévus. Cette fois il est présenté par une grande production : la Silver Prod Company. Son directeur artistique , ajaccien, Franck Brondille expatrié à Miami depuis douze ans le découvre avec Roland Magdane lors d’une prestation sur le Port de l’Amirauté et est bluffé ! Interview

- Quel est votre moteur ? votre motivation ?
- C’est la passion ! La mienne pour mon instrument et la musique et celle qui est ressenti par les gens. Je vis pour ça. Je peux jouer sans problème dans un café avec trois guitares, dans un concert à Londres ou à Paris et pour moi c’est la même histoire. Il n’y a que le décor qui change, j’aime le contact avec les gens et c’est aussi pour cela que je fais ce métier.
Quand je peux je finis le concert avec eux comme au théâtre du "Gymnase" au mois de septembre de l’année dernière, j’avais donné rendez-vous au public à l’extérieur pour aller boire un verre ensemble et manger avec ceux qui le désiraient.
Je rencontre beaucoup de monde, cet été j’ai joué devant 10 000 personnes qui ont posées les yeux sur moi , je marche en ville et des personnes me sourient et m’embrassent, je deviens presque politique, je réponds « comment allez vous ? ». Sur ma page facebook  dès que j’ai annoncé mon départ aux Etats-Unis j’ai reçu des messages personnel très touchants : "Mon fils est là bas voici son numéro", « Si vous avez besoin… »
Le plus difficile à gérer sont les personnes envahissantes qui veulent entrer dans mon cercle intime.
Je ne pars pas d’en haut, je monte mais je n’ai pas de problème avec mon ego et mon  image. Par contre quand des gens payent 20 ou 30 euros pour venir me voir jouer, je combats pour que le spectacle soit total, je suis au maximum de mes capacités. Les musiciens qui sont avec moi savent que nous sommes  là pour le public.
- Justement, vos musiciens partent avec vous au Etats-Unis ?
- Je ne pars pas avec eux. J’ai décidé  que j’aurai des équipes différentes là ou j’irai. Je suis en préparation de deux albums un qui va être réalisé avec une équipe de jazz habituelle et un autre ou je vais faire un duo saxe-piano. Sur ce dernier je jouerai mes compos, mais si je joue en Corse j’aurai un pianiste corse, en Angleterre il sera anglais… Le but étant d’échanger les cultures du monde musical sur scène. S’il y a deux belle personnes sur scène il y aura de belles choses qui seront créées. Donc pas de crainte. On reconnait de quel pays vient le musicien lorsqu’il joue, il y a un style pour chacun..
- Cette passion pour la musique et le saxe l’avez-vous toujours eu ?
- C’est une vocation de puis l’âge de 12 ans bien que je sois rentré à l’Ecole Municipale de musique d’Ajaccio à 7 ans. En fait ma grand-mère habitait la vielle ville et la fanfare était une des activités qu’on y trouvait. C’est une éducation musicale à l’ancienne où se crée un cocon, l’élève est apprécié individuellement et son évolution est suivie de près. Bon encadrement. Je leur dit merci.
Vers 15 ans j’y ai découvert le jazz.  Le piano bar la nuit, l’école le matin. Mes parents étaient très compréhensifs mais avec l’école en ligne de mire. Avec le recul, je me dis que c’était très bien, fatiguant, mais ça m’a mené sur ce chemin là.
Mais on ne peut faire longtemps les deux, je dormais sur les bancs. Mes parents m’ont donc fait passer le concours du conservatoire de Nice en 95 et je l’ai intégré pendant 7 ans. J’y ai appris mon métier grâce à un enseignant formidable qui m’a transmis encore plus de passion et j’ai ramené en Corse l’envie de transmettre et de partager ma musique.
J’accompagne parfois des chanteurs corses comme Menconi ou  Marcellesi, copains avec lesquels on s’amuse bien. Je suis quelqu’un qui adore rire. Des gens de métiers qui ont toutes les qualités, mais avec qui je ne peux pas partager la scène.
Une voix qui me va bien ? Celle de  Céline Caddeo. Nous faisons ensemble des soirées comme la dernière au Temple. Sa voix s’adapte à ce que j’entend. Elle a son style. Lorsqu’elle chante elle me touche. Nous préparons un disque, je suis en train de lui composer quelques titres .
- Vous n’avez jamais eu de doute quant au choix de votre instrument ?
- Pas d’autres envies ! Jamais de doute ! Je compose au piano car il possède une palette d’accords plus large, mais le saxe est un prolongement de mon corps, le chanteur a sa voix moi j’ai cet instrument qui est collé à moi et qui donne ce son qui me permet de m’exprimer.
- Lorsque vous jouez on a souvent l’impression que vous improvisez, qu’en est-il?
- J’improvise très souvent, je déteste jouer ce que j’ai écrit, je n’aime pas ce qui est répétitif, le quotidien. J’aime quand les choses changent y compris dans la vie de tous les jours. Quand je joue je fais en sorte que chaque soir soit différent, et les musiciens qui m’accompagnent savent que c’est comme ça. Alors il y a des soirs bien, des soirs moins bien. C’est une prise de risque, j’en ai conscience, je suis sur un fil d’équilibriste, mais il faut que ça soit un saut en parachute pour que la sensation et l’émotion soient à leur paroxysme .
- Emotionnellement partir aux Etats-Unis ça se traduit comment ?
- J’ai le trac, je laisserai la peau sur scène quoi qu’il arrive je ne rentrerai pas en Corse en me disant que je n’ai pas tout donné, que je ne me suis pas donné à 3000%. Je vais tenir un discours le soir avec mon instrument, je vais donner toute l’énergie dont je serai capable.
- Il y a 2 concerts de programmés mais pour les autres soirs ?
Je ne sais pas combien de concerts il y aura en tout. Je vais arriver au Etats-Uunis, on va venir me chercher à l’aéroport, je serai dans une voiture avec mon saxe et on me mènera où l’on veut. .
Les deux dates programmées sont le 1 décembre à New-York en première partie de Daniel Levy et le 3 décembre à Miami toujours en première partie. Là, je jouerai quelque chose de plus conventionnel. L’ambiance recherchée dans un club ou dans un théâtre n’est pas la même, je saurai m’adapter.
- Votre famille ? Vos amis ?
- J’ai une femme, des enfants, je suis souvent absent alors quand je suis à la maison c’est une présence sans condition. Ce mois va être long et me laisser inquiet de ceux que je laisse. Ce n’est pas facile d’être la femme d’un artiste, mais s’il n’y avait pas LA personne qui acceptait tout ça il n’y aurait personne. Je suis comme ça, je peux me lever à 2 heures le matin prendre le saxo et voir si ça joue, ou composer jusqu’à 1 heures.
Ma fille me pique mes instruments, elle a 5 ans et demi. Si elle est en demande je l’aiderai, je serai là à 3000% sinon elle choisira ce qui est le mieux pour elle.
Mes parents sont contents mais ils me connaissent par cœur, ils savent que je n’aimerai pas avoir des fans autour de moi dans ma famille. C’est juste Paul, je joue juste du saxo et je vais aujourd’hui un peu plus loin que d’habitude. Avant je prenais mon saxo et je descendais place du Diamant, ensuite ça a été le milieu de la Corse puis  Marseille, et Paris, Londres et aujourd’hui les Etats-Unis mais ça ne change rien. Quand je joue j’oublie ce qu’il y a autour de moi, il y a la musique et mon corps qui l’accompagne. Je ne suis pas un autre parce que j’ai 50 cm de plus à cause d’une estrade.
Mais je suis bien entouré, j’ai la chance d’avoir en amis des gens plus âgés que moi qui lors de promenades me parle, me conseille et ils voient plus loin, très loin. Au final ils ont toujours raison.
Je n ai qu’ un mérite c’est d’avoir persévéré, d avoir continué  la musique même sans argent. A une certaine époque ne pas en avoir ne me faisait pas peur. Je raconte avec fierté ces moments là, l’essentiel c’était juste  de se lever et de jouer.
- Avez-vous d’autres activités parallèlement à votre musique ?
Je ne donne plus de cours, j’ai juste gardé deux élèves que j’ai depuis l’âge de 18 ans et j’en aurais 35 ans au mois de décembre !  Je ne peux pas laisser tomber des heures et des heures de travail, d’autant plus que ces jeunes ont demandé un saxe à l’âge ou les autres préféraient un scooter.. Il y a la même passion. Ce n’est pas juste du caprice. Si j’ai réussi à leur donner le gout de la musique tant mieux.
Sinon je fais un peu de sport, boxe, jogging pour entretenir mon équilibre physique et psychique. Jouer du saxo c’est sportif, lorsqu’on descend de scène on est crevé, une préparation physique est obligée. Bon séjour et bonne chance Monsieur Mancini !

                                                                      Propos recueillis par Marilyne SANTINI

Écrire commentaire

Commentaires: 2
  • #1

    mancini (mercredi, 30 novembre 2011 09:14)

    bonjour ,

    comment se procurer un cd de paul Mancini???
    Merci

  • #2

    padelli (jeudi, 11 avril 2013)

    comment se procurer un CD de PaulMANCINI
    Merci