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Bastia : Polémique sur le foncier

La réunion du 26 octobre du Conseil municipal de Bastia a donné  lieu à quelques passes d’armes habituelles entre la majorité  municipale et l’opposition représentée par le groupe Inseme per Bastia. L’absence de trois élus socialistes sur quatre a alimenté la rumeur de fissures dans la coalition de gauche sur fond de prétentions électorales.

Les élus socialistes ont-ils boycotté la séance du Conseil municipal de Bastia pour exprimer leur mauvaise humeur dans le débat qui agite la majorité de gauche en vue des prochaines échéances électorales ? Si la rumeur court, difficile de la vérifier, le seul élu rose présent bottant en touche. Il semble néanmoins certain que les prétentions concomitantes d’Emmanuelle de Gentile et de Jean Zuccarelli de briguer l’investiture du même siège de la première circonscription de Haute Corse pour les élections législatives doivent alimenter les tensions en interne.  
Une volonté  d’investissement
L’ordre du jour de la séance, qui se déclinait principalement en deux volets financier et foncier, a suscité une polémique avec l’opposition.
Présenté par Ange Rovere, le premier adjoint délégué aux finances, une étude rétrospective sur la période 2006-2010 et prospective sur 2011-2014, effectuée par Dexia, précise que la ville a investi sur la période précédente 135 millions d’euros, soit deux fois plus que la moyenne nationale. Et ceci, sans plomber son endettement, mais en allant à la pêche aux subventions de tous bords : Conseil général, CTC, gouvernement et Europe. Estimant que cette étude « crédibilise » sa volonté d’investissement, la municipalité table sur un nouveau plan, pour la période à-venir, d’un montant global comparable de 102 millions d’euros.
Vis-à-vis de Dexia, Ange Rovere a indiqué que la ville n’avait pas contracté d’emprunts toxiques. « La marque de notre fonctionnement est de privilégier les taux fixes d’emprunts, car les taux variables sont séduisants au départ, mais peuvent mal finir. Nos emprunts sont sains avec des taux mesurés, négociés et fixes ». Surfant sur le contexte économique difficile et le désengagement de l’Etat, le premier adjoint fait preuve d’optimisme : « Notre bateau est gréé pour résister à du gros temps qui s’annonce et passer cette période sans dommage et sans atteinte sérieuse à nos ambitions de développement de la ville ». Si cette feuille de route, qui n’est pas encore validée, n’a pas provoqué de débat, Michel Castellani, pour Inseme per Bastia, a néanmoins regretté qu’elle n’intègre pas « la dimension communautaire, vu le poids financier de la CAB ».
Des démolitions contestées
La polémique a surgi sur le foncier, notamment sur les travaux de mise en sécurité d’un immeuble, rue des Mulets, et s’est durcie sur l’acquisition d’un logement rue du Bastion et plus largement sur la rénovation du centre ancien. Le groupe Inseme per Bastia, par la voix de Fabienne Giovanini, conteste « la destruction d’immeubles patrimoniaux qui ne sont pas classés en vétusté irrémédiable » et dénonce le manque de concertation de la ville avec les habitants. « Beaucoup de gens vivent difficilement la démolition prochaine de leurs immeubles car il n’y a pas eu de vraie concertation avec la population. De plus, nous mettons en doute la vétusté irrémédiable des immeubles choisis. Le tout relié à une opération immobilière à laquelle nous nous opposerons ». Le groupe d’opposition souligne également les « nombreuses zones d’ombres » que contient le dossier sensible de rénovation du secteur du Pontetto. « Nous n’avons pas une vision globale de votre projet d’aménagement », conclut Gilles Siméoni, avant de voter contre.
                                                                                                                               N. M.

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