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"Sarko m'a tuer ": Dominique Rossi aussi…

Dans un livre qui paraît jeudi, deux journalistes donnent la parole à ceux qui ont subi la colère du président de la République. L'affaire Bettencourt y occupe une bonne place. Mais elle n'est pas la seule. Un chapitre est, entre autres, consacré à Dominique Rossi, coordinateur de la sécurité en Corse, démis de ses fonctions après "l'invasion" de la pelouse de la maison de Christian Clavier, le 30 août 2008 à Porto-Vecchio . Voici l'essentiel de l'extrait, divulgué mercredi par l'Express qui le concerne et les confidences qu'il a faites aux deux journalistes du Monde.

'L'arbitraire me concernant est évident : j'ai été sanctionné alors que je n'ai pas commis la moindre faute. Nicolas Sarkozy a réagi à mon égard intuitu personae", dit-il, avant d'ajouter, caustique : "Si j'ai bien compris, ma grande faute est de ne pas avoir su que le jardin de la villa de Christian Clavier devait être protégé au même titre que la pelouse de l'Elysée !" Cette affaire a brisé sa carrière. 

[...] "On peut me reprocher de ne pas avoir fait évacuer les manifestants par la force, mais le maître des lieux, alors sur son bateau, ne l'a pas réclamé. Au contraire, il a demandé à son personnel de servir à boire aux manifestants. Mais surtout, si j'avais fait donner la force publique, cela aurait immanquablement dégénéré. [...] Le maintien de l'ordre, c'est aussi savoir ne pas intervenir." 

[...] Nicolas Sarkozy est mis au courant des déboires de son ami Clavier. Il tempête. Exige une tête. Celle de Rossi s'impose. "Le lundi 1er septembre, je ne m'inquiète de rien, se souvient l'ex-contrôleur général. Jusqu'à 14 heures, lorsque je reçois un coup de fil du directeur du cabinet de Michèle Alliot-Marie, la ministre de l'Intérieur. Là, Michel Delpuech m'annonce que je suis relevé de mes fonctions, comme ça. Apparemment, cela ne l'amusait pas. Je n'ai pas réagi, j'ai juste pris acte. [...] C'est vraiment l'Elysée qui a envenimé les choses. Clavier, à mon sens, a été victime de l'affaire comme moi, car son image a été affectée sur ce coup. Il n'a rien gagné dans l'opération."  

[...] "Que pouvais-je faire ? Je n'allais pas "challenger" le chef de l'Etat. Alors je suis parti en retraite anticipée. On rentre au bercail et après, au diable ! Il y a une violence chez Nicolas Sarkozy, et la haute administration le vit mal."

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