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Tsunamis en Méditerranée : Un scénario corse en 2007

Il n'est pas question ici d'ajouter à l'émotion qui a parcouru une bonne partie de l'Ile jeudi soir, mais on ne peut pas non plus ne pas rappeler qu'en 2007 le BRGM avait mené une étude afin d'essayer de de répondre à la question suivante : "La côte méditerranéenne française peut-elle être touchée par un tsunami ?" Les résultats des simulations montrent incontestablement que de tels phénomènes  peuvent avoir lieu sur le littoral des régions Languedoc-Roussillon, Provence-Alpes- Côte d’Azur ou Corse. L'étude rappelle néanmoins que ces indications reposent sur la base de scénarii de période de retour supérieure à quelques centaines d’années, voire milliers d’années. Pas d'affolement donc. Mais à lire quand même.

A l'époque quatre scénarii avaient été établi.
Un concerne la Corse. C'est le scénario de glissement, Corse Ouest. Au-delà des explications destinées aux spécialistes il y a de nombreuses informations intéressantes à retenir de cette étude dont nous vous proposons ici quelques bribes et qui, rappelons-le, date de 2007.

Le glissement est positionné à environ 20 km au Nord-Ouest de Porto . Il déstabiliserait un volume de 0,75 km3.

Les isochrones de l’arrivée du tsunami ne sont pas représentées sur la planche hors texte 4, car, à proximité du littoral, ces courbes deviennent très irrégulières du fait du découpage très important de la côte. Il faut donc se référer aux séries temporelles pour apprécier le temps moyen d’arrivée. Celles-ci indiquent que les premiers effets du tsunami se font sentir sur la Corse au bout de 6 minutes en moyenne.

Il y a une convergence préférentielle des vagues sur les secteurs de l’Anse d’Alusi au nord et de l’île de Gargali au sud. Les amplitudes des crêtes des vagues au rivage dépassent alors les 5 m. Des valeurs importantes de 3 à 4 m peuvent être également observées à Port Agro, Baie de Focolara, Cala di Palu et Capu Frassettu. Cela est dû à des effets locaux (interactions entre les ondes incidentes et la morphologie locale).

En plusieurs points du littoral exposé, on peut distinguer jusqu’à 8 vagues principales, mais il n’y a pas de règle pour déterminer la vague la plus violente. Celle-ci peut être la 1ère (Baie d’Elbo), la 2ème (Baie de  Focolara), voire la 6ème comme à Cala de Lignaghia.

Etude : Une approche pragmatique de l’aléa « tsunami »

Cette première évaluation à l’échelle régionale de l’impact des tsunamis s’appuie sur les résultats des calculs qui ont au mieux une précision cartographique de l’ordre du 1/100 000ème (calculs sur des grilles de 83mx83 m de résolution spatiale).

Cette étude a été conduite par le BRGM à la demande du ministère de l’écologie, du développement et de l’aménagement durable (MEDAD). Elle porte sur une première appréciation de l’aléa « tsunami » sur les côtes françaises du bassin méditerranéen.

Son objectif est double. Il s’agit en effet de :

- disposer d’éléments généraux de repère et d’illustration de l’exposition potentielle

des côtes françaises à des tsunamis, de l’incidence sous laquelle ils peuvent se

présenter et de la forme qu’ils peuvent revêtir en atteignant le littoral.

- utiliser ces indications comme éléments d’information et de communication auprès

des services et de la population.

Toutefois, il convient de préciser que cette étude n’est pas exhaustive et qu’elle ne prétend pas donner des éléments fins de prévision. Elle consiste en une approche pragmatique de l’aléa « tsunami » fondée sur un nombre restreint de scénarios choisis par le BRGM pour leur caractère majorant vis-à-vis des côtes étudiées. Les valeurs obtenues sont à considérer comme indicateurs d’ordres de grandeur majeursprobables.

Pour cela, l’étude s’appuie sur des éléments d’observation et de connaissance existants et disponibles. Elle prend en compte des événements répertoriés récents et recourt à des outils et des modèles dont les limites sont indiquées. Des interpolations ont été pratiquées là où manquaient des données; c’est en particulier le cas de la bathymétrie qui reste encore lacunaire aujourd’hui et dont la précision contribue localement à la caractérisation finale du tsunami arrivant à la côte.

Pour mieux illustrer la démarche, c’est l’étude de cas qui a prévalu.

Le choix des scénarios a été fait en majorant des données historiques significatives connues qui ont ponctué la vie des bassins concernés et d’hypothèses de simulation issues de la connaissance géophysique et marégraphique. Cependant, ces dernières, estimées comme représentatives de phénomènes qui pourraient se présenter et fondées sur des situations vraisemblables majeures, ne définissent pas pour autant l’enveloppe des événements probables. En effet, les mouvements de terrain côtiers et les séismes peuvent avoir des impacts bien différents des cas présentés selon leur type, leur localisation et leur importance. Ainsi, certaines côtes qui semblent relativement protégées au vu des résultats de cette étude pourraient être affectées par des tsunamis dont les sources seraient situées à des endroits différents.

Malgré ces incertitudes qui demandent pour être mieux contenues des compléments de la connaissance actuelle, cette étude doit constituer un point d’appui à une illustration et une compréhension plus aisée des phénomènes majeurs probables et à une meilleure information sur un champ jusqu’à présent resté discret. Celui-ci appelle aujourd’hui un nouvel éclairage du fait de l’accroissement constant de la concentration

urbaine et des activités sur le littoral.           


         

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