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Yvan Colonna : La lettre versée aux débats, la défense introduit un pourvoi en cassation !

La cour d'assises spéciale de Paris, qui juge Yvan Colonna, a rejeté, mercredi,  la demande d'irrecevabilité de la défense et a décidé de verser aux débats la lettre de menaces attribuée à l'accusé et adressée à Pierre Alessandri. La défense à aussitôt introduit un pourvoi en cassation. Par ailleurs, l'ex-épouse d'Alain Ferrandi, condamné pour l'assassinat du préfet Erignac, dont le témoignage en garde à vue constitue l'un des principaux éléments à charge contre Yvan Colonna, s'est refusée à tout commentaire à la barre.

Le fait que l'origine du document litigieux, constitué d'une photocopie, reste indéterminée, ne suffit pas à l'écarter des débats", a annoncé le président de la cour, Hervé Stephan, mercredi, en début d'après-midi.

Cette lettre de quatre pages rédigée en langue corse, qui s'est invitée dans les débats le 27 Mai et transmise par le directeur de la police judiciaire, avait fait l'effet d'un coup de tonnerre.

Datée de Fresnes le 19 décembre 2010, elle menaçait du pire Pierre Alessandri, l'un des six membres du commando condamnés pour l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac, s'il ne faisait pas tout pour innocenter Yvan Colonna.

Alors qu'ils n'avaient pas contesté l'authenticité de cette lettre dans leurs premières déclarations à la presse, les avocats de Colonna l'avaient très vite qualifiée de "faux" devant la cour.

"Vous allez peut-être condamner un homme sur ce torchon produit par un poulet!", s'est indigné mercredi Me Antoine Sollacaro.

La défense conteste aussi les conditions dans lesquelles cette missive est arrivée au procès, le directeur de la police judiciaire, Christian Lothion, ayant refusé de révéler l'identité de la personne qui la lui a fournie.

Déboutés dans leur demande d'irrecevabilité, les conseils de Colonna ont annoncé qu'ils allaient "immédiatement former un pourvoi en cassation" contre la décision de la cour, et demander à la haute juridiction "un examen immédiat" de ce pourvoi, a annoncé  Me Philippe Dehapiot.

La défense va dans le même temps déposer, directement auprès de la Cour de cassation, une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) contestant la jurisprudence qui interdit l'examen d'un pourvoi "incident", comme celui-ci, indépendamment d'un éventuel pourvoi en cassation sur le verdict, a-t-il précisé.

Selon Me Dehapiot, la chambre criminelle de la cour de cassation peut statuer "dans les jours qui viennent". En attendant, "bien évidemment les débats peuvent continuer, mais ce qui ne pourra pas se dérouler, c'est le délibéré de la cour d'assises", a-t-il ajouté.

Le président a annoncé qu'il "envisage d'interroger Yvan Colonna sur la lettre, ainsi que Pierre Alessandri et Alain Ferrandi", considéré comme le chef du commando, jeudi après-midi.

Tous deux avaient été entendus au procès avant la découverte de ce courrier. Par la voix de son avocat, Pierre Alessandri a déjà affirmé qu'il ne l'avait jamais reçu.

Les avocats d'Yvan Colonna ont par ailleurs fait verser aux débats une version modifiée par leurs soins de la traduction de la lettre, pour démontrer "qu'avec une photocopie, tout est possible".

"Il suffit de prendre quelques mots, de scanner tout ça, de prendre une petite souris et de la déplacer, et on change complètement le sens de la lettre", a souligné Me Eric Dupond-Moretti devant les journalistes.
Bien avant que la tension ne monte d'un cran à la cour d'assises spéciale de Paris
Jeanne Finidori, ex-épouse d'Alain Ferrandi, considéré comme le chef du commando, a déclaré «je n'ai rien à dire». Elle a fait obstinément la même réponse à toutes les questions de la cour, des parties civiles, du ministère public et de la défense.


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