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Bonifacio : La (bonne) occupation du domaine du domaine public

Jean-Charles Orsucci
Jean-Charles Orsucci

Il fallait en passer par là.

A Bonifacio, comme dans toutes localités de l'Ile et d'ailleurs, l'occupation du domaine public constitue un sempiternel problème qu'il n'est pas facile de règler. A Bonifacio on a décidé de prendre le taureau par les cornes et, sous l'impulsion de Jean-Charles Orsucci, le maire de la commune, de procéder par étapes.


On a commencé tout d’abord  - c'était en juin 2010 -  par adopter une charte d’occupation du domaine public validée en conseil municipal.
Le document est venu appuyer le travail de terrain de la police municipale chargée de veiller au bon respect des règles contenues dans la charte.
Mais cela n'a pas été toujours évident à mener à bien et face aux résistances et la difficulté à faire évoluer les mentalités, une commission composée d’élus, de socio-professionnels, de riverains et de membres d’associations a été mise en place  en octobre dernier à l’initiative du maire dans un souci d’équité et de transparence.
Aujourd'hui, cette commission a pour but  de faire prendre conscience aux commerçants  que leur essor peut se faire en harmonie avec la structure d’un bâtiment ou d’un quartier à grande valeur patrimoniale.
La charte est, en effet, un document réglementaire de la ZPPAUP (Zone de protection du Patrimoine Architectural, urbain et paysager).
Elle a été mise en place dans un souci sécuritaire, mais aussi dans le souci de s’engager dans un tourisme durable (maîtrise du tourisme) en s’attaquant aux contraintes liées à l’esthétique, au bruit.

Démarche nécessaire

Cette démarche est apparue nécessaire lors de l’arrivée aux responsabilités de la nouvelle équipe municipale qui n'avait pu faire que le constat du développement d’un tourisme anarchique à Bonifacio.
La commission - composée des élus (Nicole Serra, Emile Bidali, Claude Degott-Serafino, Patrick Tafani et Marguerite Piriottu), de membres de l’association VOCAB (représentants des commerçants)  de l'ABCDE et de riverains
- a travaillé tout l’hiver  sur une fréquence d’une réunion par semaine. Deux cents dossiers ont été, ainsi, étudiés au cas par cas avec une méthodologie de travail qui s'est concentrée rue par rue.

Et aujourd’hui sur deux cents dossiers traités seuls dix commerces posent problème.
Nous avons souhaité privilégier un travail d’éducation et de concertation plus que de répression en étroite relation avec le service d'urbanisme de la ville. Je pense qu’aujourd’hui les choses s’ancrent peu à peu dans les mentalités. Les riverains sont en demande de conseils pour l’aménagement de leur structure” a souligné Jean-Charles Orsucci
Les résultats les plus visibles se situent sur la marine (où les tables côté bord de mer ont été supprimées du paysage) et au niveau de la place de la loggia de Sainte-Marie Majeure, lieu à forte dimension patrimoniale.

Ce que j’ai entendu et vu de cette commission, c’est un travail productif et intéressant. Et j’ai en ce moment une première remontée des socio-professionnels, je dirai que, mis à part 10 cas qui posent problème sur 200 occupations, ce mode opératoire est un succès et une marge de manœuvre sur les trois ans à venir. On peut considérer que c’est un travail bénéfique”.

L’an dernier 7 procès verbaux ont été établis pour non respect de l’arrêté du domaine public.  Le maire effectue régulièrement des tournées en ville pour contrôler les commerces. Il s’appuie sur le travail de cette commission pour prendre ses décisions.

Le sentiment de Jean-Charles Orsucci

Je crois que l’on essaye d'initier à une nouvelle façon de travailler fondée sur la concertation et l’éducation. Aujourd’hui les gens qui s'installent savent qu’il faut passer par la mairie, qu’il y a une commission chargée de veiller à la bonne occupation du domaine public et quand ce n’est pas fait, j'ai donné mission à l’ensemble des employés municipaux et à l’ASPV d'effectuer le rappel à l’ordre qu'il convient  lorsque le coup de badigeon n’est pas de la bonne couleur.
Nous avons décidé de ne pas transiger sur les problématiques de sécurité, d’accès aux entrées d’immeuble. Je crois en réalité  que le travail de cette commission n’est pas manichéen, entre commerçants d’un côté et usagers de l’autre, mais au contraire  c'est le moyen de trouver un point d’équilibre entre tous les intervenants, même s’il est évident que l’on ne peut pas satisfaire tout le monde dans sa globalité
."
Et en écho, le mot de la fin pour Dominique Denisse, représentante de l’association ABCDE au sein de la commission :  “L’an prochain il faut recommencer et être de plus en plus rigoureux. Parce que les gens doivent prendre l’habitude de voir la rue dans sa vision d’ensemble, ce qui va être agréable pour tout le monde, les touristes et habitants”.
“J’ ai écris au procureur de la République pour que l’on soit ensemble le plus efficace possible sur cette question du domaine public. 7 procès verbaux ont été dressés. L’an dernier, je n’ai pas utilisé l’arsenal juridique qui était en ma possession. Avec le travail de la commission du domaine public, j’entends le développer si nous nous trouvons en situation d' échec”.


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