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Pierre Ghionga : "Je n'ai passé aucun accord avec Antoine Sindali"

Pierre Ghionga fait partie de ces élus qui vont finir par réconcilier le grand public avec la politique. Il est disponible le conseiller général de Corte. Il est à l'écoute le conseiller exécutif en charge de la langue corse. Et il est totalement impliqué dans ce qu'il fait le président de l'office de l'environnement de la Corse. Pourtant le médecin - il a été le premier interne au Samu de Bastia quand le service fut porté sur les fonts baptismaux - qui, au terme de ses études à Marseille, a fait le choix de rentrer en Corse et à Corte, ne pensait pas être prédestiné à descendre dans l'arène.

Mais en cherchant bien il s'est souvenu, après son avènement politique sur la scène cortenaise lors des municipales de 2001, qu'il était peut-être programmé pour…

"Mes grands parents étaient en plein dedans. L'un était au "Partidone. L'autre communiste" affirme t-il en souriant. "C'est un peu par hasard que j'y suis allé en 2001. Je ne voulais pas trop me lancer dans l'aventure. A l'époque, Antoine Sindali a certes été élu, mais je suis sorti moralement vainqueur de la consultation".
L'envol de Pierre Ghionga, qui n'a pas été un fleuve tranquille, date de ce jour.
La mairie ratée, le médecin qui a une affection particulière pour Bastia - il y a fait une partie de ses études au lycée avec Ange Santini et le regretté Claude Olivesi - décida alors de mettre le cap sur le conseil général. Et le pari fut réussi. En 2004 Pierre Ghionga s'en alla sièger à Bastia sur les bancs de l'assemblée départementale !
Dans la foulée, il pensait bien s'installer à la mairie de sa ville natale. Mais toujours pas d'Hôtel de Ville de Corte pour ce médecin hyper actif passionné de montagne - il était de l'exépédition corse sur l'Aconcagua en 1983 avec Jean-Paul Quilici notamment - amoureux des voyages et de la géographie, qui aime lire Céline et Baudelaire, écouter Ferré, Renaud et Brassens et qui vient de se découvrir une nouvelle passion pour l'opéra !
" Le coup fut si dur que j'ai songé à abandonner" raconte aujourd'hui Pierre Ghionga qui alla faire retraite au couvent de Corbara pour se "ressourcer".
Mais ce ne fut qu'un simple coup d'arrêt.
Au terme des dernières territoriales le conseiller général de Corte, entre temps réélu, devenait conseiller exécutif, président de l'office de l'environnement de la Corse, en charge, en outre, de la langue corse.
De quoi meubler durablement son agenda.
"Mais je prends assez de temps pour me consacrer à chaque chose et à ma famille" précise Pierre Ghionga marié à un médecin et père de deux enfants.

"J'ai quand même levé le pied au conseil général" concède t-il, en précisant qu'il avait démissionné de la présidence de la commission des affaires sociales pour devenir membre de la commission environnement afin d'être plus en phase avec son mandat territorial.

"Paul Giacobbi, un ami"

Pierre Ghionga est donc aujourd'hui un homme qui compte dans le paysage politique insulaire. Mais ce n'est pas pour autant qu'il a la tête qui tourne.
L'homme sait, en effet, garder les pieds sur terre.

En tout cas, il sait où il va et avec qui il y va.
"Je ne connaissais pas vraiment Paul Giacobbi. Nous avons le même âge et nous partageons les mêmes passions. Nous sommes devenus amis. Et comme je suis fidèle en amitié..."
On ne peut être plus clair.
Mais ce n'est pas pour autant qu'il est du genre à obéir au doigt et à l'œil.
"Ni Paul Giacobbi, ni son cabinet ne m'ont jamais rien imposé" souligne Pierre Ghionga lorsque l'on évoque en sa compagnie les accusations portées par Hyacinthe Mattei contre la majorité départementale de la Haute-Corse.

"Hyacinthe a toujours présenté le budget comme son œuvre personnelle et je n'ai  jamais eu le sentiment que qu'on lui ait imposé quoi que ce soit".
Un dernier mot de politique, après avoir dit son espoir, partagé par tous (élus et personnel), de voir la collectivité territoriale fonctionner normalement au service de la Corse : les prochaines municipales.

"Je n'ai pas encore pris de décision. Je vais y réfléchir bientôt avec un groupe d'amis. Mais il faut que l'on sache que, contrairement à ce que j'entends et ce que l'on me rapporte,  je n'ai passé aucun accord avec Antoine Sindali !"

 

Quand la Corse donne l'exemple au Brésil !

Au chapitre de l'environnement, dans certains domaines, maintenant, c'est la Corse qui donne des leçons. Pierre Ghionga était, en tout cas visiblement flatté, que l'office qu'il préside ait été invité par l'État brésilien de Bahia a lui faire part de son expérience de la gestion des milieux naturels remarquables. Quatre ou cinq personnes mettront ainsi dans quelques jours le cap sur l'Amérique du Sud pour représenter cette Corse qui "peut aussi servir d'exemple au niveau international" s'est félicité le président de l'office de l'environnement de la Corse

L'environnement, moteur de développement économique
C'est le crédo de Pierre Ghionga.
"L'environnement doit être un moteur de développement économique. Je ne suis pas pour la sanctuarisation de la Corse. Pour moi  porter la population de la Corse à 500 000 habitants, qui respecteraient et protègeraient leur environnment, serait idéal."

En attendant l'office développe sa stratégie régionale des aires marines protégées pour, qu'à terme, tout le pourtour de l'Ile soit, effectivement, protégé.
Dans son esacrcelle il y a auss, dans le cadre de Natura 2000 en mer, 11 sites. Il y a encore ce projet de parc naturel marin qui irait des Agriate à Bastia, les réserves naturelles de Scandola et Bonifacio.
Et puis il y à l'avènement prochain du parc marin international de Bonifacio après les accords, entérinés entre la France et l'Italie et cette possibilité de coupler la protection de la mer et du littoral pour une meilleure gestion commune.
Comment enfin ne pas évoquer l'agenda 21 et la possibilité, qui existe en cas de réalisation de grands équipements suceptibles de générer des dégâts écologiques, de dégager des mesures compensatoires pour les sites concernés.
Ce pourrait être le cas du futur port de Bastia qui est toujours en débat et dont l'aménagement futur  pourrait s'accompagner de l'immersion de plusieurs dizaines de récifs à partir desquels pourrraient s'organiser des parcours sous-marins à des fins touristiques?

Langue corse : le budget doublé

Le budget alloué à la langue corse (promotion et valorisation) a été double (il est passé de 1 à 2 M€ et trois personnes supplémentaires - il y en avait quatre en poste -  sont venus se fondre au sein de la cellule en charge de la langue.
"Très prochainement nous allons installer u cunsigliu di a lingua dans les locaux de l'ancien tribunal de Corte" précise Pierre Ghionga qui a inscrit à l'encre rouge sur sa feuille de route la prochaine bataille à mener sur ce plan : l'application du statut de la langue adopté à l'unanimité par les élus de l'assemblée et qui implique, on le sait, une modification de la Constitution.

Enfin au niveau de l'enseignement, le conseiller exécutif en charge de la langue corse va s'évertuer à mettre en place le meilleur outil possible au service des futurs maîtres afin que leur enseignement, car il ne saurait être question d'à peu près sur ce plan, tende vers l'excellence…

 

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