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Yvan Colonna : L'émotion de la famille Erignac

Au cinquième jour du troisième procès d'Yvan Colonna, la veuve et les enfants du préfet de Corse Claude Erignac, assassiné en 1998, ont dénoncé vendredi devant la Cour d'assises spéciale de Paris la "lâcheté" de ses meurtriers. "Chaque fois, je me retrouve face aux membres du commando qui ont lâchement assassiné mon mari", a dit Dominique Erignac, souhaitant que "la vérité éclate, que la justice soit rendue à (son) mari".

Avant elle, sa fille Marie-Christophine, 38 ans, avait évoqué, au bord des larmes, le souvenir de son père, assassiné avec "une violence, une lâcheté terrible". Le fils du préfet assassiné, Charles-Antoine, 34 ans, s'est lui aussi demandé "quel stratagème" Yvan Colonna voulait mettre en oeuvre, quelle "porte de sortie" il cherchait avec ses "prétendues révélations" .
Dans son box vitré, Yvan Colonna est resté impassible lors de ces témoignages. Il a cependant été beaucoup moins placide lorsque le ministère public, mais surtout les avocats de la partie civile ont multiplié les questions.   

Mais après ces témoignages, Yvan Colonna n'a pas varié d'un iota.

 

Quatre ans dans le maquis

Réaffirmant son innocence, il a tenté d'expliquer son absence d'alibi, ainsi que les circonstances de sa cavale de quatre ans dans le maquis corse, considérée comme un aveu de culpabilité par l'accusation.
Le soir de l'assassinat, "j'ai décidé de monter dormir à la bergerie, comme je le faisais assez souvent quand ça n'allait pas à la maison", a-t-il dit.
Le parquet et les parties civiles l'ont soumis à un feu roulant de questions pour savoir pourquoi il avait retiré 30.000 francs - c’était, selon lui, pour sa compagne d’alors qui avait des problèmes de trésorerie avec son restaurant et à laquelle il a donné 24 000 francs. Le reste devait servir à payer le maçon qui l’aidait à faire des travaux - le 21 mai 1999, jour des quatre premières interpellations de ses complices présumés.
Tôt le matin du 23 mai, Yvan Colonna a dit être parti en montagne "à la recherche de chèvres égarées". Quelques jours plus tard, il a appris qu'il était recherché en tant qu'"assassin du préfet Erignac" et a décidé de "prendre du recul". Cette cavale durera quatre ans, jusqu'à son arrestation en juillet 2003.
Les avocats des parties civiles n'ont pas manqué de souligner que pendant sa fuite, il avait choisi le journal nationaliste U Ribombu pour nier toute implication, dans un message signé "patriote recherché" et évoquant la violence politique en Corse comme des "actes de résistance".

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