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Marie-Jeanne Bozzi : La JIRS se saisit du dossier

Le parquet d'Ajaccio qui avait ouvert une enquête de flagrance pour « homicide volontaire en bande organisée », après l’assassinat de Marie-Jeanne Bozzi jeudi après-midi à Porticcio, a été dessaisi au profit de la Juridiction interrégionale spécialisée de Marseille.

Le transfert à la Jirs, chargée des dossiers de grand banditisme, s'explique par la personnalité  de la victime plusieurs fois condamnée dans diverses affaires.

Mais cet acte barbare perpétré contre une femme sur laquelle on a tiré, froidement, à plusieurs reprises dans le dos ne manque pas d’interpeller toute l’Ile.
Les réactions de condamnation, nombreuses, s’élèvent de tous bords.
Mais suffiront-elles un jour à mettre un terme à cette infernale escalade ?

Rien n’est mois sûr.
Aux mots il faudra bientôt faire succéder des actes. Faute de quoi nous irons encore pendant tr ès longtemps nous recueillir devant des tombes prématurément ouvertes.

 

«  Nouvelle étape dans l’ignominie »

Pour l'avocat de Marie-Jeanne Bozzi, Me Dominique Mattei, ce crime "affligeant (...) pose beaucoup de questions sur l'évolution de la société corse". Rappelant que sa cliente avait récemment bénéficié d'un non-lieu dans un dossier d'association de malfaiteurs en vue de commettre un homicide en 2008 contre un ancien dirigeant nationaliste, Alain Orsoni, Me Mattei a indiqué qu'elle ne se sentait "pas menacée".

« On vient d'assassiner lâchement et froidement une femme, une mère de famille. C'est quelque chose d'inique que personne ne pouvait imaginer en Corse comme ailleurs » souligne Camille de Rocca Serra.

Pour le président UMP du Conseil général de Corse-du-Sud, Jean-Jacques Panunzi, cette "nouvelle étape dans l'ignominie (...), pulvérise le cadre de nos valeurs et enfonce un peu plus la Corse dans la tragédie". Le député-maire d'Ajaccio, Simon Renucci, a dénoncé une "barbarie et une monstruosité sans précédent". "

"L’assassinat de Marie-Jeanne Bozzi est une monstruosité sans précédent dans une île pourtant saturée de violence. "Il est insupportable que cette femme de conviction, cette mère de famille généreuse, qui aimait passionnément son pays, soit victime de la barbarie.

Je veux témoigner du soutien sans faille et de la profonde sympathie des élus ajacciens envers sa famille et les membres du conseil municipal de Grosseto-Prugna, dont elle fut maire et conseiller général.

Les Corses mettent tous leurs espoirs dans la justice, la paix et le respect de la vie pour construire leur avenir."



Alain Orsoni « condamne avec la dernière vigueur »
Condamnation aussi de la part de Alain Orsoni qui a réprouvé vendredi avec "la dernière vigueur" l'assassinat de Marie-Jeanne Bozzi.

Dans un communiqué il se dit "totalement étranger" aux "règlements de comptes" de ces dernières années dans l'île et dénonce les allusions dans la presse à un "clan Orsoni qui réglerait ses comptes".

Alain Orsoni dit avoir été impliqué depuis deux ans par certains "journalistes, dûment informés par certains services de police, dans des actes de grand banditisme qui me sont totalement étrangers et que j'ai dix fois réprouvés".

"Ces insinuations ont toutefois mené à ma mise en examen et à mon incarcération puis à celle de mon fils, Guy. Désormais, cela suffit", écrit-il.

"Le clan Orsoni n'existe pas", ajoute l'ancien responsable nationaliste, soulignant qu'en Corse, que de telles rumeurs "peuvent tuer aussi sûrement que des balles".

"Je condamne tous ces assassinats qui se multiplient parce que tout simplement, je pense que ce n'est pas ainsi que se construira la Corse de demain. Je les condamne parce que ces crimes de droit commun sont la pire manière de régler les différends dans notre île", ajoute-t-il dans son communiqué.

Alain Orsoni note "l'impuissance sidérale" de la justice alors que les règlements de comptes se multiplient dans l'île, estimant que les magistrats "tout au plus tiennent la sinistre comptabilité des cadavres".

 

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