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Agglo bastiaise : Jean Baggioni met la pression…

Jean Baggioni n'a jamais eu la langue dans sa poche.
La récente réunion du conseil de la communauté d'agglomération de Bastia, qui examinait son budget primitif jeudi en fin de journée dans les locaux de  la Mairie de Bastia, en a administré une nouvelle preuve.

Dès la fin de la présentation du budget primitif présentée par Francis Riolacci (voir par ailleurs) le maire de Ville-di-Pietrabugno, qui est aussi vice-président de la CAB, n'a pas manqué, à partir d'observations formulées par Emile Zuccarellui lui-même au cours des semaines qui ont précédé le débat budgétaire, de proposer une lecture pour le moins originale du budget primitif.
"Pour que vous ne puissiez me reprocher des interprétations fantaisistes ou des affirmations approximatives, je m'en tiendrai à ne citer que vos propos" avait prévenu auparavant Jean Baggioni.
Et de citer Emile Zuccarelli . Rapport après rapport. Note après note.
"La commission des finances a recommandé qu'aucun investissement, même minime, ne soit plus engagé sans qu'une subvention conséquente n'ait été attribuée"."

"Le budget principal  ne dispose plus au 31/12/2010 de fonds de roulement pour assurer le financement des équipements."

"Le recours à l'emprunt est inévitable" "Des ressources sont à rechercher, des dépenses à restreindre afin de soutenir la charge de la dette" "Des équipements devront être différés".

"S'agissant du budget principal vous aviez l'honnêteté de dire : que le budget principal  "est sous tension", que "les dépenses de gestion sont en hausse dans un contexte peu dynamique de ressources fiscales" et que le programme d'équipement 2011-2015 sera nécessairement "ambitieux mais insoutenable"  poursuivait Jean Baggioni.

Et de poursuivre en citant toujours le président de la communauté d'agglomération.

"Si elle veut réaliser le programme d'investissement, la CAB devra - afin de supporter ces nouvelles charges d'emprunt - dégager au plus vite une épargne de gestion conséquente" "Rechercher de nouvelles recettes de fonctionnement" et procéder " à la restriction des dépenses de gestion dès 2011" "Malgré cela, la CAB sera confrontée à des difficultés de trésorerie".

"Je n'ai aucune vanité à constater qu'il aura fallu de nombreuses années pour reconnaître ce que je n'ai cessé de dénoncer depuis longtemps  soulignait Jean Baggioni en ne manquant pas, au passage, rappeler son propos du 7 Avril 2010 lors du débat d'orientation budgétaires où il disait que : " le recours à l'emprunt et la dette augmenteraient de façon inéluctable".

Pour Jean Baggioni "les causes de la situation actuelle sont à rechercher dans les orientations les choix et les dépenses consenties, parfois avec bienveillance, parfois inconsidérément et parfois même au mépris de nos intérêts comme nous l'a rappelé la chambre régionale des comptes."

Et le maire de Ville de préconiser ses solutions pour éviter de s'acheminer vers un investissement "zéro"  (dépenses d'intérêt communautaire, assurer les programmes lourds, éviter les retards, davantage d'équité dans le calcul des contributions au Sdis et au Syvadec etc.)

 

La faute à la politique gouvernementale
Pour Emile Zuccarelli, qui a vivement réagi à la bienveillance à laquelle faisait allusion Jean Baggioni - mais à l'évidence il ne s'agissait pas de celle à  laquelle pensait le maire de Bastia - la période est, et il ne le nie pas, " aux vaches maigres".
"Les causes? La politique gouvernementale et budgétaire. Elle réduit nos recettes et la suppression de la taxe professionnelle met les communautés d'agglomération dans une situation ubuesque. Le seul impôt qu'elles génèrent va au… département!"
"Bien sûr nous aimerions pouvoir avoir plus de lisibilité sur l'avenir de la fiscalité. Mais nos dépenses de fonctionnement ont été raisonnablement contenues. Notre investissement a été dynamique, reste à l'étaler" a commenté Emile Zuccarelli.
"Nous avons fait de la gestion de bons pères de famille. La réhabilitation de Teghime et Furiani que nous avons décidé ensemble, n'ont pas été inutiles. Je ne laisserai pas dire que nous avons été imprudents. Oui nous avons recours à l'emprunt. Et, il nous faut réduire nos dépenses et augmenter nos recettes."
"Oui je le concède, nous avons été trop bienveillants quand nous avons décidé de réduire la contribution fiscale de Ville-di-Pietrabugno, San Martino di Lota et Santa Maria di Lota. Si nous avons eu tort de le faire, il fallait nous le dire..."a ajouté, courroucé Emile Zuccarelli.
Le budget primitif principal a été adopté. Seuls les trois réprésentants de Ville de Pietrabugno se sont abstenus.

Le budget primitif

Il s'élève à 80,874 ME
Principal : 54?656 ME (fonctionnement) et 28,592 ME (investissement)
Eau potable : 10,113 ME dont 1,893ME (fonctionnement) et 8,220ME (investissement)

Assainissement : 10,881 ME dont 1,952 ME (fonctionnement) et 8,929 ME (investissement)

Transports : 5,222 ME donr 4,502 ME (Fonctionnement) et 0,720 ME (Investissement)

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